Le débat autour de l'objectif de « zéro émission nette » d'ici 2050 divise profondément la coalition libérale-nationale en Australie. Des voix modérées menacent de démissionner si le parti abandonne cette cible, cruciale pour l'engagement international du pays en matière climatique. Cette semaine, des réunions décisives se tiendront pour forger une position unifiée.
Points Clés
- Le sénateur libéral Andrew Bragg menace de quitter son poste si la cible de zéro émission nette est abandonnée.
- La coalition libérale-nationale est profondément divisée sur la politique climatique.
- Des réunions cruciales sont prévues cette semaine pour définir la position du parti.
- Certains membres préconisent de prolonger la durée de vie des centrales à charbon.
- L'Australie est signataire de l'Accord de Paris, qui interdit de revenir sur les engagements climatiques.
Un ultimatum sur le climat
Le sénateur libéral Andrew Bragg a lancé un avertissement clair. Il a déclaré publiquement qu'il ne pouvait pas imaginer que le parti quitte l'Accord de Paris sur le climat. Il a également menacé de démissionner de son poste au sein du cabinet fantôme si la coalition abandonne l'objectif de « zéro émission nette d'ici 2050 ». Cette position met une pression considérable sur la cheffe de l'opposition, Sussan Ley, à l'approche de réunions importantes cette semaine.
Pour le sénateur Bragg, l'idée de bannir les mots « zéro émission nette » est « ridicule ». Il insiste sur le fait que cet objectif représente une norme internationale. Selon lui, tenter de faire comme si ces mots n'existaient pas est absurde. L'Australie fait partie de la communauté internationale et doit s'y conformer.
Fait Marquant
En octobre, 145 pays avaient annoncé ou envisageaient des objectifs de zéro émission nette. Cela souligne l'importance de cette cible à l'échelle mondiale.
La division au sein de la coalition
La question du zéro émission nette est devenue un point de discorde majeur. Les membres conservateurs du parti ont encouragé Sussan Ley à abandonner non seulement l'objectif de 2050, mais aussi toute mention du terme « zéro émission nette ».
Cependant, un groupe de libéraux modérés, dont fait partie Andrew Bragg, se bat pour maintenir un engagement envers la neutralité carbone. Ces modérés estiment qu'abandonner cet objectif éloignerait davantage les électrices et les jeunes électeurs du parti. Ils craignent que le parti ne devienne des « marginaux » sur la scène politique.
« On ne peut pas avoir une fatwa sur deux mots. C'est la norme internationale. Essayer de faire comme si on n'allait pas prononcer deux mots est absolument ridicule. »
— Andrew Bragg, sénateur libéral
Des réunions décisives à venir
Les députés libéraux se réuniront à Canberra pour débattre des piliers de leur plateforme énergétique. Leurs engagements en matière de zéro émission nette seront au cœur des discussions. Le cabinet fantôme libéral se réunira ensuite pour ratifier une position. Une réunion commune avec les Nationals est prévue pour le 16 novembre afin d'entériner une position commune. Les Nationals ont déjà annoncé qu'ils abandonneraient le zéro émission nette.
Contexte International
L'Accord de Paris sur le climat stipule que les pays ne peuvent pas revenir sur leurs engagements en matière de réduction des émissions. Si un futur gouvernement australien restait dans l'Accord de Paris mais réduisait ses promesses existantes, il enfreindrait le pacte.
Énergie et prix : une autre facette du débat
Parallèlement au débat sur le zéro émission nette, la question des prix de l'énergie est également centrale. Dan Tehan, porte-parole de l'opposition pour l'énergie, a évoqué la possibilité de prolonger la durée de vie des centrales électriques au charbon. Il a même suggéré des subventions publiques pour ces installations, dans le but de réduire les prix de l'électricité grâce à une « abondance énergétique ».
Selon M. Tehan, il est nécessaire de « faire transpirer » les actifs de charbon existants et d'injecter plus de gaz dans le système plus rapidement. Cette approche contredit directement l'esprit de l'objectif de zéro émission nette et soulève des inquiétudes quant à l'impact environnemental.
L'exemple du Queensland
Le gouvernement du Queensland, dirigé par le LNP, a récemment publié une feuille de route énergétique. Ce plan propose de maintenir en activité ses centrales au charbon appartenant à l'État pendant une décennie de plus que prévu. Cela signifie que certaines centrales pourraient rester ouvertes jusqu'en 2046.
Les critiques, y compris des analystes énergétiques et des écologistes, ont fermement condamné ce plan. Ils estiment qu'il entraînerait une énergie coûteuse et peu fiable pour les habitants du Queensland, tout en causant des dommages importants au climat.
- Hausse des prix : Le coût de l'énergie reste une préoccupation majeure pour les ménages australiens.
- Dépendance au charbon : La prolongation de la durée de vie des centrales à charbon est perçue comme un pas en arrière.
- Innovation : Certains appellent à investir davantage dans les énergies renouvelables et les technologies propres.
La sénatrice libérale Maria Kovacic a soutenu Andrew Bragg, affirmant que le zéro émission nette est bien plus qu'une simple phrase. Pour elle, c'est un indicateur de la prise au sérieux du changement climatique. Elle a ajouté que se concentrer sur les mots eux-mêmes est une distraction. Une politique énergétique pratique qui réduit les émissions tout en diminuant les factures est ce qui compte.
L'avenir politique incertain
La cheffe de l'opposition, Sussan Ley, est confrontée à une pression intense. Quelle que soit la position qu'elle adoptera, elle risque une réaction interne. Si elle cède aux conservateurs et adopte la position des Nationals, les modérés pourraient se sentir trahis. Inversement, si elle maintient le cap sur le zéro émission nette, elle s'aliénera une partie de sa base conservatrice.
La possibilité de démissions au sein du cabinet fantôme et d'une nouvelle scission au sein de la coalition refait surface. Les libéraux modérés évaluent leurs options si le parti adopte la position des Nationals. Le sénateur Bragg a réaffirmé qu'il ne pouvait imaginer que l'Australie quitte l'Accord de Paris. Il a rappelé que le parti libéral est un parti de gouvernement, pas un parti marginal.
Le débat met en lumière les défis auxquels est confrontée l'Australie pour concilier ses objectifs climatiques internationaux avec les pressions économiques et politiques internes. La semaine à venir sera déterminante pour l'orientation future de la politique climatique du pays.





