L'Australie fait face à un défi diplomatique majeur concernant sa candidature pour accueillir la conférence COP31 sur le changement climatique. Ce sommet annuel est un événement crucial pour l'action climatique mondiale. L'échec de cette candidature pourrait compromettre les ambitions de l'Australie en matière d'énergie verte et décevoir ses voisins des îles du Pacifique, particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique.
Points clés
- La candidature de l'Australie pour la COP31 est bloquée par la Turquie.
- L'Australie souhaite se positionner comme un leader de l'énergie renouvelable.
- Les nations du Pacifique comptent sur l'Australie pour mettre en avant leurs préoccupations climatiques.
- L'Allemagne pourrait accueillir la COP31 par défaut si l'impasse persiste.
L'Australie, une superpuissance des énergies renouvelables
L'Australie se positionne depuis longtemps comme un candidat de premier plan pour organiser la COP31. Son objectif est de renforcer son image de « superpuissance des énergies renouvelables ». Le pays souhaite également mettre en lumière les enjeux auxquels sont confrontées les nations insulaires du Pacifique, avec lesquelles elle envisage de co-organiser la conférence.
Le pays opère une transition énergétique significative. Il s'éloigne du charbon et du gaz pour se tourner vers les énergies renouvelables. L'Australie cherche activelement des investissements dans les minéraux critiques, l'acier vert et les technologies de transition, comme les batteries.
« Accueillir la COP est absolument crucial pour l'avenir économique de l'Australie », a déclaré Wesley Morgan, universitaire spécialisé dans le climat à l'Université de Nouvelle-Galles du Sud. « Nous sommes un exportateur majeur de matières premières et de combustibles fossiles. Si nous faisons l'autruche et prétendons qu'il n'y a pas de transition, nous serons perdants. Sans la COP, nous perdrions des investissements, des emplois et de la croissance économique. »
Fait intéressant
Les conférences COP sont devenues au fil des ans de vastes salons professionnels. Les pays hôtes peuvent y promouvoir leurs perspectives économiques et attirer des investissements. Cela montre l'importance économique de l'accueil d'un tel événement.
L'impasse avec la Turquie
La Turquie a également déposé une candidature concurrente. Elle insiste sur la nécessité d'un sommet axé plus directement sur le financement des efforts climatiques des pays en développement. Elle souhaite également présenter ses propres progrès vers un objectif de zéro émission nette d'ici 2053.
Cette situation a créé une impasse qui doit être résolue lors de la COP30, qui se déroule actuellement à Belem, au Brésil. Les règles des Nations Unies exigent l'unanimité parmi les 28 pays du groupe dont c'est le tour d'accueillir la COP31.
Des négociations difficiles
L'Australie pensait que la candidature turque n'était pas sérieuse. Elle espérait convaincre la Turquie de se retirer, compte tenu du fort soutien à sa propre candidature. Cependant, la Turquie a intensifié ses efforts.
Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a écrit au président turc, Tayyip Erdogan, pour tenter de débloquer la situation. M. Erdogan a répondu en maintenant sa position. Les responsables turcs n'ont pas commenté les négociations.
Contexte diplomatique
La Turquie avait déjà retiré une précédente candidature pour la COP26. Le pays ne souhaite pas se retirer à nouveau. Ses attentes sont renforcées depuis qu'il a signé l'accord de Paris sur le climat.
Le sort des nations du Pacifique
Pour l'Australie, l'accueil de la COP31 représente un objectif diplomatique crucial. Il s'agit d'améliorer ses relations avec les nations insulaires du Pacifique. Ces îles sont stratégiquement situées et subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique.
Le ministre australien du Changement climatique et de l'Énergie, Chris Bowen, a souligné l'importance de cette question pour la région.
« Le climat est le problème numéro un, deux, trois, quatre et cinq pour les îles du Pacifique », a affirmé Chris Bowen.
Le plaidoyer des nations du Pacifique a été essentiel pour l'accord de Paris en 2015. Cet accord visait à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius. De nombreux partisans de la candidature australienne estiment qu'une COP dans le Pacifique favoriserait une action plus ambitieuse.
- Les îles du Pacifique sont parmi les régions les plus touchées par l'élévation du niveau de la mer.
- Elles dépendent fortement des ressources marines, menacées par le réchauffement climatique.
- La diplomatie climatique est une priorité absolue pour ces nations.
L'option allemande en cas d'échec
Les luttes prolongées pour l'accueil des conférences sont rares. Le lieu est généralement décidé 18 à 24 mois à l'avance. Par exemple, l'Éthiopie a été confirmée cette semaine comme lieu de la COP32 en 2027.
Si l'Australie et la Turquie ne parviennent pas à un compromis, les fonctions d'accueil reviendraient à Bonn, en Allemagne. C'est là que se trouve le siège de l'ONU pour le climat.
« Nous serions obligés d'accueillir », a déclaré Jochen Flasbarth, secrétaire d'État au ministère allemand de l'Environnement, à Belem. « Mais nous ne le souhaitons pas. »
L'incertitude autour du lieu d'accueil empêche les responsables australiens de se concentrer sur l'organisation de la conférence de l'année prochaine. Tous les efforts sont actuellement consacrés à la candidature elle-même.
Un compromis possible
Une solution potentielle serait que l'Australie et la Turquie se partagent les tâches d'accueil. La Turquie serait apparemment désireuse d'accueillir le sommet des dirigeants mondiaux. Cette proposition pourrait offrir une issue à cette impasse diplomatique complexe.
Le temps presse pour trouver une solution, car la COP30 doit statuer sur la question de l'hôte de la prochaine conférence. L'enjeu est de taille, tant pour l'image de l'Australie que pour l'avancement des objectifs climatiques mondiaux.





