Un avocat des droits humains, Julian Aguon, a récemment marqué l'histoire en obtenant une décision majeure de la Cour internationale de Justice (CIJ). Cette décision établit que les nations ont une obligation légale de prévenir les dommages climatiques. Ce jugement représente une étape cruciale pour l'action climatique mondiale, offrant un nouvel espoir aux communautés les plus touchées.
Points Clés
- La CIJ reconnaît l'obligation légale des États de prévenir les dommages climatiques.
- Julian Aguon, avocat chamorro de Guam, a mené le dossier.
- Le travail a commencé il y a six ans à la demande du Vanuatu.
- Le prix Right Livelihood sera décerné à Aguon et au PISFCC.
- Cette décision ouvre la voie à de nouvelles actions en justice basées sur les droits.
Un combat juridique de longue haleine
L'histoire de cette victoire commence il y a six ans. Le ministre des Affaires étrangères du Vanuatu a contacté Julian Aguon. Il souhaitait une aide juridique pour un groupe d'étudiants en droit cherchant à obtenir justice climatique devant la plus haute juridiction mondiale.
Julian Aguon, avocat chamorro basé à Guam, a vu dans cette opportunité une chance de clarifier des ambiguïtés juridiques. Selon lui, ces ambiguïtés "paralysaient depuis longtemps la capacité de la communauté internationale à répondre efficacement à la crise climatique."
Fait Marquant
En 2025, Julian Aguon a plaidé l'affaire devant la Cour internationale de Justice (CIJ) à La Haye. Quelques mois plus tard, la Cour a rendu sa décision historique.
Des témoignages du Pacifique pour étayer le dossier
Pendant plusieurs années, Aguon et son équipe ont recueilli des témoignages de toute la région du Pacifique. Ces récits détaillaient les pertes causées par le changement climatique. Des habitants du Vanuatu, de Papouasie-Nouvelle-Guinée et d'autres îles ont partagé des connaissances sacrées sur leur environnement et leur culture. Ils espéraient que leurs histoires contribueraient à un avenir meilleur.
Ces témoignages ont mis en lumière les impacts directs et dévastateurs du changement climatique sur les communautés insulaires. Ils ont souligné la perte de terres, la destruction des moyens de subsistance et la menace pesant sur les traditions ancestrales.
La décision de la CIJ : une nouvelle ère de responsabilité
La décision de la CIJ, rendue après l'argumentation d'Aguon en 2025, est sans équivoque. Elle établit que les nations ont une obligation légale de prévenir les dommages climatiques. Cette obligation s'applique à tous les États membres.
« Cette décision de la CIJ exige des pays qu'ils s'attaquent enfin et de manière décisive à la crise climatique. Elle marque une nouvelle ère de responsabilité climatique », a déclaré Julian Aguon.
Cette décision juridique est fondamentale. Elle transforme le débat climatique d'une question morale ou politique en une question de droit international. Les États ne peuvent plus ignorer leurs responsabilités.
Contexte International
La Cour internationale de Justice est le principal organe judiciaire des Nations Unies. Ses décisions ont une grande portée symbolique et juridique, influençant le droit international et les politiques des États.
Reconnaissance internationale pour un travail pionnier
Le 2 décembre, Julian Aguon et le groupe "Pacific Islands Students Fighting Climate Change" (PISFCC) recevront le prix Right Livelihood. Ce prix international est parfois surnommé le "prix Nobel alternatif". Il récompense leur travail exceptionnel.
- Un groupe d'activistes du Myanmar
- Un groupe d'aide humanitaire au Soudan
- La hackeuse civique et technologue taïwanaise Audrey Tang
Ces autres lauréats seront également honorés. Le prix Right Livelihood a été créé en 1980. La fondation Nobel avait rejeté une proposition pour deux nouveaux prix concernant l'environnement et les pays en développement. Parmi les précédents lauréats figurent Edward Snowden, Wangari Maathai et Greta Thunberg.
Le PISFCC
Vishal Prasad, directeur du PISFCC, a affirmé que ce prix "témoigne de la détermination des insulaires du Pacifique unis travaillant ensemble pour sauver leur foyer". Il a ajouté que cette reconnaissance appartient à "toute la région".
Vers un "nouvel ordre juridique" enraciné dans les droits autochtones
Julian Aguon, âgé de 43 ans, croit que cette victoire soutiendra une vague de litiges climatiques basés sur les droits. Il anticipe des demandes de réparations et de compensations pour la restauration des écosystèmes endommagés.
En 2014, il a fondé le cabinet Blue Ocean Law. Sa conviction centrale est que les peuples autochtones peuvent apporter des solutions aux problèmes mondiaux. Le cabinet privilégie les affaires qui mettent en avant les droits et la culture autochtones. L'objectif est de faire progresser ce qu'Aguon appelle un "nouvel ordre juridique enraciné dans le respect, la réciprocité et la responsabilité envers les générations futures".
Défendre l'océan comme un parent, pas une marchandise
Ralph Regenvanu, l'ancien ministre du Vanuatu qui a sollicité Aguon, a expliqué leur choix. Ils ont sélectionné Blue Ocean Law parce qu'ils estimaient que le cabinet pouvait "représenter ce que cela signifie légalement mais aussi culturellement".
Le cabinet basé à Guam prépare de nouvelles actions en justice. Ces actions ciblent l'exploitation minière en eaux profondes dans le Pacifique. Elles se basent sur la notion de tutelle autochtone.
« Nous cherchons à défendre l'océan comme un parent plutôt qu'une marchandise », a expliqué Aguon. Cette approche vise à protéger les écosystèmes marins et à assurer la survie culturelle.
Le cabinet examine également les moyens de lutter contre la contamination des terres et de l'eau. L'objectif est de protéger le droit d'accès et de collecte des plantes médicinales, essentielles pour des raisons culturelles.
Julian Aguon a souligné que son travail vise à protéger "les droits autochtones de manière extrêmement pratique et concrète". Il ajoute : "Il nous incombe d'essayer de trouver toutes les façons possibles de les protéger et de protéger leur capacité à s'épanouir dans leurs espaces ancestraux."
L'importance des droits autochtones
Les peuples autochtones sont souvent les premiers à ressentir les effets du changement climatique. Leurs connaissances traditionnelles et leur relation profonde avec la nature sont cruciales pour des solutions durables.
Cette victoire à la CIJ est un signal fort. Elle montre que le droit international peut être un outil puissant pour la justice climatique. Elle offre une voie légale pour les communautés vulnérables à demander des comptes aux nations.





