L'administration américaine a récemment annulé une décision scientifique majeure qui qualifiait le changement climatique de menace pour la santé publique. Cette révocation, qui supprime des réglementations environnementales importantes, suscite de vives inquiétudes parmi les experts en santé publique. Ils préviennent que les communautés déjà vulnérables, notamment les populations de couleur et à faible revenu, subiront les conséquences les plus graves.
Points Clés
- L'EPA a annulé la décision de 2009 déclarant le changement climatique dangereux pour la santé publique.
- Les experts prévoient une augmentation des maladies et des décès, particulièrement dans les communautés marginalisées.
- Des coalitions de groupes environnementaux et de santé ont intenté une action en justice contre cette révocation.
- Les communautés de couleur sont déjà plus exposées à la pollution et aux impacts climatiques extrêmes.
Impacts sur les Communautés Marginalisées
Dans des régions comme la « Cancer Alley » en Louisiane, la pollution atmosphérique est déjà une réalité quotidienne. Cette zone abrite environ 170 usines de combustibles fossiles et pétrochimiques. Les taux de cancer y sont particulièrement élevés, entraînant des décès prématurés. Gary C. Watson Jr., un résident de St. John the Baptist Parish, une communauté majoritairement noire, témoigne des funérailles fréquentes. Il a perdu plusieurs membres de sa famille à cause du cancer.
La révocation de cette protection fédérale pourrait aggraver la situation. Les communautés de couleur et les populations à faible revenu sont souvent situées près d'infrastructures polluantes. Elles souffrent déjà de niveaux plus élevés de pollution atmosphérique. Cette pollution est liée à des taux de mortalité accrus.
Un Fait Important
Plus de 46 millions de personnes aux États-Unis vivent à moins d'un kilomètre d'une infrastructure énergétique. Les groupes raciaux et ethniques marginalisés sont plus susceptibles de vivre près de plusieurs de ces sites.
Conséquences sur la Santé et l'Environnement
En 2009, le gouvernement fédéral avait ciblé le dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre. Ils étaient considérés comme un danger pour la santé publique en raison du changement climatique. Cette décision avait conduit à des réglementations plus strictes et à un air plus pur dans certaines régions. L'annulation actuelle de cette décision par l'Agence de Protection de l'Environnement (EPA) de l'administration risque d'inverser ces progrès.
Matthew Tejada, vice-président senior pour la santé environnementale au Natural Resources Defense Council et ancien adjoint de l'EPA, souligne l'impact. Il affirme que les communautés de couleur, les communautés autochtones et les communautés à faible revenu « souffriront le plus de ces actions ».
« Ne pas avoir ces protections ne fera qu'empirer les choses », a déclaré Gary C. Watson Jr., membre du groupe de justice environnementale Rise St. James Louisiana. Il craint également une augmentation des émissions qui pourrait aggraver les ouragans en Louisiane.
Vulnérabilité Accrue face aux Extrêmes Climatiques
Des études récentes confirment la vulnérabilité des populations minoritaires. Un rapport de l'EPA de 2021, désormais retiré de son site, indiquait que les personnes noires étaient 40% plus susceptibles de vivre dans des zones où l'augmentation des décès dus à la chaleur extrême serait la plus élevée. Les populations latinos, souvent employées dans des secteurs extérieurs comme l'agriculture et la construction, étaient 43% plus susceptibles de subir des pertes d'heures de travail à cause de la chaleur.
Julia Silver, analyste de recherche à l'Université de Californie à Los Angeles, a constaté que les communautés latinos en Californie connaissaient 23 jours de chaleur extrême de plus par an que les quartiers blancs non latinos. Ces zones présentent également une qualité de l'air deux fois moins bonne et deux fois plus de visites aux urgences liées à l'asthme. Les enfants latinos sont 40% plus susceptibles de mourir d'asthme que les enfants blancs, en partie à cause d'un accès inégal aux soins de santé.
Contexte Historique
La décision de 2009 reconnaissait que les gaz à effet de serre mettaient en danger la santé publique et le bien-être des Américains. Elle a servi de fondement à de nombreuses réglementations visant à lutter contre le changement climatique. L'administration actuelle soutient que cette décision nuit à l'industrie et à l'économie, malgré des études prouvant le contraire.
Témoignages et Réactions
Armando Carpio, pasteur à Los Angeles, observe les effets sur ses paroissiens latinos. Beaucoup travaillent en extérieur, exposés à la chaleur extrême. D'autres vivent près d'autoroutes polluantes. Il voit des enfants asthmatiques et des personnes âgées atteintes de démence, des conditions liées à la pollution atmosphérique. « Nous régressons », a-t-il affirmé.
Mercredi, une coalition de groupes de santé et d'environnement a poursuivi l'EPA. Ils qualifient la révocation d'illégale et de dangereuse. Bien qu'il soit difficile de quantifier l'impact exact, les experts s'accordent à dire qu'il sera significatif. Sacoby Wilson, professeur à l'Université du Maryland, prédit des augmentations statistiquement significatives de la morbidité et de la mortalité dans les communautés de couleur.
- Augmentation des maladies : Les maladies respiratoires, les maladies cardiovasculaires et les cancers pourraient connaître une hausse.
- Aggravation des phénomènes météorologiques : Les ouragans, les inondations et les vagues de chaleur extrêmes deviendraient plus fréquents et plus intenses.
- Déplacement de populations : Certaines communautés pourraient être forcées de déménager en raison de l'expansion industrielle et des risques environnementaux.
Beverly Wright, directrice fondatrice du Deep South Center for Environmental Justice, rappelle que plusieurs communautés noires de la « Cancer Alley » ont déjà disparu à cause de l'expansion industrielle. Elle craint que cette révocation n'entraîne davantage de pollution, des taux de cancer plus élevés, et la disparition de nouvelles communautés historiques. « Cela nous fait aller dans la mauvaise direction, et nos communautés sont maintenant plus à risque », a-t-elle conclu.





