Des parlementaires australiens ont récemment participé à des briefings controversés sur les objectifs de réduction des émissions nettes à zéro. Ces présentations, organisées par un groupe de réflexion conservateur, ont remis en question les impacts du changement climatique et la viabilité des énergies renouvelables, soulevant des préoccupations parmi certains membres de la coalition.
Points Clés
- Un groupe de réflexion conservateur a présenté des arguments sceptiques sur le climat à des parlementaires.
- Ces briefings ont remis en cause les décès liés à la chaleur et l'efficacité des énergies renouvelables.
- Un sondage interne révèle une division profonde au sein de la Coalition sur l'objectif Net Zéro.
- La proposition de la sénatrice Jane Hume de lever l'interdiction de l'énergie nucléaire refait surface.
Des Arguments Remettant en Question le Changement Climatique
Au cours de la semaine, des députés de la Coalition ont assisté à un briefing du Centre for Independent Studies (CIS), un groupe de réflexion conservateur. Cette présentation a inclus des affirmations telles que « les décès liés à la chaleur ne sont pas une réalité » et a minimisé la perspective d'une hausse significative du niveau de la mer.
Un rapport d'évaluation des risques climatiques de septembre, pourtant cité par le CIS, indique que les décès liés à la chaleur à Sydney pourraient augmenter de 444 % si le réchauffement climatique dépassait 3°C. Cette donnée cruciale n'a pas été mise en avant lors du briefing.
Fait Marquant
Le briefing a affirmé que « personne n'a jamais produit d'énergie à faible coût » à partir de l'éolien et du solaire, une déclaration qui contraste avec les tendances mondiales en matière de coûts des énergies renouvelables.
Des Doutes sur les Énergies Renouvelables
La présentation du CIS, intitulée « Ce qui compte dans le débat énergétique », comprenait 60 diapositives. Elle a notamment critiqué le coût des énergies renouvelables et le travail d'agences gouvernementales comme l'Australian Energy Market Operator (Aemo) et le Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO).
Un parlementaire de la Coalition, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a exprimé son inquiétude.
« On ne pouvait s'empêcher de penser que nous entendions un groupe de réflexion ayant une affection particulière pour le charbon. Il y avait malheureusement peu ou pas de considération pour les impacts environnementaux », a-t-il déclaré.
Une Division Profonde sur l'Objectif Net Zéro
Un sondage privé, mené par Insights Portal et présenté aux députés, a mis en lumière la complexité de l'opinion publique et la division interne au sein de la Coalition concernant l'objectif de zéro émission nette.
Parmi les 1 010 personnes interrogées, 32 % souhaitent maintenir l'objectif. En revanche, 16 % veulent le voir « entièrement abandonné ». La majorité, soit 52 % des répondants, préférerait que l'objectif soit « modifié pour des objectifs plus flexibles, réalistes et réalisables ».
Contexte Politique
Cette troisième option semble être la plus probable pour la Coalition. Elle vise à obtenir le soutien le plus large possible dans un parti profondément divisé sur la politique climatique.
Options de Modification de l'Objectif
Plusieurs options ont été discutées en interne, toutes impliquant un assouplissement de la politique actuelle. Cela inclut l'abrogation des objectifs climatiques législatifs du gouvernement travailliste, le report de l'échéance du Net Zéro, ou l'exclusion de certaines industries, comme l'agriculture.
Cependant, seulement 9 % des sondés ont soutenu l'extension du délai du Net Zéro lorsqu'on leur a présenté diverses options pour modifier l'objectif. Un autre sondage a montré que 63 % des répondants soutiendraient un report de l'objectif si cela signifiait « des prix plus bas et une énergie plus fiable ».
Le Nucléaire de Retour dans le Débat
En parallèle de ces discussions, la sénatrice Jane Hume a annoncé son intention de déposer un projet de loi d'initiative parlementaire pour lever l'interdiction de l'énergie nucléaire. Cette proposition relance la quête de son parti pour cette source d'énergie, quelques mois seulement après son rejet lors des élections fédérales.
Le projet de loi de la sénatrice Hume abrogerait le moratoire nucléaire de l'ère John Howard. Il permettrait également à la Clean Energy Finance Corporation et à l'Australian Renewable Energy Agency d'investir dans cette technologie.
- La proposition de la sénatrice Hume est une version édulcorée de la politique présentée par la Coalition aux élections de mai.
- La politique initiale prévoyait le remplacement des centrales à charbon par des réacteurs nucléaires financés par les contribuables sur sept sites nationaux.
« Si vous êtes sérieux quant à la réduction des émissions, vous devez avoir toutes les options sur la table », a affirmé la sénatrice Hume. « Si vous n'êtes pas agnostique sur le plan technologique, votre véritable objectif est de couvrir le pays de projets d'énergie renouvelable, plutôt que de réellement réduire les émissions et les prix de l'énergie. La seule façon d'être agnostique sur le plan technologique est de lever le moratoire sur l'énergie nucléaire. »Le débat sur l'avenir énergétique de l'Australie continue de s'intensifier, avec des perspectives variées sur la meilleure voie à suivre pour atteindre les objectifs climatiques tout en assurant la stabilité économique.





