Les forces de l'ordre indiennes ont mené des perquisitions et des arrestations visant des activistes climatiques de premier plan. Le gouvernement accuse ces derniers de compromettre la sécurité énergétique du pays en s'opposant aux combustibles fossiles. Cette situation soulève des questions sur la liberté d'expression et l'avenir des politiques environnementales en Inde.
Points Clés
- Perquisitions et arrestation d'activistes climatiques en Inde.
- Accusations de compromettre la sécurité énergétique nationale.
- Liens présumés avec le Traité de non-prolifération des combustibles fossiles.
- Les activistes dénoncent des allégations sans fondement.
Perquisitions et arrestations de militants environnementaux
Les résidences et bureaux de plusieurs figures de l'activisme climatique en Inde ont été ciblés. Ces actions ont été ordonnées par la Direction de l'application de la loi (ED) du gouvernement. Harjeet Singh, un conseiller stratégique de l'Initiative du Traité de non-prolifération des combustibles fossiles (FF-NPT), a été arrêté suite à une perquisition à son domicile de Delhi et à ses bureaux.
Son partenaire, Jyoti Awasthi, également co-fondatrice de Satat Sampada Private Limited (SSPL) et de la Satat Sampada Climate Foundation, a vu ses locaux fouillés. Satat Sampada est une organisation qui promeut l'agriculture biologique, le développement durable et l'action climatique. Harjeet Singh a ensuite été libéré sous caution par le tribunal de district de Ghaziabad.
Un Chiffre Clé
Environ 667 000 dollars de fonds étrangers auraient été utilisés illégalement par Satat Sampada selon l'ED, pour promouvoir le Traité de non-prolifération des combustibles fossiles en Inde.
Les accusations du gouvernement indien
La Direction de l'application de la loi a déclaré que Satat Sampada était soupçonnée d'avoir utilisé des fonds provenant de l'étranger. Ces fonds, d'un montant d'environ 667 000 dollars, auraient servi à promouvoir le Traité de non-prolifération des combustibles fossiles en Inde. Le gouvernement indien considère que l'adoption de ce traité pourrait exposer le pays à des défis juridiques internationaux et compromettre gravement sa sécurité énergétique ainsi que son développement économique.
L'ED a également mentionné que des bouteilles d'alcool en quantité excessive avaient été découvertes au domicile de Harjeet Singh. Il a été arrêté pour violation des lois sur les accises de l'État d'Uttar Pradesh. Les activistes ont nié toutes les allégations, les qualifiant de « sans fondement, biaisées et trompeuses ».
« Nous affirmons catégoriquement que les allégations rapportées sont sans fondement, biaisées et trompeuses. Nous avons pleinement coopéré et fourni toutes les informations pertinentes. »
Le Traité de non-prolifération des combustibles fossiles
Le Traité de non-prolifération des combustibles fossiles est une initiative non gouvernementale. Elle milite pour un plan contraignant visant à mettre fin à l'expansion des nouveaux projets de charbon, de pétrole et de gaz. Son objectif est de gérer une transition mondiale loin des combustibles fossiles. À ce jour, dix-huit pays, principalement des petites îles, et 145 villes, dont Kolkata en Inde, soutiennent cette initiative.
Contexte International
La répression des protestations climatiques s'intensifie à travers le monde. En 2020, l'Inde a adopté la loi d'amendement sur la réglementation des contributions étrangères, qui restreint le financement étranger pour les groupes de la société civile indienne. Ceci est perçu comme une tendance croissante des gouvernements à réprimer les activistes climatiques en limitant leurs sources de financement.
Mise en garde et surveillance accrue
Des responsables anonymes ont indiqué que d'autres activistes et organisations sont sous surveillance. Les campagnes climatiques jugées préjudiciables à la sécurité énergétique de l'Inde pourraient faire l'objet d'enquêtes similaires. L'ED soupçonne Satat Sampada d'avoir reçu des fonds de groupes comme Climate Action Network et Stand.Earth. Ces groupes auraient eux-mêmes été financés par des ONG comme Rockefeller Philanthropy Advisors, qui nécessitent une autorisation préalable du ministère de l'Intérieur indien pour recevoir des fonds étrangers.
Harjeet Singh est un vétéran des campagnes climatiques internationales. Il a souvent insisté sur la responsabilité des pays riches en matière de financement pour aider les nations en développement. Ces fonds devraient permettre de réduire les émissions, de s'adapter au changement climatique et de faire face aux pertes et dommages.
L'Inde et ses engagements climatiques
L'Inde n'a pas encore soumis son dernier plan d'action climatique national aux Nations Unies. Ce plan était attendu en 2025. Environ 70 gouvernements n'ont pas encore respecté cette exigence de l'Accord de Paris, qui demande une soumission tous les cinq ans. Le pays, en tant que nation en développement, a toujours souligné l'importance pour les pays du Nord de réduire leurs émissions bien avant les dates cibles actuelles et de fournir les financements promis.
- L'Inde met la pression sur les nations riches pour atteindre la neutralité carbone plus tôt.
- Elle demande des milliards de dollars en financements climatiques.
- Le pays doit encore soumettre son plan d'action climatique aux Nations Unies.
Ces événements marquent une période tendue pour l'activisme environnemental en Inde. Les implications pour la société civile et les efforts de lutte contre le changement climatique restent incertaines.





