Les législateurs de l'Illinois prévoient de présenter un projet de loi sur les superfonds climatiques. Cette initiative vise à obliger les entreprises de combustibles fossiles à contribuer financièrement aux coûts croissants des impacts du changement climatique dans l'État. Elle s'inscrit dans un mouvement national croissant pour que les pollueurs assument une part plus juste des dépenses liées aux phénomènes météorologiques extrêmes, aux hausses des primes d'assurance et aux problèmes de santé.
Points Clés
- Un projet de loi sur les superfonds climatiques sera présenté dans l'Illinois.
- L'objectif est de faire payer les entreprises de combustibles fossiles pour les dommages climatiques.
- Les coûts du changement climatique, comme les inondations et les vagues de chaleur, augmentent.
- Deux États, New York et le Vermont, ont déjà adopté des lois similaires.
- Ce mouvement s'inspire de la loi Superfund de 1980 sur la pollution toxique.
Les coûts du changement climatique pèsent sur les contribuables
Les impacts du changement climatique se manifestent sous diverses formes. Les primes d'assurance habitation augmentent, les factures de services publics grimpent, et les dépenses de santé s'alourdissent. Les dommages causés par des événements météorologiques extrêmes atteignent des records. C'est dans ce contexte que des défenseurs locaux poussent les États à exiger des entreprises de combustibles fossiles qu'elles alimentent des « superfonds » climatiques. Ces fonds serviraient à soutenir l'atténuation et l'adaptation aux changements climatiques.
La représentante de l'État de l'Illinois, Robyn Gabel, est à l'origine de ce projet de loi à la Chambre. Elle se dit motivée par la menace croissante des inondations et des vagues de chaleur dans l'État. Ces phénomènes représentent des défis majeurs pour les communautés et l'infrastructure locale.
Un fait marquant
En 2025, les États-Unis ont connu 23 catastrophes liées aux conditions météorologiques et au climat, chacune coûtant au moins 1 milliard de dollars. Le total des dommages s'élevait à 115 milliards de dollars pour cette seule année.
Un appel national : « Faites payer les pollueurs »
Les défenseurs de cette cause se sont rassemblés à Chicago pour soutenir l'initiative « Faites payer les pollueurs ». Cette action fait partie d'une semaine nationale de mobilisation. Des activistes climatiques et des survivants de catastrophes organisent des événements à travers le pays. Des États comme le Connecticut, le Colorado, la Californie, le New Jersey et le Maine participent à ce mouvement.
Deux États ont déjà franchi le pas. New York et le Vermont ont adopté des lois similaires sur les superfonds climatiques. Pendant ce temps, les États-Unis se sont officiellement retirés de l'Accord de Paris sur le climat. Les coupes budgétaires continues à la Federal Emergency Management Agency (FEMA) exercent une pression croissante sur les États et les villes. Cela renforce l'idée que les États doivent combler le vide.
« Les coûts du changement climatique vont être exorbitants, et ils vont retomber sur le dos des contribuables, tandis que les compagnies pétrolières continuent de réaliser d'énormes profits », a déclaré Robyn Gabel. « Les entreprises polluantes devraient être responsables des dommages qu'elles causent. »
L'inspiration de la loi Superfund de 1980
Les projets de loi sur les superfonds climatiques s'appuient sur un principe clair : les entreprises qui contribuent le plus à la crise climatique devraient payer pour ses coûts croissants. Cette stratégie s'inspire directement de la loi de 1980, le Comprehensive Environmental Response, Compensation and Liability Act, plus connue sous le nom de Superfund. Cette loi oblige les entreprises responsables de contaminations toxiques à payer pour le nettoyage.
L'idée est largement populaire auprès du public. Un sondage réalisé par Data for Progress et Fossil Free Media a révélé que 71 % des électeurs probables à l'échelle nationale étaient favorables à ce que les compagnies pétrolières et gazières paient une part des dommages liés au climat. Cette popularité témoigne d'un désir de justice environnementale et d'une répartition plus équitable des responsabilités.
Contexte historique
La loi Superfund de 1980 a été créée pour nettoyer les sites contaminés par des substances dangereuses. Elle a établi un fonds pour financer ces nettoyages et a permis de poursuivre les pollueurs pour récupérer les coûts.
La résistance de l'industrie et du gouvernement fédéral
Malgré le soutien public, ces projets de loi rencontrent une forte opposition. L'administration Trump a contesté les lois de New York et du Vermont. Le ministère américain de la Justice a également intenté des recours, qualifiant ces mesures de « lourdes et motivées par l'idéologie ». Le ministère a cherché à empêcher le Michigan et Hawaï de poursuivre les entreprises de combustibles fossiles pour les coûts climatiques, tels que les infrastructures adaptatives ou les interventions de santé publique.
L'American Petroleum Institute a même inclus la lutte contre la législation sur les superfonds dans ses priorités pour 2026. L'organisation affirme que ces lois « contourneraient le Congrès et menaceraient l'abordabilité ». Cependant, les défenseurs ne se laissent pas décourager. Cassidy DiPaola, directrice de la communication pour Fossil Free Media et la campagne « Make Polluters Pay », a déclaré que la lutte continue.
« Nous reconnaissons que c'est un combat de David contre Goliath, mais nous n'allons pas reculer », a affirmé DiPaola. « C'est ce que veut la majorité de la population, et c'est quelque chose de simple, juste et qui a beaucoup de sens. »
Les conséquences directes sur les citoyens
Les coûts du changement climatique ne sont pas abstraits ; ils touchent directement les ménages. L'année dernière, la fondation Climate Central a lancé une base de données en ligne pour suivre les catastrophes météorologiques et climatiques les plus coûteuses à travers le pays. De 1980 à 2025, les États-Unis ont subi 426 catastrophes d'un milliard de dollars, pour un total de plus de 3,1 billions de dollars de dommages.
Parallèlement, les taux d'assurance habitation augmentent. Les compagnies d'assurance se retirent de plus en plus des zones à haut risque d'ouragans ou d'incendies de forêt. Les chercheurs ont également documenté comment le changement climatique provoque des décès prématurés et augmente les coûts des soins de santé. Il alimente en effet les maladies et d'autres problèmes de santé. L'Illinois, par exemple, est aux prises avec l'aggravation des inondations, des vagues de chaleur et de la pollution atmosphérique, y compris celle des incendies de forêt canadiens. Tous ces facteurs entraînent des coûts importants.
- Augmentation des primes d'assurance habitation.
- Retrait des compagnies d'assurance des zones à risque.
- Augmentation des dépenses de santé.
- Fardeau financier pour les gouvernements locaux.
La sénatrice de l'État Graciela Guzmán, une démocrate de Chicago, présentera la législation sur les superfonds au Sénat de l'Illinois. Elle voit ce projet de loi comme une étape pratique pour apporter des fonds aux écoles locales, aux familles et aux gouvernements déjà confrontés à ces conséquences. « Ce projet de loi vise à établir une norme plus équitable pour savoir qui paie lorsque les dommages climatiques frappent nos villes et nos quartiers », a écrit Guzmán dans un courriel.
L'été dernier, le sous-sol de Gina Ramirez, situé dans le sud-est de Chicago, a été inondé d'eaux usées pendant une semaine. Sa conduite d'égout avait éclaté lors d'une tempête de pluie qui a provoqué de graves inondations dans toute la ville. Son assurance habitation n'a pas couvert les milliers de dollars nécessaires aux réparations. Elle considère cette expérience comme un exemple de ce que l'effort pour « faire payer les pollueurs » pourrait résoudre. « Ce projet de loi sur les superfonds climatiques créerait des revenus pour réparer les infrastructures et pouvoir lutter contre tout ce qui se passe de grave », a-t-elle ajouté.
Statistique clé
De 1980 à 2025, les États-Unis ont subi 426 catastrophes météorologiques et climatiques d'un milliard de dollars, pour un total de plus de 3,1 billions de dollars de dommages.
Un élan croissant pour la responsabilité des entreprises
Ces deux dernières années, les Américains ont vécu une série de catastrophes dévastatrices. Des ouragans Hélène et Milton aux incendies de forêt de Los Angeles et aux inondations du Texas, les événements sont nombreux. Des centaines de milliers de personnes seraient toujours sans électricité après une tempête hivernale rigoureuse, aggravée par le réchauffement climatique. Tout cela contribue à l'élan croissant pour faire payer les pollueurs, selon DiPaola de Fossil Free Media.
« Les gens regardaient leurs factures d'assurance, leurs factures de services publics, ils voyaient les coûts des dommages climatiques et aussi les coûts climatiques quotidiens vraiment augmenter », a déclaré DiPaola. « Ils voulaient une certaine responsabilité. » Cet appel à la responsabilité financière des entreprises de combustibles fossiles semble de plus en plus partagé à travers le pays. La proposition de l'Illinois marque une étape supplémentaire dans cette direction.





