À La Carpio, un quartier précaire de San José, au Costa Rica, des familles luttent pour leur survie face aux menaces constantes d'inondations et de glissements de terrain. Malgré les rapports officiels déclarant la zone inhabitable, l'action gouvernementale reste insuffisante. Une initiative communautaire, menée par Emilio Peña Delgado, cherche à relocaliser ces familles vers un terrain plus sûr, offrant un espoir concret.
Points Clés
- Les habitants de La Carpio sont pris entre le Río Torres et une colline escarpée, risquant inondations et glissements de terrain.
- Des rapports officiels depuis 2007, y compris un rapport d'octobre 2023, déclarent la zone inhabitable et recommandent la relocalisation.
- Emilio Peña Delgado mène une campagne de collecte de fonds pour acheter des terres et construire des maisons sécurisées pour les familles vulnérables.
- Le projet, soutenu par la Costa Rican Humanitarian Foundation, prévoit de commencer avec 10 familles dans la province d'Alajuela.
- Les catastrophes climatiques récentes, comme les ouragans et les inondations, ont déplacé des milliers de personnes au Costa Rica.
Vivre sous la menace constante de l'eau et de la terre
Dans le quartier de La Carpio, la vie est une lutte quotidienne. Les maisons sont nichées entre les rives instables du Río Torres et une colline abrupte. Chaque épisode de pluie intense transforme cette coexistence en un double danger : le fleuve en crue d'un côté et le risque de glissements de terrain de l'autre.
Emilio Peña Delgado, un résident dont la famille a émigré du Nicaragua, se souvient d'une nuit d'octobre où l'eau a envahi les abords de sa maison. Les fortes pluies et les vents ont endommagé son habitation, forçant lui et ses voisins à évacuer. Cet événement n'est pas isolé ; il est le reflet d'une réalité alarmante.
Un fait alarmant
Les rapports officiels qualifient la zone de La Carpio d'inhabitable depuis des années. Le dernier en date, publié fin octobre 2023 par la Commission Nationale de Prévention des Risques et d'Attention aux Urgences, confirme la vulnérabilité des habitations due à la surpopulation et à la pente raide.
L'inertie gouvernementale et l'urgence climatique
Malgré les multiples avertissements, l'action gouvernementale pour une relocalisation durable des habitants de La Carpio est au point mort. Des rapports datant de 2007 ont déjà souligné les périls, mais peu de progrès ont été réalisés pour trouver des solutions à long terme.
La crise climatique intensifie ces menaces. Le Costa Rica a été durement touché par des ouragans comme Otto en 2016, Nate en 2017, et Eta et Iota en 2020. Ces événements ont provoqué des inondations et des glissements de terrain, causant des centaines de millions de dollars de dommages et déplaçant des milliers de personnes.
Impacts climatiques récents
En novembre 2024, plus de 800 personnes ont été déplacées à cause de débordements de rivières. La pénurie d'eau affecte 42% de la population, la sécheresse endommage l'agriculture et augmente les migrations internes.
Une initiative communautaire pour un avenir plus sûr
Face à cette situation, Emilio Peña Delgado a pris les choses en main. Il a lancé une campagne de collecte de fonds pour acheter des terrains en dehors de La Carpio. Son objectif est de permettre aux familles de construire des maisons plus sûres et de trouver une meilleure stabilité.
Son initiative a rapidement gagné le soutien de Gail Nystrom, fondatrice et directrice de la Costa Rican Humanitarian Foundation, une organisation active à La Carpio depuis plus de vingt ans. Ensemble, ils envisagent d'acquérir des terres dans la province voisine d'Alajuela. Sur ces terrains, des maisons abordables et durables, construites à partir de conteneurs maritimes, seraient érigées.
« Je veux aller dans un meilleur endroit. »
Les premières familles concernées
Le projet de relocalisation doit débuter avec dix familles, y compris celle d'Emilio Delgado et de Patricia Meléndez Narváez. La maison de Patricia a été détruite lors de la tempête du 10 octobre. Mère célibataire de six enfants, elle vend des fruits pour vivre et passe une grande partie de ses revenus en frais de transport pour San José.
La sécurité est sa priorité absolue. Son aîné, né au Costa Rica, a dû commencer à travailler pour aider la famille, qui souffre d'insécurité alimentaire.
« La chose la plus importante est une vie stable pour moi et mes enfants. Si nous pouvions construire une nouvelle maison loin de la rivière, cela nous apporterait l'espace dont nous avons besoin, mais aussi la stabilité. »
Un appel à l'action et la voie à suivre
Des défenseurs comme Vanessa Vaglio, qui participe aux efforts de nettoyage du fleuve, estiment que la responsabilité de relocaliser ces familles incombe au gouvernement municipal. Elle dénonce les conditions de vie « inhumaines » des habitants.
Gail Nystrom souligne que les familles déjà marginalisées sont les plus touchées par les événements météorologiques extrêmes. L'initiative d'Emilio Delgado représente une voie prometteuse, même sans une intervention rapide du gouvernement.
- Les maisons de La Carpio sont particulièrement vulnérables en raison de la surpopulation et de la forte pente.
- Les habitants utilisent des pneus remplis de terre comme barrières improvisées contre les crues du fleuve.
- Les enfants deviennent nerveux chaque fois qu'il pleut, témoignant du stress constant.
Emilio Peña Delgado garde espoir. Il est convaincu que chaque pas compte. Alors que la saison des pluies touche à sa fin, lui et sa famille s'accrochent à l'idée que la prochaine saison apportera une situation différente, plus sûre et plus stable.
« J'ai quitté le Nicaragua à la recherche d'une vie meilleure, et je sais qu'il y a encore beaucoup à faire. C'est un long chemin, mais nous devons le parcourir étape par étape. »





