La Chine a qualifié d'«injuste» et de «discriminatoire» le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) de l'Union européenne. Le ministère chinois du Commerce a déclaré que cette taxe, entrée en vigueur ce jeudi, nuirait aux intérêts du pays. Des contre-mesures sont envisagées pour protéger l'économie chinoise face à cette nouvelle législation climatique.
Points Clés
- La Chine estime le mécanisme d'ajustement carbone de l'UE «injuste» et «discriminatoire».
- Le MACF de l'UE est entré en vigueur ce jeudi.
- Pékin menace de prendre des contre-mesures pour défendre ses intérêts économiques.
- Cette taxe vise les produits à forte intensité d'émissions importés dans l'UE.
Un mécanisme carbone contesté
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne est une politique climatique phare. Son objectif est de taxer les émissions de carbone des produits importés. Cela doit éviter que les entreprises européennes ne soient désavantagées par rapport à leurs concurrents étrangers ayant des normes environnementales moins strictes.
Le ministère chinois du Commerce a publié une déclaration ferme. Il a souligné que l'UE avait publié une série de propositions législatives et de règles de mise en œuvre pour ce mécanisme. La Chine voit ces mesures comme une entrave au commerce international et une violation des principes d'équité.
Le MACF en chiffres
- Date d'entrée en vigueur : Ce jeudi
- Produits concernés : Ciment, fer, acier, aluminium, engrais, électricité, hydrogène
- Objectif : Réduire les «fuites de carbone» et encourager la décarbonisation mondiale.
Les préoccupations chinoises
Pékin affirme que le MACF pourrait entraîner des coûts supplémentaires significatifs pour ses exportateurs. La Chine est un acteur majeur du commerce mondial. Ses industries, notamment l'acier et l'aluminium, sont fortement exportatrices vers l'Europe. Ces secteurs pourraient être particulièrement touchés par la nouvelle taxe.
Les autorités chinoises estiment que cette mesure est protectionniste. Elles craignent qu'elle ne crée une barrière commerciale déguisée. Cela pourrait nuire à la compétitivité des produits chinois sur le marché européen. La Chine a toujours plaidé pour une coopération internationale sur le climat, mais s'oppose aux mesures unilatérales.
«Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE est injuste et discriminatoire», a déclaré le ministère chinois du Commerce. «Nous prendrons des contre-mesures pour défendre les intérêts de notre pays.»
Impact sur les relations commerciales
Cette divergence sur le MACF risque de tendre davantage les relations commerciales entre la Chine et l'Union européenne. Les deux blocs sont des partenaires économiques majeurs. Cependant, ils connaissent des frictions croissantes sur plusieurs dossiers, notamment les droits de l'homme et les subventions industrielles.
L'UE justifie le MACF par ses engagements climatiques. Elle vise à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Le mécanisme est censé garantir que les efforts de décarbonisation de l'Europe ne soient pas sapés par des importations à forte intensité de carbone.
Contexte du MACF
Le MACF est un élément clé du «Pacte vert» de l'UE. Il s'agit d'un ensemble de politiques visant à rendre l'Europe climatiquement neutre. Il s'applique initialement à des secteurs considérés comme les plus émetteurs de carbone. D'autres secteurs pourraient être ajoutés à l'avenir.
Potentielles contre-mesures chinoises
La nature exacte des contre-mesures chinoises n'a pas été précisée. Elles pourraient inclure des taxes compensatoires sur les produits européens importés en Chine. D'autres options pourraient être des plaintes auprès de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
La Chine a déjà montré sa capacité à réagir fermement aux mesures commerciales perçues comme hostiles. Une escalade des tensions commerciales pourrait avoir des répercussions mondiales, affectant les chaînes d'approvisionnement et les marchés internationaux.
L'UE, de son côté, est déterminée à mettre en œuvre sa politique climatique. Elle considère le MACF comme un outil essentiel pour atteindre ses objectifs environnementaux. La Commission européenne a travaillé sur les règles d'application du mécanisme depuis plusieurs mois, en consultation avec les États membres.
Un défi pour la coopération climatique
La position de la Chine soulève des questions sur l'avenir de la coopération internationale en matière de climat. Alors que de nombreux pays s'efforcent de réduire leurs émissions, l'approche unilatérale de l'UE est perçue différemment par certains partenaires. La Chine insiste sur le principe des «responsabilités communes mais différenciées» en matière de climat.
Ce principe reconnaît que les pays développés, ayant historiquement contribué davantage aux émissions, devraient prendre l'initiative. Ils devraient également soutenir les pays en développement dans leurs efforts de transition écologique. Le débat sur le MACF met en lumière ces divergences d'approche.
- La Chine est le plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre.
- L'UE est un acteur majeur de la politique climatique internationale.
- Les tensions commerciales pourraient ralentir les efforts de décarbonisation mondiale.
La situation évoluera dans les prochains mois. Les réactions des autres partenaires commerciaux de l'UE seront aussi à surveiller. Le MACF représente un test pour la capacité de l'Europe à concilier ses ambitions climatiques avec les réalités du commerce mondial.





