Les résidents de l'État de New York pourraient faire face à des augmentations significatives de leurs factures d'énergie d'ici 2031. Une analyse interne de l'Autorité de Recherche et Développement Énergétique de l'État de New York (NYSERDA) suggère que la conformité à la loi sur le leadership climatique et la protection communautaire (CLCPA) pourrait entraîner des coûts supplémentaires allant jusqu'à 4 100 dollars pour certains ménages.
Ces chiffres alarmants ont été révélés dans une note transmise au bureau de la gouverneure Kathy Hochul. Ils mettent en lumière les défis financiers liés à l'atteinte des objectifs ambitieux de réduction des émissions de l'État.
Points Clés
- Les ménages de l'État de New York pourraient voir leurs factures d'énergie augmenter de 2 500 à 4 100 dollars nets d'ici 2031.
- La loi CLCPA de 2019 vise une réduction de 40 % des émissions d'ici 2030.
- La gouverneure Hochul envisage des ajustements à la loi en raison des coûts potentiels.
- Les défenseurs de l'environnement critiquent l'analyse, la jugeant basée sur des hypothèses non réglementées.
- Les ménages passant à une électrification très efficace pourraient réaliser des économies.
Impacts Financiers Directs sur les Citoyens
L'analyse de la NYSERDA détaille les augmentations potentielles pour différentes catégories de ménages. Les résidents des zones rurales et du nord de l'État, utilisant le gaz et le fioul, sont les plus exposés. Ils pourraient voir leurs coûts bruts augmenter de plus de 4 100 dollars d'ici 2031 si la loi est appliquée sans modification des équipements énergétiques actuels.
Pour les ménages de la ville de New York utilisant le gaz, l'augmentation estimée des coûts s'élève à 2 300 dollars. Le prix de l'essence à la pompe pourrait également grimper de 2,23 dollars par gallon, affectant tous les conducteurs.
Faits et Chiffres
- 4 100 $ : Augmentation brute estimée pour les ménages utilisant gaz et fioul dans le nord de l'État.
- 2 300 $ : Coûts supplémentaires pour les ménages gaziers de New York.
- 2,23 $ : Augmentation potentielle du prix de l'essence par gallon.
Même avec des mesures d'abordabilité, les ménages du nord de l'État pourraient encore subir une augmentation nette d'environ 2 500 dollars. Ceux de New York City verraient leurs coûts nets augmenter d'environ 1 500 dollars. Ces chiffres ont été calculés en supposant un système hypothétique de plafonnement et d'échange de droits d'émission (cap-and-invest).
La Loi CLCPA et ses Objectifs Ambitieux
La loi sur le leadership climatique et la protection communautaire (CLCPA), adoptée en 2019, est l'une des législations climatiques les plus ambitieuses du pays. Elle fixe des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d'ici 2030 et de 85 % d'ici 2050.
La gouverneure Hochul a récemment exprimé des réserves quant à la faisabilité de ces objectifs sans ajustements. Elle a souligné que le contexte mondial a considérablement changé depuis 2019.
« Le monde a changé de façon spectaculaire depuis 2019 – j'aurais aimé que ce ne soit pas le cas », a déclaré la gouverneure Hochul. « J'aurais aimé que toutes les circonstances et les métriques examinées en 2019 soient restées cohérentes. »
La note de la NYSERDA met en évidence que la conception originale de la CLCPA, avec des normes comptables différentes de l'approche internationale et des objectifs à court terme inflexibles, pourrait entraîner des coûts élevés pour les ménages et les entreprises de New York. La gouverneure a également évoqué la résistance fédérale inattendue de l'administration Trump, qui a entravé le développement de l'énergie éolienne offshore.
Contexte de la CLCPA
La loi CLCPA vise à transformer le secteur énergétique de l'État de New York vers les énergies renouvelables. Elle prévoit des investissements massifs dans l'éolien, le solaire et d'autres technologies propres. Cependant, la mise en œuvre de ces objectifs nécessite des changements profonds et coûteux pour les infrastructures existantes.
Critiques des Défenseurs de l'Environnement
L'analyse de la NYSERDA a suscité une vive réaction de la part des défenseurs de l'environnement. Justin Balik, vice-président des États pour Evergreen Action, a critiqué la gouverneure pour avoir envisagé de reculer sur les politiques climatiques.
« La réponse ici est, encore une fois, de s'engager dans l'énergie propre et de ne pas croire à certaines de ces fausses allégations de la communauté des combustibles fossiles et du lobby des entreprises selon lesquelles les énergies renouvelables seraient la cause de l'augmentation des factures », a affirmé Justin Balik.
Les critiques soulignent que l'analyse est basée sur des scénarios hypothétiques de règles de plafonnement et d'échange qui n'ont pas encore été définies. Liz Moran, avocate des politiques de New York pour Earthjustice, a qualifié ces estimations de « concepts mathématiques », faisant écho à une célèbre phrase de l'ancien président Donald Trump.
Selon les défenseurs, l'inaction prolongée de l'administration de la gouverneure dans la mise en œuvre de la loi a déjà un coût pour les New-Yorkais. Ils appellent à un courage politique pour investir davantage dans les solutions énergétiques propres.
Potentiel d'Économies et Voies à Suivre
Malgré les prévisions de coûts élevés, la note de la NYSERDA prévoit également des économies nettes pour les ménages qui optent pour une « électrification à haute efficacité ». Ces ménages, ayant converti presque toutes leurs installations à l'électricité, pourraient réaliser des économies significatives.
- Les ménages du nord de l'État qui s'électrifient efficacement pourraient économiser environ 1 500 dollars.
- Ceux de New York City pourraient économiser environ 800 dollars.
Ces données suggèrent qu'un investissement initial dans des équipements plus efficaces pourrait, à terme, alléger le fardeau financier des ménages. La NYSERDA a également noté que l'accélération nécessaire du déploiement des énergies propres pour atteindre les objectifs climatiques est « irréalisable aujourd'hui ».
Le Débat Politique
La question des coûts de la CLCPA est devenue un sujet de débat intense à l'Assemblée législative de l'État. Les Républicains ont rapidement utilisé l'analyse comme une validation de leurs avertissements précédents sur le coût des politiques climatiques.
L'ancien représentant Marc Molinaro a déclaré sur X : « Ils admettent enfin ce que nous savions et disions depuis le début. Ce n'est pas une politique climatique. C'est inabordable et imprudent. » Le sénateur d'État Pete Harckham, président du Comité sénatorial de la conservation de l'environnement, a répliqué : « Oui, nous pouvons lutter contre le changement climatique, réduire les coûts pour les consommateurs, augmenter la production et créer des dizaines de milliers d'emplois bien rémunérés. Ce dont nous avons besoin, c'est du courage politique pour le faire. »
Le chemin vers une énergie plus propre à New York semble semé d'embûches financières et politiques. Les décisions prises dans les prochains mois détermineront si l'État peut atteindre ses objectifs climatiques ambitieux tout en protégeant les portefeuilles de ses citoyens.





