Les électeurs suisses ont clairement refusé dimanche la proposition d'instaurer un service national obligatoire pour les femmes. Cette initiative visait à étendre le service civique ou militaire à toutes les citoyennes, une obligation déjà en vigueur pour les hommes. Le scrutin a montré un rejet massif de la population et des cantons.
Un autre projet, prévoyant une taxe nationale sur les donations et héritages supérieurs à 50 millions de francs, a également été rejeté. Cette taxe aurait financé la lutte contre le changement climatique et les objectifs de neutralité carbone de la Suisse d'ici 2050.
Points Clés
- Plus de 84% des votants ont rejeté le service national obligatoire pour les femmes.
- Aucun des 26 cantons suisses n'a voté en faveur de cette initiative.
- La proposition d'une taxe sur les grandes donations et héritages a été rejetée par plus de 78% des électeurs.
- Les deux initiatives nécessitaient une double majorité (votants et cantons) pour être adoptées.
Rejet massif de l'initiative sur le service citoyen
L'initiative populaire « Pour un service citoyen obligatoire » a subi une défaite écrasante. Plus de 84% des électeurs ont voté contre cette proposition. Aucun canton n'a affiché un soutien significatif, confirmant le désintérêt général pour cette réforme.
Actuellement, les jeunes hommes suisses doivent accomplir un service militaire ou rejoindre des équipes de protection civile. Ceux qui refusent peuvent effectuer d'autres types de service ou payer une taxe d'exemption. Environ 35 000 hommes participent chaque année à ce service obligatoire.
Chiffres Clés
- 84% des votants ont dit non au service national obligatoire pour les femmes.
- 0 canton n'a soutenu l'initiative.
- 35 000 hommes participent annuellement au service obligatoire en Suisse.
Les arguments des partisans et des opposants
Les défenseurs de l'initiative soutenaient qu'elle renforcerait la cohésion sociale. Ils prévoyaient de créer des emplois dans des domaines comme la prévention environnementale, la sécurité alimentaire et l'aide aux personnes âgées. Ils mettaient en avant l'importance d'une Suisse plus forte face aux crises.
« Face aux glissements de terrain en montagne, aux inondations en plaine, aux cyberattaques, aux risques de pénuries énergétiques ou à la guerre en Europe, notre plan signifierait que chacun prendrait la responsabilité d'une Suisse plus forte, capable de faire face aux crises », déclaraient les partisans.
Cependant, le gouvernement et les législateurs s'y sont opposés. Leurs principales préoccupations étaient les coûts élevés et l'impact potentiel sur l'économie. Ils craignaient que l'initiative ne retire un grand nombre de jeunes de la population active.
Contexte du service national en Suisse
La Suisse est un pays neutre, mais elle maintient une armée forte, basée sur la conscription masculine. Le service militaire ou civil est une partie intégrante de l'identité nationale pour les hommes. Les femmes peuvent déjà participer sur une base volontaire.
La proposition de taxe sur les grandes fortunes également rejetée
Une autre proposition, celle d'instaurer une nouvelle taxe nationale sur les donations ou héritages de plus de 50 millions de francs (environ 62 millions de dollars), a également été rejetée. Plus de 78% des électeurs ont voté contre cette mesure.
Les revenus de cette taxe devaient servir à financer la lutte contre le changement climatique. L'objectif était d'aider la Suisse à atteindre ses ambitions de zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2050. Le gouvernement s'est également opposé à cette proposition.
Les raisons du refus de la taxe
Le gouvernement suisse a argué que l'approbation de cette taxe pourrait inciter certaines des personnes les plus riches du pays à déménager. On estime à 2 500 le nombre de personnes qui auraient été concernées par cette mesure. Les sommes dépassant 50 millions de francs auraient pu être taxées à un taux de 50%.
Cette inquiétude concernant la fuite des capitaux a joué un rôle déterminant dans le rejet de la proposition. La Suisse est connue pour son attractivité fiscale pour les grandes fortunes.
La démocratie directe suisse en action
La Suisse organise des référendums nationaux quatre fois par an. Ce système permet aux citoyens d'avoir un mot à dire directement sur l'élaboration des politiques. Les résultats de dimanche illustrent la volonté populaire sur des questions sociétales et économiques majeures.
Le rejet du service national obligatoire pour les femmes montre que l'idée d'une égalité des sexes par la conscription ne séduit pas la majorité. Le gouvernement avait d'ailleurs souligné que cela représenterait un fardeau supplémentaire pour de nombreuses femmes.
Ces femmes assument déjà une grande partie du travail non rémunéré lié à l'éducation et aux soins des enfants et des proches, ainsi qu'aux tâches ménagères.
Un pays face à ses défis
Malgré le rejet de la taxe sur les héritages, la Suisse reste engagée dans la lutte contre le changement climatique. Le pays continue de chercher des solutions pour atteindre ses objectifs environnementaux, mais sans imposer de nouvelles taxes sur les grandes fortunes.
Ces votes reflètent les débats en cours dans la société suisse. Ils montrent un équilibre entre les valeurs traditionnelles, les préoccupations économiques et les défis environnementaux modernes. La démocratie directe offre une voie unique pour exprimer ces différentes visions.
Le système de référendum suisse
- La Suisse organise quatre référendums nationaux chaque année.
- Pour être adoptée, une proposition doit obtenir la majorité des votants et des cantons.





