La scène de la diplomatie climatique connaît une transformation notable. Pour la première fois, les États-Unis n'ont pas envoyé de délégation officielle à la COP, la conférence des Nations Unies où les pays présentent leurs plans d'action pour atténuer le changement climatique. Cette absence intervient après le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris en janvier, qualifié d'« injuste » et de « partial » par l'administration américaine. Ce retrait a écarté le plus grand émetteur historique mondial de la lutte contre le changement climatique.
Pourtant, cette situation ne signifie pas la fin de la diplomatie climatique. Au contraire, un vide de leadership est souvent comblé par d'autres acteurs. Des pays du Sud global, notamment en Asie, renforcent leur présence et leur influence dans les discussions mondiales sur le climat, redéfinissant ainsi les dynamiques internationales.
Points Clés
- Les États-Unis n'ont pas envoyé de délégation officielle à la COP pour la première fois.
- La Chine et d'autres pays asiatiques comblent le vide de leadership dans la diplomatie climatique.
- Les actions concrètes de la Chine incluent la production massive d'énergies renouvelables.
- Les gouvernements locaux et les entreprises jouent un rôle croissant dans l'action climatique.
- L'investissement dans l'action climatique est de plus en plus perçu comme un avantage stratégique.
Un nouveau leadership émerge sur la scène climatique
L'absence des États-Unis à la COP a créé un vide, mais ce vide ne reste pas inoccupé. « Quand il y a un vide, quelque chose ou quelqu'un le comble. Dans l'espace du leadership climatique, nous voyons maintenant de nombreux pays du Sud global prendre le relais », a déclaré Faroze Nadar, directeur exécutif du Réseau du Pacte Mondial des Nations Unies pour la Malaisie et le Brunei, lors du Fortune Innovation Forum à Kuala Lumpur, en Malaisie.
M. Nadar a souligné la présence notable de pays asiatiques à la COP30 à Belém, au Brésil, avec une participation particulièrement importante de la Chine. « La diplomatie climatique est maintenant très largement poussée par les Chinois », a-t-il ajouté. Cette observation est partagée par d'autres experts.
Fait Marquant
La Chine produit 90% des panneaux solaires mondiaux, 60% des éoliennes, 85% des cellules de batterie et domine le marché des métaux rares.
La Chine, acteur majeur de la transition énergétique
Les panélistes ont convenu que la Chine, tout en intensifiant sa participation aux pourparlers climatiques mondiaux, prend également des mesures concrètes. « La Chine ne se contente pas de parler, elle agit », a affirmé Ying Staton, directrice du développement durable et vice-présidente pour l'Asie-Pacifique chez Plastic Energy.
La superpuissance orientale est un moteur de la transition énergétique mondiale. Elle développe la production d'énergies renouvelables et en réduit les coûts. Cette stratégie a un impact global significatif. La Chine est un leader incontesté dans la fabrication de technologies vertes, ce qui influence les marchés mondiaux et facilite l'accès à ces solutions pour d'autres nations.
« La Chine ne se contente pas de parler, elle agit. »
Ying Staton, Plastic Energy
L'influence persistante des États-Unis à l'échelle locale
Malgré la décision de l'administration américaine de se retirer de l'Accord de Paris, l'influence des États-Unis dans les discussions climatiques n'a pas totalement disparu. Une importante délégation de représentants étatiques et locaux, incluant le gouverneur de Californie Gavin Newsom, s'est rendue au Brésil. Cette présence montre que l'action climatique se déroule à différents niveaux.
« Cela montre qu'il existe de nombreux leviers politiques que l'on peut actionner, et ce sont souvent les gouvernements municipaux locaux qui disposent des leviers les plus directs », a expliqué Ying Staton. Les initiatives locales et régionales jouent un rôle de plus en plus crucial pour faire avancer les objectifs climatiques.
Contexte
Le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris, décidé en janvier, a été un moment clé. Il a mis en lumière la complexité de la politique climatique internationale et la nécessité pour d'autres acteurs de prendre les devants.
Le rôle essentiel des entreprises dans l'action climatique
Les gouvernements ont un rôle important, mais les entreprises aussi. L'économie future se construira sur le mouvement climatique, rendant la participation des entreprises économiquement pertinente. « La nouvelle économie va se construire sur le mouvement climatique, il est donc judicieux pour les entreprises d'en faire partie », a déclaré Faroze Nadar.
Les entreprises sont souvent des partenaires faciles à mobiliser pour l'action climatique. Elles sont motivées par un langage commun : la rentabilité. M. Nadar a cité l'exemple du Réseau du Pacte Mondial des Nations Unies en Malaisie et au Brunei, qui collabore avec Sarawak Energy, le plus grand producteur d'énergie verte de Malaisie, sur des efforts de durabilité. Cette collaboration illustre comment les entreprises peuvent intégrer la durabilité dans leurs modèles d'affaires.
- Rentabilité : L'intégration de pratiques durables peut améliorer l'image de marque et attirer les investisseurs.
- Innovation : Les entreprises développent de nouvelles technologies vertes, créant ainsi de nouveaux marchés.
- Réduction des risques : L'adaptation au changement climatique réduit les risques opérationnels et financiers à long terme.
L'investissement climatique: un avantage stratégique
Investir dans l'action climatique ne doit pas être perçu comme un coût, mais comme un avantage stratégique pour les entreprises. Le « premium vert », c'est-à-dire le coût supplémentaire que les entreprises paient pour la durabilité, n'est que temporaire, selon Ying Staton.
« Plus vous construisez et plus vous mettez à l'échelle, moins ces solutions deviennent chères, et c'est ainsi que vous réduisez le premium vert à zéro », a-t-elle expliqué. Elle a rappelé que l'énergie renouvelable avait un premium vert il y a vingt ans, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. L'échelle est la clé pour rendre les technologies vertes plus abordables et accessibles.
Aiying Wang, présidente et PDG de Greater China, SEA et Inde chez Envac AB, partage ce point de vue. Elle a insisté sur l'importance de l'échelle pour la technologie et l'infrastructure vertes. Cela permet aux entreprises d'investir de manière rentable tout en agissant pour l'environnement. Le développement à grande échelle de ces solutions est essentiel pour leur adoption généralisée et leur viabilité économique.
Ces dynamiques montrent que l'action climatique n'est plus seulement une question d'éthique, mais aussi de stratégie économique et de compétitivité. Les pays et les entreprises qui investissent dans la transition verte se positionnent avantageusement pour l'avenir.





