Depuis son entrée en fonction en mars, le Premier ministre canadien Mark Carney a initié un changement significatif dans la direction des politiques environnementales du pays. Ancien défenseur des actions climatiques dans les milieux financiers et économiques, Carney adopte désormais une approche qui privilégie le développement des hydrocarbures, annulant plusieurs mesures écologiques mises en place par son prédécesseur, Justin Trudeau.
Cette réorientation marque un contraste net avec ses positions antérieures, où il appelait activement le monde des affaires à s'engager dans la lutte contre le changement climatique. Ses premières décisions au gouvernement canadien indiquent une priorité donnée à l'augmentation de la production de pétrole et de gaz, ce qui soulève des questions sur l'avenir de l'engagement climatique du Canada.
Points Clés
- Mark Carney, Premier ministre canadien, démantèle des politiques vertes.
- Il supprime la taxe carbone et suspend le mandat sur les véhicules électriques.
- Une nouvelle loi permet au cabinet de contourner les règles environnementales pour les projets d'infrastructures énergétiques.
- Cette direction contraste avec les positions environnementales passées de Carney.
- L'objectif est de stimuler la production de pétrole et de gaz.
Changement de cap pour les politiques environnementales canadiennes
Le mandat de Mark Carney en tant que Premier ministre a commencé par l'abrogation de plusieurs initiatives vertes. Ces mesures avaient été introduites par son prédécesseur, Justin Trudeau, dans le cadre de l'engagement du Canada à réduire ses émissions de gaz à effet de serre. La nouvelle administration a clairement indiqué son intention de revoir ces engagements.
L'une des premières décisions a été la suppression de la taxe carbone impopulaire auprès des consommateurs. Cette taxe visait à décourager la consommation d'énergies fossiles en rendant leur utilisation plus coûteuse. Sa suppression est un signal fort envoyé aux industries et aux ménages canadiens concernant la nouvelle orientation économique et environnementale.
Un fait important
En 2023, la taxe carbone canadienne s'appliquait à plusieurs secteurs, y compris les transports et le chauffage résidentiel, avec un coût estimé à environ 14 cents par litre d'essence. Son abolition devrait avoir un impact direct sur le pouvoir d'achat des Canadiens, mais aussi sur les émissions nationales.
Suspension du mandat sur les véhicules électriques et nouvelles régulations
Le gouvernement de Mark Carney a également mis en pause un mandat prévu pour 2035 sur les véhicules électriques. Ce mandat aurait contraint l'industrie automobile à augmenter progressivement la part des véhicules électriques neufs vendus au Canada, avec un objectif de 100% d'ici 2035. Cette suspension offre une flexibilité aux constructeurs et aux consommateurs, mais pourrait ralentir la transition vers une mobilité plus propre.
De plus, une nouvelle loi a été adoptée, conférant au cabinet la capacité de déroger aux réglementations environnementales. Cette autorité s'applique spécifiquement aux projets d'infrastructures jugés essentiels, tels que les oléoducs. Cette disposition vise à accélérer la réalisation de grands projets énergétiques, en réduisant les obstacles réglementaires qui pouvaient auparavant retarder ou empêcher leur approbation.
« En tant que Premier ministre du Canada, ma priorité est d'assurer la prospérité économique de notre pays. Cela inclut le soutien à nos secteurs énergétiques clés, tout en cherchant des solutions pragmatiques pour l'environnement, » a déclaré Mark Carney lors d'une conférence de presse récente.
L'héritage de Justin Trudeau et la vision de Carney
Les politiques démantelées par Mark Carney s'inscrivaient dans une stratégie plus large de Justin Trudeau pour positionner le Canada comme un leader en matière d'action climatique. Ces politiques comprenaient des investissements dans les énergies renouvelables, des objectifs de réduction des émissions ambitieux et des mécanismes de tarification du carbone.
Le virage de Carney est perçu par certains observateurs comme une réponse aux préoccupations économiques, notamment l'inflation et la sécurité énergétique. Le Canada est un important producteur de pétrole et de gaz, et l'industrie des hydrocarbures représente une part significative de son économie. La nouvelle administration semble vouloir capitaliser sur ces ressources.
Contexte historique
Avant de devenir Premier ministre, Mark Carney a occupé des postes influents comme gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d'Angleterre. Il a également été envoyé spécial des Nations Unies pour l'action climatique et la finance, où il a plaidé pour une transition verte de l'économie mondiale. Son parcours professionnel montre une compréhension approfondie des enjeux financiers liés au climat.
Impacts potentiels sur l'économie et l'environnement
La réorientation des politiques pourrait avoir plusieurs conséquences. Sur le plan économique, elle pourrait stimuler l'industrie pétrolière et gazière, créer des emplois dans ce secteur et augmenter les revenus du gouvernement par le biais des redevances. Cependant, elle pourrait également entraîner des critiques de la part des organisations environnementales et des partenaires internationaux engagés dans la lutte contre le changement climatique.
En ce qui concerne l'environnement, l'augmentation de la production d'hydrocarbures et l'assouplissement des réglementations pourraient rendre plus difficile pour le Canada d'atteindre ses objectifs de réduction d'émissions. Le pays est signataire de l'Accord de Paris et s'est engagé à réduire ses émissions de 40 à 45% par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2030.
- Impact économique: Augmentation des investissements dans les énergies fossiles, potentielle croissance économique à court terme.
- Impact environnemental: Risque d'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, défis pour atteindre les objectifs climatiques internationaux.
- Relations internationales: Possible tension avec les pays partenaires ayant des objectifs climatiques plus stricts.
Perspectives d'avenir pour le Canada
La nouvelle approche de Mark Carney représente un pari politique et économique. Elle vise à équilibrer les impératifs économiques du Canada avec les pressions environnementales mondiales. Les prochains mois seront cruciaux pour observer comment ces nouvelles politiques se traduiront concrètement sur le terrain et quel sera leur impact sur la position du Canada sur la scène internationale.
Les groupes environnementaux ont déjà exprimé leur inquiétude face à ce revirement. Ils soulignent que la crise climatique exige une action urgente et que le Canada devrait plutôt investir massivement dans les énergies renouvelables et les technologies propres. Le débat sur la meilleure voie à suivre pour le Canada en matière d'énergie et de climat est loin d'être terminé.
Les statistiques récentes montrent une demande mondiale persistante pour le pétrole et le gaz. Environ 80% de l'énergie mondiale provient encore des combustibles fossiles. Dans ce contexte, la stratégie de Carney pourrait être perçue comme une tentative de répondre à cette réalité énergétique tout en cherchant des compromis pour la transition.





