Des chercheurs alertent sur les conséquences inattendues des conditions de chaleur et d'humidité extrêmes sur la santé des enfants. Des millions d'entre eux risquent un retard de croissance si les émissions de gaz à effet de serre continuent d'augmenter la température planétaire. Cette nouvelle étude met en lumière un danger sous-estimé des changements climatiques.
Points Clés
- L'humidité aggrave l'impact de la chaleur extrême sur le corps humain.
- Les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables au stress thermique.
- L'exposition prénatale à la chaleur et à l'humidité peut réduire la taille des enfants de 13 %.
- 3,5 millions d'enfants en Asie du Sud pourraient être touchés d'ici 2050.
- Les décès liés à la chaleur ne représentent qu'une partie des impacts sanitaires.
L'impact de l'humidité sur le corps humain
Les récentes recherches révèlent que l'humidité joue un rôle crucial dans l'aggravation des effets de la chaleur extrême. Lorsque l'air est saturé d'humidité, le corps humain a plus de mal à se refroidir par la transpiration. L'évaporation de la sueur, mécanisme essentiel de régulation thermique, est ralentie dans ces conditions.
Ce phénomène entraîne une accumulation de chaleur dans le corps, provoquant un stress thermique. Ce stress peut survenir même lorsque les températures sont modérées mais que l'humidité est très élevée. Les dangers de la chaleur excessive sont déjà bien connus, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ayant souligné qu'elle exacerbe des maladies sous-jacentes comme les affections cardiovasculaires, le diabète et l'asthme.
Un fait alarmant
Cet été, environ 24 400 personnes sont décédées des suites des vagues de chaleur en Europe. Les scientifiques estiment que 16 500 de ces décès auraient pu être évités sans le réchauffement climatique d'origine humaine, ce qui signifie que le changement climatique a triplé le nombre de victimes.
Vulnérabilité des femmes enceintes
Les femmes enceintes constituent un groupe particulièrement sensible au stress thermique. Plusieurs facteurs contribuent à cette vulnérabilité accrue, notamment la prise de poids et les changements hormonaux qui les rendent plus sujettes à la surchauffe. Le stress thermique peut induire un travail prématuré en fin de grossesse, ce qui peut entraîner des problèmes de développement et une mauvaise santé chez les enfants, souvent difficiles à surmonter.
« Tout ce qui concerne la chaleur s'accumule dans notre corps, provoquant un stress thermique », explique Katie McMahon, auteure principale de l'étude. « Cela peut arriver même lorsque les températures sont basses mais que l'humidité est élevée. »
L'étude souligne que les risques liés aux conditions météorologiques extrêmes ont été sous-estimés. Ils s'étendent bien au-delà de ce que les scientifiques et les médecins réalisaient jusqu'à présent. Se concentrer uniquement sur la mortalité ne permet pas de saisir l'ampleur totale de l'impact de ces conditions sur nos vies.
Retard de croissance chez les enfants
Les chercheurs ont analysé le rapport entre la taille d'un enfant et la moyenne pour son âge, un indicateur de santé chronique couramment utilisé pour les enfants de moins de cinq ans. Les résultats sont préoccupants. Ils ont découvert que la majorité des enfants exposés à des augmentations de chaleur et d'humidité durant chaque trimestre de la grossesse seraient 13 % plus petits pour leur âge que prévu.
En comparaison, une exposition accrue à la chaleur extrême seule entraînait une réduction de 1 % de la taille par rapport à l'âge. Cette différence significative met en évidence le rôle aggravant de l'humidité dans ce phénomène. L'étude a été menée sur des femmes enceintes vivant en Asie du Sud, une région qui, selon les scientifiques, pourrait être particulièrement touchée par la chaleur extrême dans les années à venir.
Contexte Régional
L'Asie du Sud est identifiée comme une région à haut risque. Si elle est exposée aux conditions prévues d'ici 2050 dans un scénario d'émissions élevées, environ 3,5 millions d'enfants dans cette seule région auraient souffert d'un retard de croissance.
Conséquences à long terme et avenir
Même si les sociétés parviennent à limiter le réchauffement à 2°C au-dessus des niveaux préindustriels, l'Asie du Sud devrait subir des épisodes de chaleur mortels chaque année. Ces prévisions soulignent l'urgence d'agir pour atténuer le changement climatique et d'adapter les stratégies de santé publique pour protéger les populations les plus vulnérables.
L'étude, publiée dans Science Advances, invite à une réévaluation des dangers du climat extrême. Elle met en lumière des conséquences sanitaires qui vont bien au-delà des décès directs. La santé des générations futures est directement menacée par l'inaction face aux émissions de gaz à effet de serre.
La communauté scientifique appelle à une meilleure compréhension des interactions complexes entre chaleur, humidité et santé humaine. Des mesures préventives et des politiques de santé publique adaptées sont nécessaires pour faire face à ces défis croissants. La protection des femmes enceintes et des jeunes enfants doit devenir une priorité mondiale face à l'intensification des phénomènes climatiques extrêmes.
- Renforcer les systèmes d'alerte précoce pour les vagues de chaleur.
- Améliorer l'accès à des environnements frais et climatisés pour les populations vulnérables.
- Mettre en œuvre des programmes de sensibilisation aux risques du stress thermique pendant la grossesse.
- Investir dans la recherche sur les impacts à long terme du changement climatique sur la santé infantile.





