Une nouvelle étude révèle un lien préoccupant entre les températures élevées et le développement précoce des enfants. Les jeunes enfants exposés à des chaleurs inhabituelles sont moins susceptibles d'atteindre les étapes fondamentales en lecture et en calcul. Ces résultats soulignent l'urgence d'adapter nos stratégies face au changement climatique pour protéger les plus jeunes.
Points clés
- Les températures supérieures à 30 °C sont associées à des retards d'apprentissage.
- Les effets sont plus marqués chez les enfants de foyers défavorisés.
- Le développement précoce est essentiel pour l'apprentissage et la santé à long terme.
L'impact de la chaleur sur l'apprentissage précoce
L'étude, publiée dans le Journal of Child Psychology and Psychiatry, a analysé les données de près de 20 000 enfants. Les chercheurs ont constaté que des températures maximales moyennes dépassant les 30 °C étaient liées à un déclin mesurable des résultats d'apprentissage précoce. Ce déclin touche particulièrement les compétences en lecture et en calcul.
Le développement précoce constitue la base de l'apprentissage tout au long de la vie. Il influence également la santé physique et mentale, ainsi que le bien-être général. Ces découvertes alertent sur la nécessité de protéger le développement des enfants dans un monde qui se réchauffe.
« Alors que l'exposition à la chaleur est liée à des problèmes de santé physique et mentale tout au long de la vie, cette étude apporte une nouvelle perspective : une chaleur excessive affecte négativement le développement des jeunes enfants dans divers pays. »
— Jorge Cuartas, professeur adjoint de psychologie appliquée à NYU Steinhardt et auteur principal de l'étude.
Un fait alarmant
Les enfants exposés à des températures maximales moyennes supérieures à 30 °C étaient 5 à 6,7 % moins susceptibles d'atteindre les étapes de développement de base en lecture et en calcul, par rapport à ceux exposés à des températures inférieures à 26 °C dans la même région et saison.
Vulnérabilité accrue des enfants défavorisés
L'étude a révélé que les effets négatifs de la chaleur étaient plus prononcés chez certains groupes d'enfants. Ceux issus de ménages économiquement défavorisés sont particulièrement touchés. Les enfants vivant dans des zones urbaines ou ayant un accès limité à l'eau potable montrent également une plus grande vulnérabilité.
Ces facteurs socio-économiques amplifient les risques liés à la chaleur. Ils mettent en lumière les inégalités face aux conséquences du changement climatique. Les politiques d'adaptation doivent donc tenir compte de ces disparités.
Une analyse transnationale
Les chercheurs ont examiné les données de 19 607 enfants âgés de trois et quatre ans. Ces enfants provenaient de six pays différents : la Gambie, la Géorgie, Madagascar, le Malawi, la Palestine et la Sierra Leone. Ces régions ont été choisies pour la richesse de leurs données sur le développement de l'enfant, les facteurs ménagers et le climat.
Pour évaluer le développement des enfants, l'Indice de Développement de la Petite Enfance (IDPE) a été utilisé. Cet indice mesure les étapes de développement dans quatre domaines clés : les compétences en lecture et en calcul, le développement socio-émotionnel, les approches de l'apprentissage et le développement physique.
Méthodologie de l'étude
L'étude a fusionné les données de l'IDPE et des Enquêtes par grappes à indicateurs multiples (MICS) de 2017 à 2020 avec des données climatiques sur les températures mensuelles moyennes. Cette approche a permis d'évaluer l'exposition des enfants à différentes températures depuis leur naissance jusqu'au moment de l'entretien.
Les modèles de probabilité linéaire ont été utilisés pour tenir compte des conditions climatiques de base et d'autres variables individuelles et contextuelles.
Un appel urgent à l'action climatique
Les conclusions de cette recherche soulignent l'importance cruciale de protéger le développement des jeunes enfants face au réchauffement climatique. Il est impératif d'identifier les mécanismes qui expliquent ces effets et les facteurs qui peuvent soit protéger les enfants, soit accroître leur vulnérabilité.
De telles recherches aideront à cibler des politiques et des interventions concrètes. Celles-ci doivent renforcer la préparation, l'adaptation et la résilience des communautés à mesure que le changement climatique s'intensifie.
Stratégies d'adaptation nécessaires
- Améliorer l'accès à l'eau potable : Les ménages ayant un accès limité à l'eau propre sont plus vulnérables.
- Soutenir les ménages défavorisés : Des aides ciblées peuvent atténuer les impacts de la chaleur.
- Développer des infrastructures adaptées : Créer des environnements plus frais, notamment dans les zones urbaines.
- Renforcer les systèmes éducatifs : Des programmes de soutien peuvent compenser les retards d'apprentissage.
La collaboration entre chercheurs, décideurs politiques et professionnels est essentielle. Elle permettra de développer des stratégies efficaces pour sauvegarder l'avenir des enfants dans un climat en mutation.
Cette étude a été co-écrite par Lenin H. Balza de la Banque Interaméricaine de Développement, Andrés Camacho de l'Université de Chicago, et Nicolás Gómez-Parra de la Banque Interaméricaine de Développement.





