Six ans après des engagements ambitieux, l'industrie financière mondiale n'a pas réussi à concrétiser ses promesses de lutte contre le changement climatique. Les efforts visant à réorienter des milliers de milliards de dollars vers des investissements verts ont largement échoué, marquant un recul important dans la finance durable.
Points clés
- En 2020, BlackRock a promis de lutter contre le réchauffement climatique.
- Les engagements de Wall Street pour la finance verte ont échoué.
- Des milliers de milliards de dollars n'ont pas été réorientés.
- Les activistes climatiques dénoncent l'inaction des grandes banques.
Les ambitions de 2020 face à la réalité
En janvier 2020, Larry Fink, PDG de BlackRock, le plus grand gestionnaire d'actifs au monde, avait surpris le milieu des affaires. Il avait annoncé son intention d'utiliser les milliers de milliards de dollars gérés par sa firme pour s'attaquer au réchauffement climatique. Cette déclaration a marqué un tournant, suggérant un « remodelage fondamental de la finance ».
Quelques jours plus tard, M. Fink s'est rendu au Forum économique mondial de Davos. Il y portait une écharpe ornée des « rayures du réchauffement », un motif illustrant 150 ans d'augmentation des températures mondiales. Ce geste symbolique renforçait l'idée d'un engagement fort et visible.
Chiffres clés
- 2020: Année des engagements initiaux de BlackRock.
- Des milliers de milliards de dollars: Montant que BlackRock gère.
- 150 ans: Période représentée par les « rayures du réchauffement ».
Le déclin des initiatives vertes
Malgré ces déclarations initiales, la réalité est bien différente. Six ans après, les efforts de l'industrie financière pour réorienter ses investissements vers des initiatives respectueuses du climat ont largement stagné, voire régressé. Les promesses faites par les grandes banques et les gestionnaires d'actifs n'ont pas été suivies d'actions concrètes à l'échelle attendue.
Les critiques soulignent un manque de transparence et de responsabilité. De nombreuses institutions financières continuent de financer des projets liés aux combustibles fossiles. Cela contredit directement leurs engagements publics en faveur de la durabilité.
« Chaque gouvernement, chaque entreprise et chaque actionnaire doit faire face au changement climatique. »
Larry Fink, PDG de BlackRock, janvier 2020
Les raisons de l'échec
Plusieurs facteurs expliquent ce recul. La pression politique, notamment aux États-Unis, a joué un rôle. Des figures politiques ont critiqué les initiatives ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) comme étant « anti-capitalistes » ou « woke ».
Cette opposition a créé un climat d'incertitude. Elle a poussé certaines entreprises à modérer leurs ambitions climatiques. Le manque de cadres réglementaires clairs et d'incitations économiques suffisantes a également freiné les progrès.
Qu'est-ce que l'ESG ?
L'ESG désigne les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Ils sont utilisés pour évaluer la performance d'une entreprise au-delà des indicateurs financiers traditionnels. Les critères environnementaux incluent l'empreinte carbone, la gestion des déchets et l'utilisation des ressources. Les critères sociaux concernent les relations avec les employés, les fournisseurs, les clients et les communautés. Les critères de gouvernance portent sur le leadership de l'entreprise, la rémunération des dirigeants, les audits et les droits des actionnaires.
La réaction des activistes climatiques
Les activistes climatiques ont toujours été sceptiques face aux promesses de Wall Street. Ils ont intensifié leurs actions de protestation. En 2023, des manifestants se sont rassemblés devant BlackRock à New York, dénonçant ce qu'ils considèrent comme du « greenwashing ».
Ces groupes exigent des actions concrètes et non de simples déclarations d'intention. Ils rappellent que le temps est compté pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris et limiter le réchauffement climatique.
- Les activistes demandent un désinvestissement total des énergies fossiles.
- Ils critiquent le manque de suivi des engagements.
- Ils organisent des manifestations pour sensibiliser l'opinion publique.
L'impact sur la transition énergétique
Le manque d'investissement de la finance mondiale dans les solutions climatiques a des conséquences directes sur la transition énergétique. Les projets d'énergies renouvelables et d'infrastructures durables peinent à obtenir les financements nécessaires. Cela ralentit la décarbonisation de l'économie.
Pourtant, le rapport du GIEC insiste sur l'urgence d'agir. Il souligne la nécessité d'une mobilisation massive de capitaux. Sans un soutien financier robuste, l'atteinte des objectifs climatiques mondiaux devient de plus en plus difficile.
Le contraste entre les discours de 2020 et la situation actuelle est frappant. Il met en lumière les défis de l'intégration des préoccupations environnementales dans le secteur financier. La route vers une finance véritablement durable reste longue et semée d'embûches.





