L'année 2025 s'est achevée sur une note contrastée pour le climat. Alors que les émissions de gaz à effet de serre ont continué leur hausse, le secteur de la transition énergétique a connu une dynamique sans précédent, avec des investissements atteignant un nouveau sommet historique.
Selon de nouvelles données, les investissements mondiaux dans les énergies propres, incluant l'éolien, le solaire, les batteries et les réseaux électriques, devraient atteindre 2,2 billions de dollars pour l'année 2025. Ce chiffre marque une accélération significative des efforts de décarbonation à l'échelle mondiale.
Points Clés
- Les investissements dans la transition énergétique ont atteint un record de 2,2 billions de dollars en 2025.
- Le solaire et l'éolien ont couvert toute la nouvelle demande mondiale d'électricité au cours des trois premiers trimestres de l'année.
- Malgré ces progrès, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont continué d'augmenter en 2025.
- Le rythme de la décarbonation est plus rapide que ce qui était prévu il y a dix ans.
Un financement record pour la transition énergétique
Le secteur des énergies propres a bénéficié d'un afflux de capitaux massif en 2025. Une analyse de l'Energy and Climate Intelligence Unit, une organisation à but non lucratif basée à Londres, estime que les investissements totaux dans la transition énergétique ont atteint le chiffre record de 2,2 billions de dollars.
Cet investissement couvre un large éventail de technologies et d'infrastructures. Il ne s'agit pas seulement de la construction de nouvelles fermes solaires ou de parcs éoliens, mais aussi du financement des technologies de stockage d'énergie comme les batteries, et de la modernisation des réseaux électriques pour accueillir ces nouvelles sources d'énergie intermittentes.
Cette dynamique financière montre que, malgré un contexte économique mondial parfois incertain, les investisseurs institutionnels et les gouvernements considèrent de plus en plus la transition énergétique non seulement comme une nécessité écologique, mais aussi comme une opportunité économique majeure.
Le chiffre du jour : 2,2 billions de dollars
Ce montant représente l'investissement global dans la transition vers une énergie propre en 2025. Il englobe tout, de la production d'énergie renouvelable au stockage par batterie, en passant par la mise à niveau des infrastructures de réseau électrique.
Le solaire et l'éolien en première ligne
L'un des signes les plus encourageants de l'année 2025 provient de la performance des énergies renouvelables. Selon le groupe de réflexion sur l'énergie Ember, basé au Royaume-Uni, l'énergie solaire et l'énergie éolienne ont connu une croissance spectaculaire.
Au cours des neuf premiers mois de l'année, la production combinée de ces deux sources d'énergie a été suffisante pour satisfaire l'intégralité de la nouvelle demande d'électricité à l'échelle mondiale. C'est une étape cruciale qui démontre que les énergies renouvelables ne se contentent plus de remplacer les sources fossiles existantes, mais qu'elles sont désormais capables d'absorber la croissance de la consommation énergétique mondiale.
Cette performance est le résultat de plusieurs années de baisse des coûts, d'innovations technologiques et de politiques de soutien qui ont rendu le solaire et l'éolien compétitifs, voire moins chers que les combustibles fossiles dans de nombreuses régions du monde.
Qu'est-ce que la "nouvelle demande d'électricité" ?
Il s'agit de l'augmentation de la consommation totale d'électricité dans le monde d'une année sur l'autre. Le fait que les énergies renouvelables couvrent cette croissance signifie que, pour la première fois, les combustibles fossiles n'ont pas été nécessaires pour répondre aux nouveaux besoins énergétiques mondiaux, marquant ainsi un point d'inflexion potentiel.
Un tableau climatique encore complexe
Malgré ces avancées notables, le tableau d'ensemble reste préoccupant. Les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont poursuivi leur augmentation en 2025. Les engagements pris par les pays dans le cadre des accords internationaux sur le climat sont encore loin d'être suffisants pour limiter le réchauffement climatique à des niveaux jugés sûrs par la communauté scientifique.
Ce paradoxe met en lumière la complexité de la transition énergétique. D'un côté, une accélération technologique et financière sans précédent. De l'autre, une inertie économique et politique qui maintient la dépendance aux énergies fossiles dans de nombreux secteurs, comme les transports lourds ou l'industrie.
"Le monde se décarbone plus rapidement que ce que l'on prévoyait il y a dix ans, mais les émissions globales continuent d'augmenter. Cela montre que nous gagnons des batailles importantes, mais que la guerre contre le changement climatique est loin d'être terminée."
Les experts soulignent que si la tendance des investissements se maintient et s'accélère, un pic des émissions mondiales pourrait être atteint dans les prochaines années. Cependant, atteindre ce pic n'est que la première étape ; une réduction rapide et soutenue des émissions sera ensuite nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques.
Perspectives et défis pour l'avenir
L'année 2025 a donc été une année de signaux contradictoires. L'investissement record et la croissance du solaire et de l'éolien offrent des raisons d'être optimiste et prouvent que la transition est non seulement possible, mais qu'elle est déjà bien engagée sur le plan économique.
Cependant, les défis restent immenses. Pour capitaliser sur cette dynamique, plusieurs obstacles doivent être surmontés :
- La modernisation des réseaux : Les infrastructures électriques doivent être adaptées pour gérer de grandes quantités d'énergie renouvelable intermittente.
- Le stockage de l'énergie : Le développement de solutions de stockage à grande échelle est essentiel pour garantir la stabilité de l'approvisionnement.
- La décarbonation des secteurs difficiles : L'industrie lourde, l'aviation et le transport maritime nécessitent des innovations technologiques et des investissements encore plus importants.
- L'équité de la transition : Il est crucial de s'assurer que les pays en développement aient accès aux financements et aux technologies nécessaires pour participer à cette transition.
En conclusion, si 2025 n'a pas été l'année du grand tournant en matière de réduction des émissions, elle pourrait être rappelée comme l'année où les fondations financières et technologiques d'une économie décarbonée ont été solidement établies, ouvrant la voie à des progrès potentiellement plus rapides dans la décennie à venir.





