La transition énergétique mondiale vers des sources plus propres est en pleine accélération, avec un objectif de tripler la capacité d'énergie renouvelable d'ici 2030. Cependant, l'expansion continue de la production de combustibles fossiles et les pressions exercées par certains pays freinent cette évolution. La COP30 a mis en lumière cette tension, avec des appels à une feuille de route concrète pour un avenir sans combustibles fossiles.
Points Clés
- Plus de 90% des nouvelles capacités énergétiques en 2024 provenaient des énergies renouvelables.
- La production de combustibles fossiles continue d'augmenter, notamment aux États-Unis.
- La COP30 a vu un appel à une feuille de route pour la transition énergétique, soutenu par plus de 80 pays.
- Le Brésil et la Norvège explorent des modèles pour soutenir les économies dépendantes des fossiles.
- Les discussions sur la feuille de route se poursuivront jusqu'à la COP31 en Turquie.
La COP30 et l'appel à une feuille de route
La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP30), tenue en novembre à Belém, au Brésil, devait initialement se concentrer sur d'autres sujets. Cependant, la question de la transition énergétique a rapidement dominé les débats. Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a lancé un appel vibrant à la création d'une feuille de route formelle. Ce processus stratégique viserait à aider les pays à se désengager de leur dépendance aux combustibles fossiles.
L'objectif est clair : passer des paroles aux actes. Plus de 80 nations ont exprimé leur soutien à cette idée. Parmi elles, des nations insulaires vulnérables comme le Vanuatu, directement menacées par la montée des eaux, mais aussi des pays comme le Kenya, qui voient des opportunités économiques dans les énergies propres. L'Australie, un grand producteur de combustibles fossiles, a également apporté son appui.
Fait important
En 2024, plus de 90% des nouvelles capacités de production d'électricité provenaient de sources d'énergie renouvelable. Cette tendance s'est maintenue en 2025.
Opposition et défis à la transition
Malgré un large soutien, l'opposition, menée par des pays producteurs de pétrole et de gaz du Groupe arabe, a réussi à empêcher toute mention d'une feuille de route dans l'accord final de la COP30. Cette résistance souligne l'ampleur du défi et les intérêts économiques en jeu pour les nations qui dépendent fortement des revenus des combustibles fossiles. La lutte entre les « États-pétrole » et les « États-électro » est palpable.
Le diplomate brésilien André Aranha Corrêa do Lago, président de la COP30, s'est engagé à diriger un effort en 2026 pour créer deux feuilles de route distinctes. L'une concernera l'arrêt et l'inversion de la déforestation, et l'autre la transition des systèmes énergétiques loin des combustibles fossiles, de manière juste, ordonnée et équitable. Les détails de ces plans restent à définir.
« Nous devons transformer les mots en actions concrètes pour surmonter notre dépendance aux combustibles fossiles. »
Définir la feuille de route: Approches et modèles
Pour être acceptée et efficace, la feuille de route devra aborder des questions complexes de marché, d'offre et de demande, ainsi que d'équité. Plusieurs pays producteurs de combustibles fossiles tirent l'essentiel de leurs revenus du pétrole, du gaz ou du charbon. La diversification de leurs économies représente un enjeu majeur.
Contexte Géopolitique
Le secteur de l'énergie est responsable d'environ 75% des émissions mondiales de dioxyde de carbone. La transition loin des combustibles fossiles est donc cruciale pour limiter le réchauffement climatique.
Le cas du Nigeria et les opportunités
Le Nigeria offre un exemple pertinent. Les exportations de pétrole représentent entre 80% et 90% des revenus gouvernementaux et des recettes en devises étrangères du pays. Pourtant, environ 39% de sa population n'a pas accès à l'électricité, ce qui en fait la nation avec la plus grande proportion de personnes sans accès à l'énergie.
Parallèlement, le Nigeria dispose d'abondantes ressources d'énergie renouvelable, largement inexploitées : solaire, hydroélectrique, géothermique et éolienne. Ces ressources offrent des opportunités significatives pour diversifier son économie et améliorer l'accès à l'énergie pour sa population.
- Exemple du Brésil: Lula a demandé à ses ministères de préparer des lignes directrices pour une feuille de route réduisant la dépendance aux combustibles fossiles. Il envisage un fonds de transition énergétique, potentiellement alimenté par les revenus de l'exploration pétrolière et gazière.
- Exemple de la Norvège: Producteur majeur de pétrole et de gaz, la Norvège met en place une commission de transition formelle. Elle étudiera comment sa main-d'œuvre et ses ressources naturelles peuvent être utilisées pour créer de nouveaux emplois et diversifier l'économie.
Les dynamiques mondiales des énergies fossiles et renouvelables
L'Union Européenne a mis en place des politiques ambitieuses pour réduire la demande de combustibles fossiles, avec un objectif de 42,5% d'énergie renouvelable d'ici 2030. Son système d'échange de quotas d'émissions (ETS) sera étendu au logement et aux transports, couvrant déjà la production d'électricité et l'industrie.
Aux États-Unis, l'administration Trump a clairement indiqué une approche inverse, visant à maintenir les combustibles fossiles comme source d'énergie principale pour les décennies à venir. Cette divergence de politiques nationales complique les efforts mondiaux.
Statistiques Clés
L'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) prévoit que les investissements dans les énergies renouvelables en 2025 seront deux fois supérieurs à ceux des combustibles fossiles.
Croissance des énergies fossiles malgré la transition
Malgré la croissance rapide des énergies renouvelables, les investissements dans les combustibles fossiles augmentent également, en raison d'une demande énergétique mondiale croissante. L'AIE a noté une forte augmentation des financements pour les projets de gaz naturel liquéfié (GNL) en 2025.
L'agence prévoit une augmentation de 50% de l'offre mondiale de GNL d'ici 2030, dont la moitié proviendra des États-Unis. Cependant, des questions subsistent quant à la destination de tout ce nouveau GNL une fois produit, ce qui soulève des incertitudes sur l'équilibre futur du marché énergétique.
Prochaines étapes et perspectives pour la COP31
Le dialogue sur la feuille de route de Belém et sa capacité à équilibrer les besoins des pays seront un indicateur crucial de la capacité mondiale à gérer le changement climatique. André Aranha Corrêa do Lago présentera les progrès de cette initiative lors de la prochaine conférence annuelle des Nations Unies sur le climat, la COP31, fin 2026.
La Turquie accueillera la COP31, mais l'Australie, qui a soutenu l'appel à une feuille de route, dirigera les négociations. Avec plus de temps pour discuter et se préparer, la COP31 pourrait ramener la transition loin des combustibles fossiles au centre des négociations mondiales, offrant une nouvelle opportunité d'avancer vers des solutions concrètes et durables.





