Le gouvernement fédéral canadien maintient le cap sur ses objectifs climatiques, malgré la démission récente d'un ministre clé et les critiques concernant des reculs dans la politique environnementale. La ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Julie Dabrusin, a réaffirmé l'engagement d'Ottawa envers la cible de zéro émission nette d'ici 2050, tout en reconnaissant l'ambition des objectifs de 2030 et 2035.
Cette position intervient après la signature d'un protocole d'entente (MOU) entre Ottawa et l'Alberta pour un nouveau pipeline pétrolier, et la démission de Steven Guilbeault, ancien ministre de l'Environnement, qui a exprimé de vives inquiétudes quant au démantèlement de certaines mesures climatiques.
Points Clés
- Le gouvernement fédéral maintient son engagement pour la carboneutralité d'ici 2050.
- La ministre Julie Dabrusin rejette l'idée d'un recul de la politique climatique.
- La démission de Steven Guilbeault a mis en lumière des tensions sur l'orientation climatique.
- L'accord avec l'Alberta sur un pipeline pétrolier soulève des questions sur les objectifs de 2030.
- Ottawa prévoit de renforcer la tarification du carbone industriel et les réglementations sur le méthane.
Un protocole d'entente qui fait débat
La signature d'un protocole d'entente entre le premier ministre Mark Carney et la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, a ravivé le débat sur l'équilibre entre développement économique et action climatique. Cet accord vise à renforcer la coopération sur de grands projets et à définir les conditions pour un nouveau pipeline pétrolier vers le Pacifique.
Quelques heures après l'annonce, Steven Guilbeault, qui a occupé le poste de ministre de l'Environnement pendant près de quatre ans, a démissionné du cabinet. Il a cité son opposition au MOU et a déclaré que plusieurs éléments du plan d'action climatique sur lequel il avait travaillé étaient en cours de démantèlement.
« Au cours des derniers mois, plusieurs éléments du plan d'action climatique sur lequel j'ai travaillé en tant que ministre de l'Environnement ont été, ou sont sur le point d'être, démantelés », a déclaré Guilbeault, qui était alors ministre de l'Identité et de la Culture canadiennes et lieutenant de Carney au Québec.
Depuis l'élection de Mark Carney, son gouvernement a notamment supprimé la taxe carbone à la consommation, mis en pause l'objectif de 2026 pour les véhicules électriques et laissé entendre qu'il ne procèderait pas à la mise en œuvre du plafond d'émissions pour le secteur pétrolier et gazier.
Faits Importants
- Le protocole d'entente avec l'Alberta prévoit la suspension des réglementations sur l'électricité propre dans la province.
- Une exemption potentielle à l'interdiction fédérale de pétroliers est également incluse.
- Ces mesures sont perçues par certains comme un assouplissement des politiques climatiques.
La position du gouvernement face aux critiques
Malgré les préoccupations soulevées par la démission de Guilbeault et l'analyse de groupes comme l'Institut climatique canadien (ICC), la ministre Julie Dabrusin a insisté sur la détermination du gouvernement à atteindre ses objectifs climatiques. Interrogée sur les critiques de Guilbeault et les politiques climatiques abandonnées de l'ère Trudeau, elle a défendu l'approche d'Ottawa.
L'ICC a récemment indiqué que le MOU risquait de défaire la politique climatique du Canada, remettant en question la faisabilité mathématique des objectifs de 2030 et 2035. Cependant, Dabrusin a exprimé son désaccord avec la caractérisation d'un recul.
« Je ne suis pas d'accord avec la caractérisation selon laquelle nous faisons machine arrière alors que nous nous sommes engagés à renforcer le prix du carbone industriel, à renforcer les réglementations sur le méthane, à étendre les réglementations sur le méthane aux décharges et à construire des infrastructures qui, à long terme, nous aident à évoluer vers un réseau électrique plus propre », a affirmé Dabrusin.
Contexte des Objectifs Climatiques
Le Canada s'est engagé à atteindre la carboneutralité d'ici 2050, avec des cibles intermédiaires pour 2030 et 2035. Ces objectifs sont jugés ambitieux et nécessitent une collaboration étroite entre les niveaux de gouvernement et les secteurs industriels.
Ambition et collaboration provinciale
La ministre a reconnu l'ambition des cibles fixées, soulignant qu'il aurait été possible d'établir des objectifs moins exigeants. Elle a cependant insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts et la collaboration avec les provinces pour y parvenir.
« Nous savions que ces objectifs seraient plus difficiles à atteindre, mais nous devons faire ce travail », a-t-elle déclaré, ajoutant que le gouvernement fédéral « a besoin que les provinces nous aident également à y parvenir ».
Pour justifier la confiance du gouvernement dans l'atteinte de ses cibles, Mme Dabrusin a évoqué la future Stratégie de compétitivité climatique, qui n'a pas encore été dévoilée, ainsi que les plans de renforcement de la tarification du carbone industriel et des réglementations sur le méthane.
Mesures futures et vision à long terme
- Renforcement de la tarification industrielle du carbone.
- Extension et durcissement des réglementations sur les émissions de méthane, y compris pour les décharges.
- Développement d'infrastructures pour un réseau électrique plus propre à long terme.
- Mise en œuvre de la Stratégie de compétitivité climatique.
La ministre a conclu en insistant sur l'engagement continu du gouvernement à réduire les émissions et à lutter contre le changement climatique, à travers des mesures réglementaires et la construction d'un réseau électrique pour l'avenir.
« Dans tout ce que nous faisons, nous devons continuer à avancer et à pousser pour réduire les émissions, pour lutter contre le changement climatique », a-t-elle affirmé. « Cet engagement est absolument toujours là, et il se trouve à deux niveaux : un niveau réglementaire, mais l'autre consiste également à s'assurer que nous construisons ce réseau électrique pour l'avenir dont nous avons besoin. »





