La mortalité des arbres s'intensifie dans les forêts australiennes. Une nouvelle étude scientifique révèle que ce phénomène est directement lié au réchauffement climatique. Les chercheurs ont analysé des données sur 83 ans, couvrant plus de 2 700 parcelles forestières. Ils ont constaté une augmentation constante des décès d'arbres à travers les quatre principaux biomes forestiers du pays.
Cette tendance inquiétante menace la capacité des forêts à stocker le carbone. Elle pourrait affaiblir un mécanisme crucial de lutte contre le changement climatique. L'étude met en lumière des processus similaires observés dans d'autres régions du monde, soulignant l'ampleur du défi global.
Points Clés
- La mortalité des arbres augmente dans toutes les forêts australiennes.
- Le réchauffement climatique et le stress hydrique en sont les principales causes.
- Les forêts perdent leur capacité à absorber le carbone.
- Les régions chaudes et sèches sont les plus touchées.
- Ce phénomène est global, pas seulement australien.
Un phénomène généralisé à travers les biomes
Les scientifiques ont examiné quatre types de forêts majeurs : la savane tropicale, la forêt tropicale humide, la forêt tempérée chaude et la forêt tempérée froide. L'augmentation de la mortalité est visible dans tous ces environnements. Elle ne dépend pas de la localisation géographique ni de la structure de la végétation.
Les taux de mortalité ont progressé de manière plus marquée dans les zones chaudes et arides. Les forêts denses, où les arbres se disputent l'eau et la lumière, sont également fortement impactées. Cela suggère que le manque d'humidité et la compétition intense exacerbent le problème.
Chiffres Clés
- 83 ans de données analysées.
- Plus de 2 700 parcelles forestières étudiées.
- Augmentation moyenne de 3,2 % de la mortalité annuelle des arbres.
- De 15 arbres par 1 000 en 1996 à près du double en 2017.
Le rôle du changement climatique
Les chercheurs ont délibérément exclu les décès causés par l'exploitation forestière, le défrichage ou les incendies majeurs. Leur objectif était d'isoler les facteurs environnementaux à long terme. Ils ont ainsi pu identifier le réchauffement climatique comme le principal moteur de cette augmentation.
La température mondiale a augmenté d'environ 1,2 degré Celsius depuis l'ère préindustrielle. Cette hausse, combinée à une aridité atmosphérique croissante et à des sécheresses plus fréquentes, stresse les forêts. Ces conditions minent leur résilience naturelle à long terme.
"Il est très probable que la capacité globale de stockage de carbone dans les forêts diminue avec le temps", a déclaré Belinda Medlyn, co-auteure de l'étude et professeure à l'Institut Hawkesbury pour l'environnement de l'Université Western Sydney.
Impact sur le stockage du carbone
Les forêts jouent un rôle vital dans la régulation du climat. Elles absorbent et stockent d'énormes quantités de dioxyde de carbone. Si la mortalité des arbres continue d'augmenter sans être compensée par une nouvelle croissance, cette capacité sera compromise. C'est une mauvaise nouvelle pour la lutte contre le changement climatique.
L'étude souligne que les pertes ne sont pas compensées par de nouvelles pousses. Cela signifie que le bilan carbone des forêts australiennes pourrait devenir négatif. Elles relâcheraient alors plus de carbone qu'elles n'en absorbent, accélérant ainsi le réchauffement climatique.
Contexte Global
Des tendances similaires de mortalité accrue des arbres ont été observées ailleurs dans le monde. C'est le cas des forêts tropicales humides de l'Amazonie, des forêts tempérées de l'ouest des États-Unis et de l'Europe, ainsi que des forêts boréales du Canada. Cela suggère un problème global lié au changement climatique.
Vulnérabilité des espèces
Certaines espèces d'arbres, notamment celles à croissance rapide avec une faible densité de bois, une grande surface foliaire spécifique et une hauteur maximale plus courte, montrent une mortalité moyenne plus élevée. Cependant, l'augmentation du taux de mortalité est similaire pour différents groupes fonctionnels. Cela indique un facteur climatique généralisé plutôt que des causes spécifiques aux espèces.
Dans les savanes tropicales, les très petits et très grands arbres sont particulièrement vulnérables. Ils souffrent souvent des effets combinés des dégâts causés par le feu et du stress cumulatif de la sécheresse. Même les arbres dotés de systèmes racinaires profonds et d'une résistance au feu sont dépassés.
Le stress thermique pousse les arbres à leurs limites
Les arbres ont développé des traits spécialisés pour faire face à la variabilité naturelle du climat. Cependant, l'augmentation constante du "stress thermique" dû aux températures croissantes les pousse au-delà de leurs limites physiques. Même de faibles variations de la disponibilité en eau ou des tempêtes épisodiques peuvent provoquer l'effondrement des arbres dans ces conditions extrêmes.
Les résultats de cette étude sont un avertissement clair. Le changement climatique impose un stress physiologique qui dépasse la capacité de récupération naturelle des écosystèmes forestiers. Les forêts, même celles qui sont résilientes aux perturbations, sont désormais poussées au-delà de leurs limites.
Le saviez-vous ?
- La Terre s'est réchauffée d'environ 1,2°C depuis l'ère préindustrielle.
- Les forêts absorbent environ un tiers des émissions mondiales de CO2.
- La perte de cette capacité pourrait accélérer le réchauffement climatique.
Conséquences à long terme
La capacité des forêts à agir comme un tampon contre le changement climatique diminuera avec le temps. C'est une conclusion majeure de cette recherche. Les forêts sont essentielles pour maintenir l'équilibre climatique. Leur affaiblissement aura des répercussions mondiales.
Il est urgent de prendre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Protéger les forêts existantes et favoriser la reforestation sont des stratégies cruciales. La survie de ces écosystèmes est directement liée à notre capacité à limiter le réchauffement planétaire.





