Des leaders démocrates du Congrès américain ont récemment tiré la sonnette d'alarme concernant l'aggravation de la menace du changement climatique. Ils ont exprimé de vives inquiétudes face à l'absence de délégation officielle américaine au sommet climatique COP30 au Brésil, marquant une première historique. Cette décision est perçue comme un recul du leadership américain sur la scène mondiale, laissant le champ libre à des pays comme la Chine.
Points Clés
- Absence américaine à la COP30 soulève des questions sur le leadership climatique.
- Les coûts économiques et les impacts sur l'assurance habitation sont alarmants.
- L'industrie des combustibles fossiles est désignée comme le principal responsable.
- La tarification du carbone est présentée comme une solution essentielle.
Un Retrait du Leadership Américain
Le sénateur Sheldon Whitehouse (D-RI), le leader démocrate de la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries (NY), et l'ancienne présidente de la Chambre, Nancy Pelosi (D-CA), ont organisé une conférence de presse au Capitole. Leur objectif était de souligner la gravité de la situation climatique.
Ils ont particulièrement critiqué la décision de l'administration de ne pas envoyer de délégation de haut niveau à la Conférence des Parties (COP30) au Brésil. Selon eux, c'est la première fois dans l'histoire de ce sommet que les États-Unis n'envoient pas de représentants officiels, un geste jugé "honteux" par Hakeem Jeffries.
Contexte Historique des COP
Les Conférences des Parties (COP) sont des réunions annuelles où les nations signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) évaluent les progrès et négocient de nouveaux engagements. La première COP s'est tenue en 1995. L'absence des États-Unis à une telle conférence est donc un événement majeur, rompant avec une tradition de participation diplomatique.
Impacts Économiques et Crise de l'Assurance
Les responsables démocrates ont également mis en lumière les conséquences économiques directes du changement climatique. Le sénateur Whitehouse a averti d'un "effondrement mondial de l'assurance climatique" imminent.
Il a cité des rapports de la Réserve fédérale, d'Aon Insurance et de l'économiste en chef de Freddie Mac, qui estiment que le marché immobilier mondial, évalué à 105 billions de dollars, est menacé. Le risque climatique rend les assurances ingérables, ce qui rend les prêts hypothécaires indisponibles et fait chuter la valeur des propriétés.
« C'est une cascade qui pourrait mener à une récession du type de celle de 2008 », a déclaré le sénateur Whitehouse, soulignant que les valeurs immobilières en Louisiane sont déjà en baisse à cause de ce risque.
Hakeem Jeffries a renchéri, notant une "crise de l'assurance habitation" dans de nombreux États. Cette crise rend l'accession à la propriété de plus en plus difficile pour des millions d'Américains, affectant un pilier du "rêve américain".
Faits et Chiffres
- 105 000 milliards de dollars : Valeur estimée du marché immobilier mondial menacé par le risque climatique.
- 2008 : Année de la crise financière citée comme comparaison pour les impacts potentiels sur l'immobilier.
- Les événements météorologiques extrêmes sont directement liés à la hausse des primes d'assurance.
L'Industrie des Combustibles Fossiles au Banc des Accusés
Les orateurs n'ont pas hésité à désigner un "méchant" dans cette histoire : l'industrie des combustibles fossiles. Selon le sénateur Whitehouse, cette industrie a mené une "longue et frauduleuse campagne de déni climatique".
Il a également critiqué l'utilisation de "l'argent noir" en politique par cette industrie pour empêcher toute action climatique significative. L'ancienne présidente Pelosi a quant à elle souligné que le changement climatique est une question de valeurs, de santé, d'économie et de sécurité.
Elle a mentionné l'impact de la sécheresse sur les migrations, notamment dans le Triangle du Nord de l'Amérique centrale. Les déserts qui s'étendent, la montée des niveaux de la mer, les sécheresses et les inondations sont autant de facteurs qui déstabilisent les populations.
Solutions Proposées et Obstacles Politiques
Une des solutions mises en avant est la tarification du carbone. Le sénateur Whitehouse a insisté sur son importance, citant le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'Union européenne comme un exemple à suivre. Il a suggéré que les États-Unis devraient être prêts à faire face à de telles mesures commerciales.
Malgré les progrès réalisés par la loi sur la réduction de l'inflation (IRA), les démocrates estiment que les républicains ont "donné un coup de marteau" à l'économie de l'énergie propre. Cela nuit à la fois à la lutte contre le changement climatique et à la réduction des coûts pour les citoyens.
« Il y a une différence fondamentale entre les démocrates et les républicains sur l'abordabilité, les soins de santé et la corruption », a affirmé Hakeem Jeffries, attribuant l'inaction climatique à un "marché corrompu" entre Donald Trump et les républicains du Congrès.
L'Avenir du Climat et l'Appel à la Vérité
Les leaders démocrates ont appelé à raconter l'histoire du changement climatique "avec honnêteté", en identifiant clairement les responsables. Ils ont souligné que la science est claire sur l'intensité croissante des tempêtes et autres phénomènes météorologiques extrêmes.
L'ancienne présidente Pelosi a insisté sur l'importance de la confiance et de la collaboration pour sensibiliser le public aux liens entre le climat, leurs factures d'énergie et leur vie quotidienne. Elle a rappelé que la protection de la planète est une responsabilité morale et un devoir envers les générations futures.
La question du climat, selon les démocrates, ne devrait pas être reléguée au second plan. Elle est intrinsèquement liée à l'abordabilité de la vie pour les familles américaines, aux coûts des services publics et aux assurances. L'administration actuelle est accusée de démanteler les protections environnementales et de nier la réalité scientifique.
En conclusion, les leaders démocrates ont lancé un appel pressant à l'action. Ils demandent une reconnaissance pleine et entière de la menace climatique, une responsabilisation des industries polluantes et une mise en œuvre de politiques audacieuses pour protéger la planète et l'économie. L'enjeu est de taille, et l'inaction aura des conséquences profondes et durables.





