Les États-Unis exhortent les gouvernements à faire pression sur le Vanuatu pour qu'il retire une proposition de résolution des Nations Unies. Cette résolution soutient une décision historique de la Cour Internationale de Justice (CIJ) affirmant que les pays ont une obligation légale d'agir face au changement climatique.
Un câble du Département d'État américain, révélé récemment, indique que l'administration américaine s'oppose fermement à cette résolution. Celle-ci est actuellement diffusée par la nation insulaire du Pacifique, Vanuatu, en appui à l'avis consultatif rendu l'année dernière par la CIJ, la plus haute juridiction de l'ONU.
Points Clés
- Les États-Unis font pression sur les pays pour qu'ils rejettent la résolution de Vanuatu.
- La résolution soutient la décision de la CIJ sur les obligations climatiques des États.
- L'administration américaine critique la base scientifique des revendications.
- Le Vanuatu et ses alliés défendent une action climatique renforcée.
L'opposition américaine à la résolution
Le câble du Département d'État a été envoyé à toutes les ambassades et consulats américains cette semaine. Cela fait suite à l'annonce par le Vanuatu de sa proposition de résolution à l'ONU. Les États-Unis demandent au Vanuatu de retirer immédiatement ce projet.
« Nous exhortons fortement le Vanuatu à retirer immédiatement son projet de résolution et à cesser de tenter d'utiliser l'avis consultatif de la Cour comme base pour créer un moyen de poursuivre toute revendication erronée d'obligations légales internationales, » déclare le câble.
Cette position américaine reflète une volonté de ne pas voir cet avis de la CIJ servir de fondement à de futures actions en justice. L'administration américaine craint que cela n'ouvre la voie à des réclamations basées sur des modèles climatiques qu'elle juge spéculatifs.
Fait Intéressant
La CIJ a examiné des dizaines de milliers de pages de soumissions écrites et deux semaines d'arguments oraux. C'était l'affaire la plus importante de son histoire, avant de rendre son verdict sur l'obligation légale d'agir face à la menace existentielle du changement climatique.
La genèse de l'avis de la CIJ
L'affaire devant la CIJ a débuté après que le Vanuatu a obtenu le soutien de 132 pays à l'Assemblée générale de l'ONU. L'Assemblée générale peut demander des avis à la cour basée à La Haye. Cet avis consultatif a été salué par de nombreux États comme un pas crucial pour le droit international de l'environnement.
L'avis de la CIJ, rendu l'année dernière, a établi que les États ont une obligation légale d'agir contre le changement climatique. Cette décision a été perçue comme un renforcement significatif du cadre juridique international pour l'action climatique. Pour des nations insulaires comme le Vanuatu, particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique, cette décision est d'une importance capitale.
Contexte Politique
L'administration Trump, qui a cherché à annuler les actions américaines sur le changement climatique, tant au niveau national qu'à l'ONU, s'est retirée de plusieurs organismes climatiques des Nations Unies, y compris la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
Les arguments des opposants et des défenseurs
Le câble américain soutient que la résolution du Vanuatu est basée sur des «modèles climatiques spéculatifs pour fabriquer de prétendues obligations légales qui cherchent à attribuer la faute et à encourager des revendications sans fondement». Cette rhétorique n'est pas nouvelle et s'aligne sur la position de l'administration américaine vis-à-vis des sciences du climat.
En revanche, Louis Charbonneau, directeur de Human Rights Watch à l'ONU, a appelé à soutenir la résolution du Vanuatu. Il a souligné que les gouvernements devraient «respecter leur obligation» de protéger les droits humains en protégeant l'environnement.
« Les gouvernements responsables ne devraient pas se laisser intimider par ceux qui rejettent le consensus scientifique mondial et continuent de soutenir la dépendance aux combustibles fossiles nocifs, » a-t-il affirmé.
Ce débat met en lumière une fracture idéologique profonde concernant la responsabilité et les obligations légales en matière de climat. D'un côté, il y a la volonté de limiter la portée des décisions judiciaires internationales. De l'autre, il y a l'urgence perçue par de nombreux États et organisations non gouvernementales d'agir plus fermement.
Soutien international à la résolution
L'ambassadeur du Vanuatu à l'ONU, Odo Tevi, a précisé que son pays souhaitait un vote sur la résolution d'ici la fin du mois de mars. Il a insisté sur le fait que cette résolution garantirait que la clarté de la décision de la CIJ «renforce l'action climatique mondiale et la coopération multilatérale».
De nombreux pays ont déjà apporté leur soutien à la proposition de résolution. Parmi eux figurent la Barbade, le Burkina Faso, la Colombie, la Jamaïque, le Kenya, les Îles Marshall, la Micronésie, les Pays-Bas, les Palaos, les Philippines, Singapour et la Sierra Leone. Ces nations sont souvent en première ligne face aux conséquences du changement climatique, notamment des tempêtes de plus en plus intenses et une élévation du niveau de la mer.
- Barbade
- Burkina Faso
- Colombie
- Jamaïque
- Kenya
- Îles Marshall
- Micronésie
- Pays-Bas
- Palaos
- Philippines
- Singapour
- Sierra Leone
Ces pays, souvent des petites nations insulaires ou des États en développement, subissent déjà de plein fouet les effets du dérèglement climatique. Leur soutien à la résolution du Vanuatu est un témoignage de l'urgence de la situation et de leur désir de voir des actions concrètes et juridiquement contraignantes.
L'impact de la politique américaine sur le climat
L'administration américaine a une approche contestée de la politique climatique. L'ancien président américain, qui a promis de «forer, bébé, forer» pour le pétrole s'il était élu pour un second mandat, a retiré les États-Unis de plusieurs organismes climatiques de l'ONU. Cela inclut l'organisme principal du traité sur le changement climatique, la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
De plus, des menaces ont été proférées d'imposer des sanctions aux diplomates qui ont voté en faveur d'une taxe sur les carburants de transport maritime polluants à l'Organisation Maritime Internationale (OMI). Cette position ferme des États-Unis contraste fortement avec les efforts de nombreuses nations pour renforcer la coopération internationale et les cadres juridiques face à la crise climatique.
La pression exercée par les États-Unis sur le Vanuatu et les autres nations soulève des questions importantes sur l'avenir de la gouvernance climatique mondiale. La capacité des petites nations à faire valoir leurs droits face aux grandes puissances est un enjeu majeur dans ce débat.
Le vote sur la résolution du Vanuatu, attendu avant la fin du mois de mars, sera un indicateur clé de la dynamique actuelle des relations internationales et de l'engagement des États envers l'action climatique, malgré les pressions politiques.





