L'Inde, troisième plus grand émetteur de polluants au monde, a organisé cette semaine sa première grande conférence nationale sur le climat à Mumbai. Cet événement a réuni des investisseurs, des décideurs politiques et des dirigeants d'entreprise pour discuter des engagements écologiques du pays. L'ancienne secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a exhorté l'Inde à intensifier ses efforts en matière de lutte contre le changement climatique, soulignant l'urgence de la situation.
Points Clés
- L'Inde a tenu sa première conférence nationale sur le climat à Mumbai.
- Hillary Clinton a appelé l'Inde à diriger l'action climatique mondiale.
- Le pays est le troisième plus grand pollueur de la planète.
- Malgré les avancées, des défis importants subsistent, notamment la dépendance au charbon.
- Un coût estimé à 21 000 milliards de dollars est nécessaire pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2070.
Un appel à l'action immédiate
Hillary Clinton a insisté sur l'importance pour l'Inde de prendre les devants dans la lutte mondiale contre le changement climatique. Elle a déclaré qu'il n'était plus possible d'attendre. Clinton a souligné que l'innovation et la création de modèles devaient se faire en Inde, sans attendre de changements politiques aux États-Unis.
L'ancienne secrétaire d'État a toujours soutenu les initiatives environnementales en Inde. Elle a notamment appuyé un fonds de 50 millions de dollars dédié à l'atténuation des impacts climatiques dans le pays. Son discours à Mumbai a mis en lumière le rôle crucial de l'Inde dans les efforts du Sud global pour faire face au réchauffement climatique.
« La première ligne de la lutte contre le changement climatique mondial se trouve ici, dans le Sud global, et j'ai pleine confiance que l'Inde peut être l'innovateur, le réalisateur », a affirmé Hillary Clinton lors du forum.
Le potentiel de leadership de l'Inde
L'adoption rapide des énergies renouvelables par l'Inde témoigne de son potentiel de leadership vert. Subrahmanyam Pulipaka, PDG de la National Solar Energy Federation of India, a exprimé son optimisme. Il estime que le moment est propice pour l'Inde de s'affirmer sur la scène mondiale.
Fait intéressant
L'Inde est le troisième plus grand pollueur du monde. Ses émissions continuent d'augmenter fortement en raison de l'expansion démographique et de la demande énergétique croissante.
La conférence de Mumbai a attiré environ 2 000 délégués. Parmi eux figuraient des personnalités comme l'acteur Dia Mirza et l'icône du cricket Sachin Tendulkar. Cette participation montre un intérêt croissant pour les questions climatiques au sein de la société indienne.
Les défis persistants et les opportunités d'investissement
Malgré l'enthousiasme généré par la conférence, l'engagement de l'Inde à accélérer l'action climatique reste incertain. Le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a manqué la date limite de 2025 pour soumettre de nouveaux plans de réduction des émissions aux Nations Unies. Une stratégie révisée n'a pas encore été publiée.
Le charbon représente près des trois quarts de la production d'électricité en Inde. Le gouvernement envisage des propositions pour continuer à construire de nouvelles centrales jusqu'en 2047. Ce plan pourrait compromettre l'objectif de Modi d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2070.
Impact sur la santé publique et l'économie
Les discussions de la conférence ont également abordé les préoccupations urgentes concernant l'impact de la pollution atmosphérique sur la santé publique. Les effets de la chaleur extrême sur la main-d'œuvre extérieure de l'Inde ont aussi été un sujet majeur. Ces problèmes ont des conséquences directes sur la vie quotidienne des citoyens.
Contexte
Les nations riches doivent atteindre la neutralité carbone et contribuer financièrement aux efforts climatiques, selon l'Inde. C'est une position claire exprimée par le pays sur la scène internationale.
Les gestionnaires d'actifs et les prêteurs ont signalé d'autres préoccupations. Le manque de clarté politique a découragé les investissements dans les technologies vertes par le passé. Il reste encore beaucoup à faire pour localiser les chaînes d'approvisionnement, développer les marchés du carbone et équilibrer le réseau indien dominé par le charbon en faveur de carburants plus propres.
Le coût de la transition énergétique
Woochong Um, PDG de The Global Energy Alliance for People and Planet, a souligné que le stockage par batterie moins cher et de meilleure qualité rend possible le remplacement des combustibles fossiles par les énergies renouvelables. Le défi réside principalement dans les aspects réglementaires et les « parties molles » de la transition.
Coût de la transition
Un projet de plan gouvernemental estime à 21 000 milliards de dollars le coût d'investissement nécessaire pour que l'Inde atteigne la neutralité carbone d'ici 2070.
Lawrence Yanovitch, PDG du One Planet Sovereign Wealth Funds, a qualifié l'Inde d'« écosystème puissant et attrayant » pour les investissements. Cela montre le potentiel économique de la transition énergétique du pays.
Un projet américain de centrale à gaz suscite des inquiétudes
Pendant ce temps, aux États-Unis, une proposition du président Donald Trump pour une gigantesque centrale électrique au gaz en Ohio pourrait devenir l'une des plus grandes sources d'émissions de dioxyde de carbone du pays. Ce projet, d'une valeur potentielle de 33 milliards de dollars, serait mené par SoftBank Group Corp.
La centrale est envisagée avec une capacité de 9,2 gigawatts. Elle serait la plus grande centrale électrique des États-Unis, capable d'alimenter des millions de foyers. Cependant, elle aurait également un impact climatique significatif.
Selon Helen Kou, responsable de l'analyse de l'énergie aux États-Unis chez BNEF, la nouvelle centrale émettrait environ 19,4 millions de tonnes métriques de dioxyde de carbone par an. Une estimation distincte du Rhodium Group indique 16,2 millions de tonnes annuellement. Ces chiffres soulignent le dilemme entre la demande énergétique et les objectifs climatiques.
Assouplissement des réglementations environnementales américaines
Par ailleurs, l'Agence de protection de l'environnement (EPA) a récemment assoupli les réglementations limitant le mercure et d'autres polluants atmosphériques toxiques provenant des centrales électriques. Cette décision s'inscrit dans une série de mesures de l'administration Trump visant à soutenir le secteur du charbon.
Les normes de 2012 sur le mercure et les toxiques atmosphériques (MATS) imposaient aux centrales de réduire les émissions de mercure et d'autres métaux polluants comme l'arsenic et le plomb. Ces substances sont liées aux crises cardiaques, au cancer et aux retards de développement chez les enfants.
L'administration du président Joe Biden avait renforcé cette règle en 2024. L'EPA de Trump annule maintenant ces changements, arguant qu'ils imposaient un fardeau excessif aux centrales au charbon.
« Les réglementations anti-charbon de l'administration Biden-Harris cherchaient à supprimer ce secteur vital de notre économie énergétique », a déclaré Lee Zeldin, administrateur de l'EPA. « L'EPA de Trump sait que nous pouvons développer l'économie, améliorer la puissance de base et protéger la santé humaine et l'environnement en même temps. »
Ces décisions mettent en lumière les divergences profondes dans l'approche des politiques environnementales entre les administrations américaines, avec des répercussions mondiales sur la lutte contre le changement climatique.





