Les entreprises d'État de combustibles fossiles sont responsables d'une part croissante des émissions mondiales de CO2. Une analyse récente révèle que les 10 plus grands émetteurs de gaz à effet de serre en 2024 étaient toutes des entités publiques ou contrôlées par l'État. Cette concentration marque une tendance préoccupante pour l'action climatique.
Points Clés
- Les émissions des 166 plus grands producteurs de carbone continuent d'augmenter, avec une hausse de 0,8 % en 2024 par rapport à 2023.
- Les entreprises d'État dominent de plus en plus l'industrie des combustibles fossiles et les émissions de GES.
- Les 10 premiers émetteurs de GES en 2024 étaient toutes des entreprises publiques ou contrôlées par l'État.
- Seulement 32 producteurs sont responsables de plus de la moitié des émissions de CO2 mondiales issues des combustibles fossiles et du ciment.
- Les pays riches ont une consommation d'électricité élevée, soulignant le lien entre richesse nationale et accès à l'énergie.
- La Norvège mène la course aux ventes de véhicules électriques, grâce à des politiques incitatives.
Une concentration alarmante des émissions
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant des combustibles fossiles et du ciment continuent de croître. Elles proviennent principalement d'un nombre décroissant de producteurs, toujours plus grands. Ces entreprises augmentent leur production et s'opposent souvent aux mesures climatiques.
En 2024, les émissions des 166 plus grands producteurs de carbone ont augmenté de 0,8 % par rapport à l'année précédente. Ce chiffre met en lumière une tendance persistante, malgré les appels à la réduction.
Fait Marquant
Depuis les années 1950, les « Carbon Majors » (les 178 plus grands producteurs) sont responsables de la majorité des émissions. En 2024, leur part s'élevait à 80 % de toutes les émissions mondiales liées aux combustibles fossiles et au ciment.
Les données révèlent que 32 producteurs seulement sont responsables de plus de la moitié des émissions de CO2 mondiales issues des combustibles fossiles et du ciment. Ce nombre a diminué par rapport à plus de 40 producteurs avant 2014, indiquant une consolidation du secteur.
La dominance des entreprises d'État
L'industrie des combustibles fossiles est de plus en plus dominée par des producteurs appartenant à l'État ou contrôlés par celui-ci. En 2024, les 10 premières entreprises émettrices de GES étaient toutes des entités publiques ou contrôlées par l'État.
Ces entreprises sont majoritairement basées en Arabie Saoudite, en Chine, en Inde, en Iran et en Russie. Elles jouent un rôle central dans la croissance continue des émissions mondiales.
« Les Carbon Majors s'accrochent à des produits obsolètes et polluants. Ils continuent de tromper le public sur les conséquences urgentes de leurs actions. »
Christiana Figueres
Les cinq principaux producteurs d'État, originaires d'Arabie Saoudite, d'Inde, de Chine, d'Iran et de Russie, ont généré 7,8 % des émissions mondiales de CO2 en 2024. En comparaison, les cinq principaux producteurs privés (ExxonMobil, Chevron, Shell, BP et ConocoPhillips) ont produit 5,5 %.
Contexte Historique
Entre 1854 et 2024, plus d'un tiers des émissions de CO2 de tous les producteurs de combustibles fossiles et de ciment provenaient de 22 entités. Les producteurs d'État, notamment l'Union soviétique/Russie, la Chine et l'Arabie saoudite, sont les plus grands contributeurs depuis les années 1970.
Richesse nationale et consommation d'électricité
Il existe une corrélation directe entre la richesse nationale et la consommation d'électricité. Les pays les plus riches consomment le plus d'électricité. Cela souligne l'importance de développer les capacités de production et de transmission d'électricité pour le développement économique et social des pays à faible et moyen revenu.
L'accès à une électricité fiable et abordable reste un défi majeur dans les pays pauvres. Cette situation affecte particulièrement les populations défavorisées et les communautés rurales. Le développement des énergies renouvelables est crucial pour l'avenir.
La demande croissante d'électricité
Dans les pays développés, la demande d'électricité est restée stable ou a diminué ces dernières années. Cependant, l'essor de l'intelligence artificielle, des centres de données et l'augmentation des ventes de véhicules électriques (VE) ont changé la donne. L'électrification généralisée de la vie industrielle et domestique pousse maintenant la demande à la hausse, même dans les nations riches.
Cette augmentation exerce une pression sur les systèmes de production et de transmission. Les perturbations liées au changement climatique aggravent la situation. Bien que l'accès à l'énergie ne freine pas la croissance économique des pays riches, cela reste une préoccupation majeure pour les pays en développement.
La Norvège en tête des ventes de véhicules électriques
La Norvège est un leader mondial dans l'adoption des véhicules électriques. Le pays a été pionnier et maintient sa position. Les ventes de VE y représentent une part très élevée du marché automobile total.
En 2024, la moyenne mondiale des ventes de VE a atteint 22 %. Ce chiffre est tiré vers le haut par de nombreux pays européens, dont la Norvège. Aux États-Unis et en Australie, les ventes de VE ne représentaient que 10 % du total la même année.
Chiffres Clés des VE en 2024
- Norvège : leader mondial en pourcentage de ventes de VE.
- Chine : 11 millions de ventes de VE sur un total mondial de 17 millions.
- États-Unis : 10 % des ventes de véhicules étaient des VE.
- Australie : 10 % des ventes de véhicules étaient des VE.
Deux politiques sont essentielles pour encourager les ventes de VE : des subventions et des allégements fiscaux pour rendre le prix d'achat compétitif. Il est également crucial de soutenir le déploiement de bornes de recharge. Des objectifs clairs pour que les VE représentent 100 % des ventes semblent aussi avoir un impact positif.
Alimentation et émissions de GES
Pour les amateurs de protéines soucieux du climat, il est préférable de privilégier les protéines végétales. Lorsque la viande est consommée, le poisson et la volaille sont des choix plus écologiques que les mammifères. La consommation de bœuf, d'agneau et de chèvre devrait être limitée, traitée comme un luxe.
La majorité des GES agricoles sont liées au changement d'affectation des terres précédant l'introduction de l'élevage. Cela renforce l'argument en faveur de l'arrêt de la déforestation. Cependant, certains carnivores pourraient justifier leur choix en arguant que les forêts détruites sont une chose du passé et que les émissions actuelles de l'élevage de bœuf et d'agneau sont comparables à celles du soja et des noix.
Options de lait à faible émission
Pour le lait, le soja, l'avoine et les pois sont les meilleures options en termes d'émissions de carbone et de teneur en protéines. Le lait d'amande, bien que populaire, a un impact environnemental élevé en raison de sa consommation d'eau.
Les bénéfices de l'action climatique
Un rapport du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) de 2025, intitulé « Un avenir que nous choisissons », souligne les vastes bénéfices de l'investissement dans des transformations systémiques. Ces transformations concernent les systèmes économiques, financiers, matériels, de gestion des déchets, énergétiques et alimentaires.
Ces investissements pourraient générer 20 000 milliards de dollars supplémentaires de bénéfices économiques par an d'ici 2070. Ils contribueraient à créer un environnement résilient et durable, à réduire la pauvreté et à prévenir les décès prématurés. L'action climatique présente donc des avantages considérables pour la société et l'économie mondiale.





