Une nouvelle analyse révèle que les régions productrices de café subissent un nombre croissant de jours de chaleur extrême, une conséquence directe du changement climatique. Cette situation met en péril les récoltes, la qualité des grains et pourrait entraîner une hausse significative des prix pour les consommateurs du monde entier.
L'étude, menée par le groupe de recherche indépendant Climate Central, met en lumière une tendance inquiétante pour l'une des boissons les plus populaires au monde. Les températures élevées affectent directement la santé des caféiers, réduisant les rendements et menaçant les moyens de subsistance de millions d'agriculteurs.
Points Clés
- Les principales régions caféicoles connaissent en moyenne 47 jours de chaleur supplémentaires par an, nuisibles à la culture du café.
- Les cinq plus grands pays producteurs (Brésil, Vietnam, Colombie, Éthiopie, Indonésie) subissent 57 jours de chaleur extrême de plus.
- Les températures supérieures à 30°C sont particulièrement dommageables pour la variété Arabica, qui représente 60 à 70 % de la production mondiale.
- Cette pression climatique contribue déjà à la volatilité des prix du café sur le marché international.
Une chaleur de plus en plus intense
L'analyse de Climate Central a examiné 25 pays qui, ensemble, assurent la quasi-totalité de la production mondiale de café. Les résultats sont sans équivoque : entre 2021 et 2025, ces pays ont connu en moyenne 47 jours de plus par an où les températures ont dépassé le seuil critique pour la culture du café.
Le phénomène est encore plus prononcé chez les géants du secteur. Le Brésil, le Vietnam, la Colombie, l'Éthiopie et l'Indonésie, qui fournissent à eux seuls 75 % du café mondial, ont enregistré 57 jours supplémentaires de chaleur intense sur la même période. Cette augmentation n'est pas un événement ponctuel, mais une tendance de fond alimentée par le réchauffement climatique.
Le seuil critique de 30°C
Pour les caféiers, une température supérieure à 30 degrés Celsius (86 degrés Fahrenheit) est un point de bascule. Pour la variété Arabica, prisée pour ses arômes délicats, de telles températures sont considérées comme "extrêmement nocives". La variété Robusta, plus résistante, souffre également dans des conditions jugées "sous-optimales", ce qui affecte sa croissance et la qualité des grains.
L'impact sur les variétés de café
Les deux principales variétés de café, l'Arabica et le Robusta, réagissent différemment au stress thermique, mais toutes deux sont affectées. L'Arabica, qui représente entre 60 et 70 % de la production mondiale, est particulièrement vulnérable. Il nécessite des conditions climatiques stables et des températures modérées pour prospérer.
Une exposition prolongée à la chaleur peut entraîner une floraison précoce, une maturation trop rapide des cerises de café et une baisse de la qualité globale. Les rendements diminuent, et les agriculteurs se retrouvent avec une production de moindre valeur.
Bien que le Robusta soit plus tolérant à la chaleur, il n'est pas immunisé. Les températures extrêmes persistantes peuvent également réduire ses rendements et altérer son profil de saveur, traditionnellement plus fort et plus amer.
75% de la production mondiale de café provient de seulement cinq pays : le Brésil, le Vietnam, la Colombie, l'Éthiopie et l'Indonésie. Tous subissent une augmentation significative des jours de chaleur extrême.
Des conséquences économiques en cascade
La menace qui pèse sur les caféiers n'est pas seulement une question agricole ; elle a des répercussions économiques mondiales. La récente flambée des prix du café est, selon les experts, au moins partiellement liée aux conditions météorologiques extrêmes dans les régions productrices.
"Le changement climatique s'attaque à notre café. Presque tous les grands pays producteurs de café connaissent désormais plus de jours de chaleur extrême qui peuvent nuire aux caféiers, réduire les rendements et affecter la qualité."
Kristina Dahl ajoute que ces impacts pourraient se propager des fermes jusqu'aux consommateurs. "Avec le temps, ces impacts pourraient se répercuter des exploitations agricoles aux consommateurs, affectant directement la qualité et le coût de votre tasse quotidienne", a-t-elle déclaré.
Les agriculteurs sont en première ligne. Pour beaucoup, le café est la principale source de revenus. La baisse des rendements et l'incertitude climatique menacent leur stabilité économique et la pérennité de leurs exploitations.
Quel avenir pour notre café du matin ?
Face à cette situation, le secteur du café doit s'adapter. Plusieurs stratégies sont envisagées pour atténuer les effets du changement climatique, notamment :
- Le développement de variétés de café plus résistantes à la chaleur.
- Le déplacement des cultures vers des altitudes plus élevées où les températures sont plus fraîches.
- L'adoption de pratiques agroforestières, où les caféiers sont cultivés à l'ombre d'arbres plus grands, ce qui aide à réguler la température au sol.
Cependant, ces solutions demandent du temps, des investissements importants et ne sont pas toujours applicables partout. Le déplacement des cultures, par exemple, peut entraîner la déforestation dans de nouvelles zones, créant d'autres problèmes environnementaux.
La pression climatique sur la production de café est un indicateur concret des effets du réchauffement de la planète sur notre vie quotidienne. La stabilité de l'approvisionnement en café et son prix abordable dépendront de plus en plus des efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique et soutenir les agriculteurs dans leur transition vers des pratiques plus résilientes.





