Le vortex polaire, une vaste zone de basse pression située au-dessus des pôles terrestres, peut influencer de manière significative les conditions météorologiques hivernales. Des perturbations de ce phénomène sont souvent associées à des vagues de froid arctique, en particulier aux États-Unis. Comprendre son fonctionnement et les facteurs qui le modifient aide à anticiper les hivers rigoureux.
Points Clés
- Le vortex polaire est une zone de basse pression aux pôles.
- Sa perturbation peut entraîner des vagues de froid arctique.
- Les événements de réchauffement stratosphérique soudain (SSW) affaiblissent le vortex.
- El Niño et l'oscillation quasi-biennale (QBO) influencent les SSW.
- Un modèle La Niña faible et une QBO en phase est sont associés à une forte probabilité de SSW.
Qu'est-ce que le vortex polaire ?
Le vortex polaire est un système météorologique complexe. Il s'agit d'une grande masse d'air froid et de basse pression qui tourne au-dessus des régions polaires de la Terre. Il est présent en permanence, mais sa force et sa stabilité varient au cours de l'année.
Ce vortex est particulièrement important en hiver. Il maintient l'air froid confiné près des pôles. Cependant, il peut s'affaiblir ou se diviser. Cela permet alors à l'air arctique de se déplacer vers des latitudes plus basses.
Fait intéressant
Le vortex polaire est étudié à des dizaines de milliers de pieds d'altitude dans la stratosphère. C'est là que les scientifiques observent ses dynamiques et ses interactions avec les couches inférieures de l'atmosphère.
Le rôle du courant-jet polaire
Quand le vortex polaire s'affaiblit, il peut pousser le courant-jet polaire vers le sud. Le courant-jet est un courant d'air rapide et étroit, se déplaçant d'ouest en est dans l'atmosphère. Il agit comme une barrière entre l'air froid du nord et l'air plus chaud du sud.
Un déplacement vers le sud du courant-jet permet à l'air arctique très froid de descendre. C'est ce qui cause les vagues de froid intenses que l'on observe parfois dans des régions comme les États-Unis. Ces événements sont fréquents durant l'hiver.
Les événements de réchauffement stratosphérique soudain
Le vortex polaire peut être perturbé par des phénomènes appelés « événements de réchauffement stratosphérique soudain » (SSW). Un SSW se produit lorsque la stratosphère, une couche de l'atmosphère située entre 10 et 50 kilomètres d'altitude, connaît un réchauffement rapide.
Ce réchauffement peut affaiblir et même diviser le vortex polaire. Les ingrédients nécessaires à un SSW incluent des configurations météorologiques idéales dans la basse atmosphère et des conditions de vent spécifiques dans la stratosphère. Ces facteurs sont difficiles à prévoir plus de 7 à 10 jours à l'avance.
« La compréhension des SSW est essentielle pour anticiper les périodes de froid intense, même si les prévisions à long terme restent un défi », explique un climatologue.
Influence des modèles océaniques et climatiques
Bien que les SSW soient difficiles à prévoir à court terme, certains modèles océaniques et climatiques peuvent influencer leur occurrence sur des mois. Deux facteurs principaux sont l'oscillation australe El Niño (ENSO) et l'oscillation quasi-biennale (QBO).
L'oscillation australe El Niño (ENSO)
L'ENSO est un phénomène climatique qui implique des changements périodiques de la température des eaux de surface dans l'océan Pacifique tropical central et oriental. Il existe trois phases : El Niño, La Niña et la phase neutre. Chaque phase a des implications différentes sur les modèles météorologiques mondiaux.
L'oscillation quasi-biennale (QBO)
La QBO est un phénomène qui décrit l'alternance de la direction des vents dans la stratosphère équatoriale. Ces vents peuvent souffler d'ouest en est (phase ouest) ou d'est en ouest (phase est). La QBO influence la stabilité du vortex polaire.
Contexte climatique actuel
Cet hiver, nous observons un schéma La Niña faible et une QBO en phase est. Ces conditions sont importantes pour les prévisions météorologiques saisonnières.
Prévisions hivernales : le rôle combiné d'ENSO et QBO
Les données historiques montrent une corrélation entre les phases d'ENSO et de QBO et la probabilité de SSW. Une analyse des données de 1958 à 2024 révèle des tendances significatives.
- Statistiquement, 92% des années présentant un schéma La Niña faible et une QBO en phase est ont été associées à des événements de réchauffement stratosphérique soudain.
- En revanche, une configuration La Niña avec une QBO en phase ouest offre la plus faible probabilité de SSW.
Ces statistiques suggèrent une forte probabilité de perturbations du vortex polaire cet hiver. Cela pourrait entraîner des vagues de froid arctique. Il est crucial de noter que le vortex polaire n'est pas la seule cause des températures froides extrêmes. D'autres facteurs météorologiques régionaux peuvent également contribuer aux baisses de température.
Impact potentiel pour l'hiver
Avec une probabilité de 92% de SSW dans les conditions actuelles (La Niña faible et QBO en phase est), il est plausible d'anticiper des épisodes de froid intense. Ces épisodes se manifesteraient par des descentes d'air arctique vers des régions habituellement plus tempérées.
Les populations doivent se préparer à des hivers potentiellement plus froids que la moyenne. Cela inclut des mesures de précaution pour le chauffage, les transports et la santé publique. La vigilance reste de mise, car la météo locale peut toujours présenter des variations importantes.
À retenir
Les prévisions à long terme concernant les SSW sont basées sur des probabilités. Elles ne garantissent pas un événement spécifique, mais indiquent une tendance générale. La surveillance continue des conditions atmosphériques est primordiale.





