La Fondation Nationale pour la Science (NSF) a annoncé le transfert de la gestion du supercalculateur « Derecho », essentiel pour la recherche climatique et météorologique, à un opérateur tiers non identifié. Cette décision, qui prend effet prochainement, suscite l'inquiétude au sein de la communauté scientifique.
Points Clés
- Le supercalculateur Derecho, géré par le NCAR, sera transféré à un tiers.
- Plus de 4 000 scientifiques dépendent de cette machine pour leurs recherches.
- L'identité du nouvel opérateur et le calendrier restent inconnus.
- Des inquiétudes grandissent quant à la continuité des opérations et l'accès des chercheurs.
Un changement majeur pour la recherche climatique
Le supercalculateur Derecho est une ressource cruciale pour des milliers de chercheurs aux États-Unis. Il permet de modéliser des phénomènes complexes, allant des ouragans aux incendies de forêt, en passant par la pollution atmosphérique et les tempêtes solaires.
L'annonce de la NSF, faite publiquement, indique que la supervision de cette infrastructure passera d'un laboratoire de recherche de premier plan à une entité externe. Les détails concernant ce nouvel opérateur, ainsi que le calendrier précis de la transition, n'ont pas été communiqués.
Le National Center for Atmospheric Research (NCAR), basé à Boulder, Colorado, gère l'installation de Cheyenne, Wyoming, où se trouve le supercalculateur, depuis son ouverture en 2012. Le NCAR emploie 835 scientifiques et ingénieurs.
Chiffres Clés
- 4 000 : Nombre de scientifiques utilisant Derecho.
- 19,87 quadrillions : Calculs par seconde (capacité théorique).
- 328 : Unités de traitement graphique (GPU) Nvidia utilisées.
Inquiétude palpable chez les scientifiques
La nouvelle a pris de nombreux scientifiques par surprise. L'incertitude plane sur la capacité à poursuivre leurs travaux sans interruption.
« Si nous pouvons utiliser les ordinateurs comme avant, nous pourrons continuer nos activités », a déclaré Ramalingam Saravanan, professeur de sciences atmosphériques à l'Université Texas A&M. « Mais il y a un contexte plus large : ils démantèlent d'autres parties du NCAR, et cela semble lié. »
Il a également souligné la synergie existante entre les différentes composantes de l'institution. Une perte de cette synergie pourrait nuire à la qualité de la recherche.
Marc Alessi, chercheur en sciences climatiques à l'Union des Scientifiques Préoccupés, a exprimé une vive préoccupation. « Les chercheurs comme moi sont un peu paniqués à cause de cette incertitude », a-t-il affirmé. « Tous les météorologues et climatologues ont utilisé ce supercalculateur, mais maintenant, il n'y a pas de directives claires sur son futur ou sur la possibilité pour les scientifiques de continuer à l'utiliser. »
Le rôle vital du supercalculateur Derecho
Le supercalculateur, nommé Derecho en référence à un type de tempête de vent rapide et puissant, est une merveille technologique. Sa puissance de calcul est équivalente à celle de chaque personne sur Terre résolvant un calcul par seconde pendant un mois.
Cette capacité permet aux scientifiques d'analyser des millions de données. Ils peuvent ainsi identifier des tendances cruciales pour les alertes et la préparation aux urgences. Ces analyses sont aussi fondamentales pour la science de base.
Contexte du NCAR
Fondé en 1960, le National Center for Atmospheric Research a joué un rôle essentiel dans la compréhension du temps et du climat. Ses avions de recherche et ses modèles informatiques sophistiqués de l'atmosphère et des océans terrestres sont largement utilisés pour les prévisions météorologiques et les avertissements de catastrophes aux États-Unis.
Un contexte politique tendu
Cette décision s'inscrit dans un contexte politique tendu. Le sénateur du Colorado, John Hickenlooper, a dénoncé des coupes budgétaires ciblées contre son État et la science.
« L'administration a attaqué à la fois la science et l'État du Colorado par des coupes budgétaires très spécifiques », a déclaré M. Hickenlooper. « Cela place le NCAR directement dans la ligne de mire. »
En décembre, des responsables de la Maison Blanche avaient déjà annoncé leur intention de démanteler le National Center for Atmospheric Research. Russell Vought, directeur du Bureau de la gestion et du budget, avait qualifié le centre de « l'une des plus grandes sources d'alarmisme climatique dans le pays ».
Il avait ajouté que le gouvernement fédéral allait « démanteler » l'institution. M. Vought avait précisé qu'un « examen complet était en cours » et que « toutes les activités vitales, telles que la recherche météorologique, seraient transférées vers une autre entité ou un autre lieu. »
Conséquences potentielles
Le transfert de la gestion du supercalculateur pourrait avoir des répercussions significatives. La continuité des opérations est une préoccupation majeure. Les scientifiques craignent que l'accès aux ressources ne soit compromis ou retardé.
La recherche sur le climat et la météorologie est essentielle pour la sécurité publique et la préparation aux catastrophes. Toute perturbation pourrait affaiblir la capacité du pays à anticiper et à réagir aux événements météorologiques extrêmes.
La Fondation Nationale pour la Science a déclaré travailler avec toutes les parties. Elle veut assurer la continuité des opérations et promet de partager des informations supplémentaires dès qu'elles seront disponibles. Cependant, le porte-parole du National Center for Atmospheric Research a refusé de commenter la situation.
La communauté scientifique attend avec impatience des éclaircissements sur l'identité du nouvel opérateur et les modalités de cette transition. L'avenir de la recherche climatique aux États-Unis pourrait en dépendre.





