Des milliers de manifestants ont convergé vers Belém, au Brésil, pour la COP30, le 15 novembre 2025, exigeant des actions concrètes des dirigeants mondiaux face à la crise climatique. Cette mobilisation, marquée par des costumes symboliques et des tambours, a souligné la frustration croissante face à l'inaction.
Points Clés
- Des milliers de manifestants ont marché à Belém, près du site de la COP30.
- Les militants ont exprimé leur frustration face à l'inaction climatique mondiale.
- Le rapport sur l'état du climat mondial 2024 a confirmé des records de températures et d'émissions.
- Les États-Unis ont choisi de ne pas participer officiellement aux discussions.
- Les espoirs se concentrent sur le financement climatique pour les nations pauvres.
Une Mobilisation Sans Précédent pour le Climat
Le 15 novembre, Belém a été le théâtre d'une des plus grandes marches climatiques de ces dernières années. Des milliers de personnes ont défilé sur une distance d'environ 4 kilomètres, se rapprochant du lieu principal des négociations de la COP30. Cette démonstration de force a mis en lumière la diversité des mouvements sociaux et environnementaux unis par un même objectif : la justice climatique.
Certains manifestants portaient des robes noires, symbolisant un deuil pour les combustibles fossiles. D'autres arboraient des chemises rouges, représentant le sang des défenseurs de l'environnement. Les chants et les pancartes ont résonné dans les rues, portés par des organisateurs équipés de systèmes de sonorisation puissants.
Fait Marquant
En 2024, les températures mondiales, les émissions de gaz à effet de serre et les niveaux de la mer ont tous atteint des sommets historiques, selon le rapport sur l'état du climat mondial.
Les Voix des Communautés Autochtones et Locales
Marisol Garcia, une femme Kichwa du Pérou, a ouvert la marche à la tête de son groupe. Elle a insisté sur la nécessité pour les dirigeants mondiaux de prendre des « décisions plus humanisées ». Les communautés autochtones, souvent en première ligne des impacts du changement climatique, ont joué un rôle central dans la mobilisation.
Un groupe autochtone a même bloqué une entrée du sommet de la COP30 le 14 novembre, soulignant la détermination des peuples indigènes à faire entendre leurs revendications. Ces actions visent à rappeler aux négociateurs l'urgence de protéger leurs terres et leurs modes de vie.
« Le fleuve est pour le peuple », pouvait-on lire sur les pancartes d'un groupe luttant pour le fleuve Tapajós, menacé par des projets de développement commercial.
La Jeunesse en Première Ligne
Ana Heloisa Alves, une jeune leader de 27 ans, a qualifié cette marche de la plus grande à laquelle elle ait participé. « C'est incroyable », a-t-elle déclaré. « On ne peut pas ignorer toutes ces personnes. » Son engagement reflète la frustration et la détermination de la jeune génération face à l'urgence climatique.
Contexte des Négociations
Les discussions de la COP30 incluent des points cruciaux comme la mise en œuvre de l'aide financière annuelle de 300 milliards de dollars que les pays riches ont promis aux nations pauvres. Ce fonds vise à les aider à abandonner les combustibles fossiles, à s'adapter à un monde plus chaud et à compenser les dommages causés par les phénomènes météorologiques extrêmes.
L'Absence Notée des États-Unis et la Critique Internationale
L'administration américaine a choisi de ne pas envoyer de délégation officielle à la COP30. Cette décision a suscité de vives critiques. Le président américain a déjà qualifié le changement climatique d'escroquerie, et c'est la deuxième fois que son administration se retire de l'Accord de Paris, pourtant célébré comme une réussite partielle à Belém.
Todd Stern, ancien envoyé spécial des États-Unis pour le climat, a estimé que l'absence américaine était préférable à une participation non constructive. Cependant, deux gouverneurs américains, Gavin Newsom de Californie et Michelle Lujan Grisham du Nouveau-Mexique, étaient présents pour représenter les efforts de leurs États en matière de réduction des émissions.
Le gouverneur Newsom a critiqué la décision de l'administration, affirmant que le Brésil est un pays avec lequel les États-Unis « devraient s'engager, et non pas le frapper de tarifs douaniers de 50 % ».
Un Message Fort Contre l'Impérialisme
Un manifestant, Flavio Pinto, originaire de l'État du Pará, a ciblé directement les États-Unis. Vêtu d'un costume marron et d'un chapeau haut de forme aux couleurs du drapeau américain, il s'est éventé avec de faux billets de cent dollars à l'effigie du président américain. Sa pancarte proclamait : « L'impérialisme produit des guerres et des crises environnementales. »
La Lutte pour les Moyens de Subsistance et la Culture
Vitoria Balbina, coordinatrice régionale du Mouvement Inter-États des Briseuses de Coco de Babaçu, a défilé avec un groupe de femmes portant des chapeaux en feuilles de palmier Babaçu. Elles réclament un meilleur accès à ces arbres sur les propriétés privées, essentiels non seulement pour leur subsistance mais aussi pour leur profonde signification culturelle.
Pour ces femmes, la marche représente plus qu'une simple lutte environnementale. Il s'agit de défendre « un mode de vie », une connexion profonde avec la terre et ses ressources. Le cortège, un « océan de drapeaux rouges, blancs et verts », a été observé par des foules d'habitants, certains filmant la scène avec leurs téléphones portables.
Les négociations de la COP30 doivent se poursuivre jusqu'à la fin de la semaine. Bien que les analystes n'attendent pas d'accords majeurs, l'espoir demeure quant à des progrès sur des engagements antérieurs, notamment le financement pour aider les pays pauvres à s'adapter au changement climatique.





