Un groupe d'organisations philanthropiques a annoncé un investissement de 300 millions de dollars pour la recherche en santé liée au climat. Cette initiative survient alors que plus d'un demi-million de personnes décèdent chaque année de causes liées à la chaleur extrême. L'annonce a eu lieu lors des négociations climatiques de la COP30 au Brésil, soulignant l'urgence croissante face aux impacts du réchauffement planétaire.
Points Clés
- 300 millions de dollars dédiés à la recherche en santé climatique par des philanthropies.
- Plus de 500 000 décès annuels attribués à la chaleur extrême.
- Le Brésil lance le Plan d'Action pour la Santé de Belém.
- Les populations vulnérables sont les plus touchées.
Un investissement crucial face à la crise sanitaire
Cet investissement de 300 millions de dollars vise à développer des solutions vitales. Il s'agit de collecter des données et d'identifier les meilleurs investissements pour contrer les risques croissants liés à la chaleur extrême, à la pollution de l'air et aux maladies infectieuses. Le financement provient d'une coalition de fondations, dont la Fondation Rockefeller, la Fondation Gates, Bloomberg Philanthropies et la Fondation IKEA.
Estelle Willie, directrice des politiques de santé à la Fondation Rockefeller, a souligné l'importance de cette approche. Elle a déclaré :
« Nous sommes une organisation philanthropique. Nous ne pouvons pas nous contenter de colmater les brèches et de réanimer un modèle de développement moribond. »Elle a ajouté que l'objectif est de tester et de valider de nouvelles solutions grâce à ce capital philanthropique.
Chiffres alarmants
- Près de 550 000 décès annuels liés à la chaleur, aggravés par le changement climatique.
- Environ 150 000 décès annuels attribuables à la pollution de l'air.
- Les cas de dengue ont augmenté de 49% depuis les années 1950.
Le Plan d'Action pour la Santé de Belém
Parallèlement à cet engagement financier, le Brésil, pays hôte de la COP30, a inauguré le Plan d'Action pour la Santé de Belém. Cette initiative encourage les nations à surveiller et à coordonner leurs politiques de santé liées au climat à travers leurs différents ministères et départements. Le plan fait partie d'une stratégie brésilienne plus large visant à renforcer la capacité des pays à anticiper et à s'adapter aux impacts climatiques croissants. Ces impacts incluent les inondations, les incendies, les sécheresses, les tempêtes et les ouragans.
Contexte de la COP30
La COP30, Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, se tient au Brésil. Elle rassemble des dirigeants mondiaux, des experts et des activistes pour discuter des actions nécessaires face au changement climatique. Les discussions portent sur la réduction des émissions, l'adaptation aux impacts et le financement des initiatives climatiques.
L'aggravation des indicateurs de santé mondiaux
Les experts avertissent que le changement climatique dégrade les indicateurs de santé à l'échelle mondiale. Selon une étude de 2023 publiée dans la revue PLOS, les fonds publics consacrés à la recherche sur les impacts sanitaires liés au climat s'élèvent déjà à 1 à 2 milliards de dollars. Cependant, les besoins sont bien plus importants.
Estelle Willie a souligné l'ampleur du problème :
« Les progrès en matière de santé sont en déclin. Nous avons obtenu des victoires durement gagnées en matière de santé grâce à la technologie et au système de santé mondial. Mais le changement climatique aggrave littéralement chaque problème de santé mondial en ce moment. »
Impacts directs et indirects
Un rapport d'octobre publié dans la revue scientifique The Lancet estime à près de 550 000 le nombre annuel de décès liés à la chaleur, exacerbés par le changement climatique. La pollution de l'air, souvent due à la combustion de combustibles fossiles et à l'aggravation des feux de forêt, est liée à 150 000 décès supplémentaires chaque année. Certaines maladies infectieuses sont également en augmentation. Les cas de dengue ont par exemple augmenté de 49% depuis les années 1950.
Les agences des Nations unies ont estimé en août qu'environ la moitié de la population mondiale, soit plus de 3,3 milliards de personnes, souffre déjà de l'augmentation de la chaleur. Ce chiffre met en lumière l'urgence de la situation et la nécessité d'actions concertées.
Les populations les plus vulnérables
John-Arne Røttingen, directeur général du Wellcome Trust, une autre fondation participante, a déclaré :
« Les avertissements des scientifiques sur le changement climatique sont devenus réalité. Il est clair que toutes les personnes ne sont pas affectées de la même manière. »
Les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les travailleurs en extérieur font partie des groupes les plus vulnérables. Il faut aussi inclure les communautés disposant de moins de ressources pour réagir. Cette inégalité face aux impacts climatiques accentue les défis existants en matière de santé publique et de développement.
Un appel à l'action collective
La nouvelle Coalition des Fondations pour le Climat et la Santé regroupe des acteurs majeurs de la philanthropie mondiale. Vingt-sept autres organisations philanthropiques se sont jointes à l'initiative, mais n'ont pas encore engagé de fonds. Cet engagement collectif est essentiel pour financer la recherche et développer des stratégies efficaces. L'objectif est de protéger les populations les plus exposées aux conséquences sanitaires du réchauffement climatique.
La collaboration entre les gouvernements, les organisations internationales et le secteur privé est cruciale. Elle permettra de mettre en œuvre des solutions à grande échelle. L'urgence climatique exige une réponse rapide et coordonnée pour atténuer les risques pour la santé humaine.


