Un programme ambitieux de plantation d'arbres en Chine a permis de transformer une partie du désert du Taklamakan en un puits de carbone. Cette initiative, connue sous le nom de "Grande Muraille Verte", réduit les niveaux de CO2 atmosphérique et combat la désertification. Les scientifiques observent des changements significatifs dans l'environnement local.
Points Clés
- Le programme chinois a planté environ 66 milliards d'arbres.
- Le désert du Taklamakan est devenu un puits de carbone.
- La concentration de CO2 a diminué de 3 ppm dans l'air du désert.
- Les précipitations moyennes ont augmenté de plusieurs millimètres.
- Ce succès offre un modèle pour d'autres régions arides.
Un projet colossal contre la désertification
Depuis 1978, la Chine a mis en œuvre le programme de la Ceinture de protection des trois-Nord. L'objectif initial était de freiner l'avancée des sables du désert du Taklamakan. Ce désert est l'un des plus inhospitaliers du monde, isolé de l'humidité par de hautes chaînes de montagnes.
Les agriculteurs et les éleveurs des régions adjacentes subissaient de plein fouet les tempêtes de sable. La menace pesait sur les pâturages et les terres agricoles. Le programme visait à créer une barrière végétale.
Un Chiffre Clé
Environ 66 milliards d'arbres ont été plantés depuis le début du programme en 1978. Ce projet s'est achevé en 2024.
Le désert devient un puits de carbone inattendu
Au-delà de la protection des terres, le projet a eu un effet secondaire bénéfique. Les chercheurs ont découvert que cette immense ceinture d'arbres transforme le désert en un puits de carbone. Cela signifie que la végétation absorbe le dioxyde de carbone de l'atmosphère.
Une étude menée par la NASA et le California Technical Institute (Caltech) a utilisé des données satellitaires. Elle a démontré le potentiel du Taklamakan pour stocker le carbone. C'est une découverte majeure pour la lutte contre l'effet de serre.
Comprendre les Puits de Carbone
Un puits de carbone est tout système qui absorbe plus de carbone qu'il n'en libère. Les forêts et les océans sont des puits de carbone naturels. Transformer des zones arides en puits de carbone pourrait aider à réduire les niveaux de CO2 mondiaux.
Impact mesurable sur l'atmosphère locale
Les résultats de l'étude sont précis. La concentration moyenne de carbone dans l'air du désert a diminué. Elle est passée de 416 parties par million (ppm) à 413 ppm. C'est une réduction de 3 ppm.
À titre de comparaison, le niveau mondial actuel est de 429,3 ppm. Avant l'industrialisation, ce chiffre était d'environ 350 ppm. Toute réduction, même locale, est significative dans le contexte actuel.
« Nous avons trouvé, pour la première fois, que l'intervention humaine peut efficacement améliorer la séquestration du carbone même dans les paysages arides les plus extrêmes, démontrant le potentiel de transformer un désert en un puits de carbone et d'arrêter la désertification. »
Augmentation des précipitations et croissance naturelle
L'augmentation de la verdure a eu un autre effet positif. Les précipitations moyennes ont augmenté de plusieurs millimètres par an. Cette hausse de l'humidité favorise la croissance de la végétation naturelle pendant la saison des pluies.
Plus de végétation signifie plus de photosynthèse. Ce processus naturel absorbe le CO2. Il crée un cercle vertueux, renforçant la capacité de séquestration du carbone de la zone.
- Effet sur le climat local : Augmentation de l'humidité.
- Croissance de la végétation : Favorise la biodiversité.
- Photosynthèse accrue : Plus de CO2 absorbé.
Un modèle pour l'avenir des régions arides
Le succès de la "Grande Muraille Verte" offre un exemple concret. Il montre que des efforts à grande échelle peuvent transformer des paysages désertiques. Ces zones, naturellement pauvres en végétation, ont une faible capacité à absorber le carbone.
L'extension de programmes similaires pourrait ouvrir de vastes zones à la séquestration du carbone. Cela représente une stratégie complémentaire aux autres efforts de réduction des émissions. Le désert du Taklamakan, autrefois surnommé la "mer de la mort", démontre qu'il est possible de reverdir des terres hostiles.
D'autres initiatives autour du globe cherchent à reproduire ce succès. Madrid, par exemple, plante une ceinture forestière pour réduire la chaleur et le CO2. L'Inde a également vu sa couverture forestière augmenter de plus de 200 000 hectares en deux ans grâce à des campagnes de plantation massives. Ces exemples soulignent l'importance des arbres dans la lutte climatique.





