La Pennsylvanie a officiellement retiré son adhésion à une initiative régionale visant à réduire les gaz à effet de serre. Cette décision fait suite à un accord budgétaire entre les principaux législateurs de l'État et le gouverneur Josh Shapiro. Le programme, connu sous le nom de Regional Greenhouse Gas Initiative (RGGI), cherchait à limiter les émissions de carbone des centrales électriques.
L'annonce a été accueillie avec soulagement par les Républicains de l'État. En revanche, les groupes environnementaux ont exprimé leur vive déception. Certains leaders écologistes qualifient ce retrait d'« infamie climatique ».
Points Clés
- La Pennsylvanie se retire de la Regional Greenhouse Gas Initiative (RGGI).
- La décision est le fruit d'un accord budgétaire entre le gouverneur et les législateurs.
- Les Républicains saluent cette décision, tandis que les groupes environnementaux la dénoncent.
- Le RGGI visait à réduire les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques.
Qu'est-ce que le RGGI et pourquoi tant d'opposition ?
Le RGGI est une initiative regroupant dix États du nord-est des États-Unis. Son objectif principal est de réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'ancien gouverneur Tom Wolf avait inscrit la Pennsylvanie au RGGI par un décret exécutif entré en vigueur en 2022. Cependant, cette adhésion n'a jamais été pleinement effective.
Les Républicains ont combattu ce programme avec ferveur. Ils le considéraient comme une menace directe pour l'industrie du gaz naturel de l'État. En conséquence, l'adhésion de la Pennsylvanie au RGGI est restée bloquée devant la Cour Suprême de l'État, suite à une action en justice menée par le parti républicain.
Un programme d'échange de droits d'émission
Dans le cadre du RGGI, les centrales électriques doivent acheter des allocations pour les émissions qu'elles produisent. Ces allocations sont ensuite vendues aux enchères. Les revenus générés par ces enchères sont reversés aux États participants. Par exemple, le New Jersey reçoit jusqu'à 80 millions de dollars par an grâce à ce mécanisme.
Les réactions des groupes environnementaux
Les organisations environnementales savaient depuis plusieurs semaines qu'un accord se profilait. Cet accord impliquait l'abandon du RGGI en échange de l'approbation du budget. L'impasse budgétaire avait débuté le 30 juin, date limite pour son adoption.
« L'accord entre les Démocrates de la Chambre des Représentants, les Républicains du Sénat et le gouverneur Shapiro pour retirer la Pennsylvanie de ce qui est sans doute le programme étatique le plus efficace du pays pour réduire la pollution due au réchauffement climatique restera comme un jour d'infamie climatique dans la politique de la Pennsylvanie », a déclaré David Masur, directeur exécutif de PennEnvironment, un groupe de défense à but non lucratif.
Masur a qualifié cette décision de « réalisation douteuse » pour le gouverneur Shapiro. Il a ajouté que l'abandon du RGGI équivalait à un « recul profond ou de grande portée des protections environnementales ».
Un État clé dans la production d'énergies fossiles
Le RGGI a toujours été plus difficile à vendre en Pennsylvanie que dans d'autres États membres comme le New Jersey ou le Delaware. La Pennsylvanie est le deuxième plus grand producteur de gaz naturel du pays, juste après le Texas. C'est aussi le troisième État producteur de charbon, derrière le Wyoming et la Virginie-Occidentale. Tout programme visant à réduire l'utilisation des combustibles fossiles rencontre donc une forte opposition dans un État où de nombreux emplois dépendent de cette production.
Des enjeux économiques et politiques
La composition politique « purple » de l'État limite la marge de manœuvre du gouverneur Shapiro et des Démocrates. La législature est actuellement divisée : les Démocrates détiennent une majorité d'un siège à la Chambre, tandis que les Républicains ont une majorité de six sièges au Sénat.
Les Républicains du Capitole ont célébré le départ imminent de la Pennsylvanie du RGGI. Le chef de la minorité à la Chambre, Jesse Topper (R., Bedford), a déclaré que le RGGI était la « première question » entravant la croissance économique de l'État.
« Faire partie du RGGI empêchait vraiment le développement énergétique en Pennsylvanie, car nous perdions des emplois au profit de la Virginie-Occidentale et de l'Ohio », a ajouté Topper.
Voix discordantes chez les Démocrates
Certains Démocrates ont critiqué le retrait du RGGI. Malgré cela, ils ont finalement voté en faveur de l'accord global. La sénatrice Carolyn Comitta (D., Chester) a souligné que la Pennsylvanie est déjà responsable de 1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un chiffre supérieur à celui de certains pays. Elle a insisté pour que l'État remplace le RGGI par un autre programme de protection environnementale.
« Nous avions un moyen de résoudre la crise climatique en adhérant et en participant à la Regional Greenhouse Gas Initiative », a-t-elle déclaré. « Je sais que certains de mes collègues n'aiment pas le RGGI, ce qui est probablement un euphémisme », a poursuivi Comitta, « mais on ne peut nier que le RGGI représentait notre meilleure, et à ce stade, seule opportunité de mettre en œuvre un plan qui aborde les émissions de carbone en Pennsylvanie. »
Cette décision marque un tournant pour la politique environnementale de la Pennsylvanie. L'avenir des efforts de réduction des émissions dans l'État reste incertain. Les discussions sur des alternatives potentielles sont désormais plus pertinentes que jamais.





