L'année 2025 s'est révélée être une période charnière pour le climat mondial, marquée par des températures record et une série d'événements météorologiques extrêmes. Parallèlement, la scène politique internationale a montré des signes de résolution inégale face à l'urgence climatique, avec des avancées et des reculs notables.
Points Clés
- 2025 fut l'une des années les plus chaudes jamais enregistrées.
- Les émissions de gaz à effet de serre ont atteint des niveaux inédits.
- Des reculs politiques ont freiné les efforts climatiques mondiaux.
- La fonte des glaciers s'accélère, menaçant des écosystèmes essentiels.
- Les catastrophes naturelles se sont multipliées à travers le monde.
Une Chaleur Sans Précédent et des Émissions en Hausse
L'Organisation Météorologique Mondiale a confirmé que les onze dernières années figurent parmi les plus chaudes jamais enregistrées. L'année 2025 devrait se classer comme la deuxième ou troisième année la plus chaude. Les données du service Copernicus sur le changement climatique indiquent que les trois dernières années ont toutes dépassé l'objectif de 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, fixé par l'Accord de Paris.
Cette augmentation des températures est directement liée aux concentrations de gaz à effet de serre, qui ont atteint un nouveau record en 2025. Ces gaz proviennent principalement des activités humaines, comme la combustion de combustibles fossiles et les changements d'utilisation des terres, notamment la déforestation et l'agriculture industrielle. Ils piègent la chaleur solaire, accélérant ainsi le réchauffement global.
Fait Marquant
Les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint un niveau record en 2025, amplifiant le piégeage de la chaleur et le réchauffement planétaire.
Des Politiques Climatiques Mondiales en Dent de Scie
L'année a débuté avec un changement significatif aux États-Unis, où l'administration a de nouveau retiré le pays de l'Accord de Paris, une promesse de campagne tenue. Lors de l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre, une déclaration a qualifié les énergies renouvelables de « blague » et de « trop chères », décrivant le changement climatique comme la « plus grande imposture jamais perpétrée sur le monde ».
Le gel des approbations d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) a été levé, entraînant une augmentation des ventes américaines. Le GNL, souvent présenté comme une solution de transition, génère en réalité 33 % d'émissions de plus que le charbon, de sa production à son transport. Cette année, l'Amérique a fourni près de la moitié du GNL consommé en Europe.
« Le changement climatique est la plus grande imposture jamais perpétrée sur le monde. »
La Chine et l'Europe face à leurs Défis
Contrairement aux États-Unis, la Chine a montré des signes encourageants. Une analyse a révélé que les émissions de CO2 du pays sont stables ou en baisse depuis 18 mois. Les baisses d'émissions proviennent des transports, de la production d'acier et de ciment. Les centrales électriques à combustibles fossiles chinoises devraient connaître leur première baisse annuelle de production en une décennie, grâce à l'expansion massive des énergies renouvelables.
En Europe, la politique climatique de l'UE a été plus complexe. L'Union a récemment assoupli ses plans visant à interdire la vente de voitures à moteur à combustion interne à partir de 2035. Cela est survenu peu après la ratification d'un objectif juridiquement contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 90 % par rapport aux niveaux de 1990 d'ici 2040. La compatibilité de ces deux décisions reste à prouver.
Contexte Réglementaire
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE, prévu pour le 1er janvier 2026, a fait l'objet de vives discussions et de pressions de la part des industries concernant son application et les exemptions possibles.
La COP30 et la Montée des Coalitions
Le sommet climatique de la COP30, tenu au Brésil en novembre, a été marqué par des tensions et même un incendie partiel dans un pavillon. Malgré un bilan mitigé, il a été salué pour deux aspects. Premièrement, il a offert aux militants climatiques une plateforme plus accessible pour se faire entendre, après des COP précédentes organisées dans des pays autoritaires.
Deuxièmement, en l'absence de progrès faciles sur les objectifs de l'Accord de Paris, de nouvelles coalitions entre pays plus engagés ont commencé à émerger. Cela pourrait marquer un tournant, délaissant le statu quo pour des approches plus collaboratives face à l'inaction de certains États.
Cependant, le Climate Action Tracker a jugé la COP30 « décevante », signalant « peu ou pas de progrès mesurables dans les projections de réchauffement – pour la quatrième année consécutive ». Les calculs actuels prévoient un réchauffement de 2,6 degrés Celsius au-dessus des moyennes préindustrielles d'ici 2100, avec une poursuite du réchauffement au-delà de ce siècle.
La Nature en Mutation Accélérée
Dans les régions les plus reculées de la planète, les changements s'accélèrent, suscitant des craintes que des points de basculement irréversibles ne soient franchis. La fonte des glaces, la montée des mers et les températures terrestres extrêmes sont devenues des réalités quotidiennes.
La Disparition des Glaciers
Une étude de l'ETH Zurich publiée en 2025 a mis en évidence une période de « pic d'extinction des glaciers ». Des régions comme les Alpes, les Rocheuses, le Caucase et les Andes sont vouées à changer de façon permanente. Le Venezuela a déjà perdu ses derniers glaciers cette année. D'ici 2100, l'Europe centrale ne conserverait que 3 % de son nombre actuel de glaciers si les tendances actuelles de réchauffement se maintiennent. Ces changements ont des implications profondes pour le tourisme, l'hydroélectricité et les communautés agricoles qui dépendent de l'eau de fonte en été.
Le danger d'effondrement des glaciers a été tragiquement illustré en mai, lorsque le village suisse de Blatten a été dévasté par un torrent de glace, de boue et de roches.
- Alps: Réduction significative
- Rocheuses: Changements irréversibles
- Caucase: Menacé de disparition
- Andes: Diminution rapide
Les Océans et la Montée des Eaux
Une étude de juin 2025 a simulé l'effondrement de la circulation méridienne de retournement de l'Atlantique (AMOC), le « tapis roulant » de chaleur qui maintient l'Europe du Nord tempérée et humide. Bien qu'aucun calendrier ne soit défini, la modélisation est alarmante. Un scénario d'émissions modérées avec un ralentissement rapide des courants océaniques pourrait entraîner la formation de glace marine jusqu'en Écosse et des températures hivernales à Londres atteignant -20 °C. L'Europe du Nord serait la seule région à se refroidir au lieu de se réchauffer.
En Antarctique, des chercheurs ont observé une déstabilisation des plateformes de glace. Une équipe a mené la première étude de la « ligne d'échouage » sous la plateforme de glace de Dotson, où le glacier flotte sur la mer. Ils ont découvert que l'eau profonde dans la cavité était « étonnamment chaude », et cherchent à en comprendre la cause.
Au Groenland, la fonte des glaces a commencé mi-mai 2025 et s'est poursuivie jusqu'en septembre, 12 jours plus tôt que la moyenne. La région a perdu 105 milliards de tonnes de glace durant la saison 2024-2025, contribuant à l'accélération constante de l'élévation du niveau de la mer. En 2024, le niveau de la mer a augmenté de 5,9 millimètres, la moyenne 2014-2023 étant de 4,7 millimètres par an. Les communautés côtières, même aux États-Unis, réclament des mesures urgentes.
Catastrophes Naturelles Amplifiées
L'année 2025 a été marquée par une longue liste de catastrophes naturelles amplifiées par le changement climatique. Le Mexique et le Sri Lanka ont subi des inondations et des glissements de terrain. Des pluies exceptionnelles en Indonésie et en Malaisie ont causé des centaines de morts et des centaines de milliers de déplacés. Cuba et la Jamaïque ont été frappées par l'ouragan Melissa.
Cinq années de sécheresse ont transformé le Croissant fertile en une région aride. L'Iran, l'Irak et la Syrie font face à des pénuries d'eau sévères. Une analyse rapide a révélé qu'une sécheresse d'un an, autrefois attendue tous les 50 à 100 ans dans un climat plus frais, est désormais prévue tous les 10 ans.
En Europe, les émissions dues aux feux de forêt ont atteint des records cet été, selon le service de surveillance de l'atmosphère Copernicus. Près de 13 gigatonnes de CO2 ont été libérées, et la pollution de l'air aux PM2,5 a dépassé les directives de l'OMS dans de vastes régions d'Espagne et du Portugal.
Les températures ont également atteint de nouveaux sommets mondiaux. La Finlande a connu des températures supérieures à 30°C pendant deux semaines. La Turquie a enregistré un nouveau record national de 50,5°C, tandis que l'Iran et l'Irak ont connu des températures similaires. La Chine a battu des records locaux, et le Japon a connu un été prolongé, avec un nouveau record national de 41,8°C le 5 août 2025.
Perspectives pour 2026
Les prévisions du Met Office du Royaume-Uni pour 2026 suggèrent que l'année sera l'une des quatre plus chaudes jamais enregistrées. Le professeur Adam Scaife, responsable de l'équipe de prévisions mondiales, a déclaré : « Les trois dernières années ont toutes dépassé 1,4 °C, et nous nous attendons à ce que 2026 soit la quatrième année consécutive à le faire. Avant cette accélération, la température mondiale n'avait jamais dépassé 1,3 °C. »
Une conférence internationale sur la « transition juste loin des combustibles fossiles » est prévue en Colombie les 28 et 29 avril 2026, co-organisée avec les Pays-Bas. L'événement, qui se tiendra dans un important port charbonnier, vise à faire avancer les politiques favorables au climat.





