Le Congrès américain s'apprête à rejeter les coupes budgétaires massives proposées pour la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) et les programmes de sciences de la Terre de la NASA. Les législateurs des deux chambres ont montré un soutien bipartite crucial pour ces agences scientifiques, garantissant la poursuite de recherches vitales sur le climat et la météo.
Points clés
- Le Congrès refuse les coupes budgétaires proposées pour la NOAA et la NASA.
- Les programmes de recherche climatique et météorologique sont maintenus.
- Le financement pour le Bureau de la recherche océanique et atmosphérique de la NOAA est rétabli.
- Les missions satellitaires d'observation de la Terre de la NASA sont protégées.
- Une augmentation du financement est prévue pour le Service météorologique national.
Un soutien bipartite pour la science climatique
La Chambre des représentants a déjà adopté un projet de loi de financement pour les départements du Commerce, de la Justice et de l'État. Ce texte assure un financement stable pour les programmes scientifiques de la NOAA et de la NASA. Le Sénat devrait suivre cette semaine, confirmant ainsi le rejet des réductions budgétaires initialement envisagées.
Ces coupes auraient été dévastatrices. Elles auraient pu éliminer tous les laboratoires de recherche de la NOAA, y compris ceux qui travaillent à améliorer la précision des prévisions météorologiques. Plusieurs programmes de satellites météorologiques et climatiques auraient également été annulés.
Chiffres Clés
- 6,17 milliards de dollars : Montant de financement alloué à la NOAA, similaire à 2025.
- 634 millions de dollars : Financement approuvé pour le Bureau de la recherche océanique et atmosphérique de la NOAA, contre zéro proposé.
- 1% : Réduction budgétaire des programmes scientifiques de la NASA par rapport à 2025, bien loin des 50% initialement demandés.
Protection des programmes de recherche essentiels
Le projet de loi de dépenses du Congrès protège l'Office of Oceanic and Atmospheric Research (OAR) de la NOAA. Cette branche est cruciale pour la recherche sur le changement climatique, notamment la surveillance des niveaux de gaz à effet de serre dans le monde. Elle gère également un réseau de laboratoires à travers les États-Unis qui mènent des programmes de recherche de pointe sur la météo et le climat.
Les propositions initiales visaient à réduire de près de 50% le budget de la mission scientifique de la NASA. Cela incluait l'annulation de plusieurs satellites d'observation de la Terre, déjà lancés ou prévus, comme l'Orbiting Carbon Observatory-2, qui suit le dioxyde de carbone dans l'atmosphère.
« Il est assez stupéfiant ce qu'ils proposaient. Ne coupez pas ces prévisionnistes. Ne coupez pas ces outils clés qui font partie d'un système d'intervention d'urgence. »
Le Goddard Institute for Space Studies maintenu
Le Congrès a explicitement demandé le maintien du Goddard Institute for Space Studies (GISS) de la NASA. Ce laboratoire est le principal centre de surveillance climatique et de modélisation informatique de l'agence. L'administration avait cherché à l'éliminer et à disperser ses fonctions. Les législateurs ont également demandé à la NASA de trouver un nouveau siège pour le laboratoire, dont le bail à New York avait été annulé l'année dernière.
Ces décisions soulignent l'importance accordée par le Congrès à la recherche scientifique. Elles montrent une volonté de préserver les capacités de prévision météorologique et de surveillance climatique du pays.
Renforcement du Service météorologique national
Le projet de loi prévoit une légère augmentation du financement pour le National Weather Service (NWS). Il exige également de l'administration qu'elle soumette un plan de dotation en personnel à la Commission sénatoriale des crédits. Ceci vise à garantir que la NOAA puisse mener à bien ses missions principales.
Ces mesures répondent aux préoccupations concernant les postes vacants généralisés au sein du NWS et d'autres sections de l'agence. Des licenciements et des départs de personnel ont eu lieu au cours de la dernière année. Des coupes budgétaires antérieures au NWS auraient pu entraver la prévision précise d'une tempête dévastatrice qui a frappé l'Alaska en octobre.
Contexte Politique
Les administrations précédentes ont souvent ciblé la recherche sur le changement climatique pour des réductions budgétaires. Elles ont également annulé des réglementations et mis fin à la participation du pays à des accords climatiques internationaux. Cette tendance contraste avec le soutien bipartite actuel du Congrès pour les agences scientifiques.
La semaine dernière, l'administration a annoncé son retrait de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). C'est le plus ancien accord climatique qui sert de base aux négociations annuelles sur le climat de l'ONU.
Au-delà de la stabilisation : besoin d'investissement
Rick Spinrad, ancien directeur de la NOAA, a salué le rejet des coupes. Cependant, il estime que cela ne suffit pas pour répondre aux besoins croissants en produits météorologiques et climatiques fournis par la NOAA.
« Je suis heureux que le Congrès fasse preuve de bon sens, mais une réelle amélioration des services nécessitera plus qu'une simple stabilisation aux niveaux des investissements passés », a-t-il déclaré.
Il reste à voir comment le Bureau de la gestion et du budget de la Maison Blanche mettra en œuvre les lois d'appropriation du Congrès. L'administration a déjà par le passé ignoré les budgets du Congrès, retenant des fonds alloués aux agences scientifiques. Les projets de loi actuels du Congrès contiennent cependant un langage qui limiterait la marge de manœuvre de la Maison Blanche en matière de dépenses sans approbation législative.




