La saison des ouragans 2025, qui se termine officiellement le 30 novembre, a été marquée par des événements inattendus. Malgré un nombre de tempêtes inférieur aux prévisions, la saison a enregistré trois ouragans de catégorie 5, une intensité rare. Les États-Unis continentaux ont été épargnés par un atterrissage pour la première fois en dix ans, ajoutant une note singulière à cette période météorologique intense.
Points Clés
- Seulement cinq ouragans formés, mais quatre étaient majeurs (catégorie 3 ou plus).
- Trois ouragans ont atteint la catégorie 5, le niveau d'intensité le plus élevé.
- Aucun atterrissage d'ouragan aux États-Unis continentaux, une première en dix ans.
- Températures océaniques "anormalement chaudes" ont alimenté l'intensification rapide des tempêtes.
- Un creux d'activité mystifiant de trois semaines en plein pic saisonnier.
- L'intelligence artificielle de Google DeepMind a montré des capacités de prévision prometteuses.
Une saison de "qualité, pas de quantité"
Les prévisions initiales de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) en mai anticipaient une saison supérieure à la moyenne avec six à dix ouragans, dont au moins trois majeurs. Le scientifique atmosphérique Phil Klotzbach, de l'Université d'État du Colorado, avait émis une prévision similaire.
Cependant, la réalité a déjoué ces attentes. Seulement cinq ouragans se sont formés : Erin, Gabrielle, Humberto, Imelda et Melissa. Mais sur ces cinq, quatre ont atteint le statut d'ouragan majeur. Brian McNoldy, chercheur en ouragans à l'Université de Miami, souligne que c'est le ratio le plus élevé des 50 dernières années.
Plus remarquable encore, trois de ces tempêtes majeures ont atteint la catégorie 5, le niveau d'intensité maximal. Ces tempêtes, bien que moins nombreuses, ont été particulièrement puissantes, faisant de cette saison une "saison de qualité, pas de quantité", selon M. Klotzbach.
Fait Marquant
L'ouragan Melissa a égalé le record de l'ouragan de Labor Day de 1935 en tant que tempête la plus forte à toucher terre, avec des vents soutenus de 298 km/h et une rafale de 406 km/h.
Températures océaniques et intensification rapide
La chaleur anormale des océans a joué un rôle crucial dans l'intensité des ouragans de cette année. Neuf des dix dernières saisons d'ouragans dans l'Atlantique ont été supérieures à la normale, une tendance que M. Klotzbach attribue aux températures océaniques élevées et à La Niña, un phénomène qui affaiblit les vents de haute altitude.
Pour qu'un ouragan se forme, la température de l'océan doit être d'au moins 26 degrés Celsius (79 degrés Fahrenheit). En 2025, les eaux de l'Atlantique étaient "anormalement chaudes", comme l'a noté M. McNoldy, fournissant un carburant abondant aux tempêtes.
Cette chaleur a permis à plusieurs ouragans de s'intensifier à une vitesse fulgurante. Les vents soutenus d'Erin ont augmenté d'environ 120 km/h en seulement 24 heures. Melissa est passée d'une tempête tropicale à un ouragan de catégorie 4 dans le même laps de temps. Ces taux d'intensification sont "vraiment exceptionnels", d'après M. McNoldy.
"C'était une année étrange, difficile à caractériser", a déclaré Phil Klotzbach, scientifique atmosphérique à l'Université d'État du Colorado.
Une pause inattendue au pic de la saison
Malgré l'énergie océanique disponible, la saison a connu une période de calme surprenante. L'activité des tempêtes atteint généralement son apogée fin août et début septembre. Cependant, cette année, "pendant environ trois semaines au plus fort de la saison, c'était complètement mort", a expliqué M. McNoldy.
Aucune formation significative n'a été observée dans l'Atlantique entre le 24 août et le 16 septembre. Un tel creux n'était pas arrivé depuis 1992. Les chercheurs ne pensent pas que cette accalmie soit une nouvelle tendance, la considérant plutôt comme une coïncidence.
L'année dernière, l'absence de tempêtes était due à des formations trop au nord pour traverser l'Atlantique. Cette année, l'Atlantique oriental a connu une période de stabilité relative et de sécheresse, des conditions défavorables à la formation de tempêtes puissantes.
Contexte Climatique
Le réchauffement climatique est un facteur clé dans l'intensification des ouragans. Des océans plus chauds fournissent davantage d'énergie aux tempêtes, augmentant leur puissance et leur capacité de destruction.
Un "quasi-accident" et l'effet Fujiwhara
Pour la première fois en une décennie, aucun ouragan n'a touché terre aux États-Unis continentaux. Ce fait est d'autant plus remarquable que l'ouragan Imelda était en route vers les côtes américaines en septembre, menaçant les Carolines de pluies diluviennes.
Cependant, l'ouragan Humberto, une tempête de catégorie 5 située à plusieurs centaines de kilomètres en pleine mer, a dévié Imelda de sa trajectoire. Ce phénomène est connu sous le nom d'effet Fujiwhara, où deux tempêtes tournent autour d'un point médian commun, la tempête la plus faible étant souvent absorbée ou détournée par la plus forte.
Selon M. Klotzbach, "si Humberto n'avait pas été là, Imelda aurait probablement été une histoire de grandes inondations". Ce fut un "autre aspect fou de la saison", a ajouté M. McNoldy.
L'IA au service des prévisions d'ouragans
Une nouvelle avancée technologique a marqué cette saison : l'outil de prévision des ouragans par intelligence artificielle de Google DeepMind. Ce nom est apparu à plusieurs reprises dans les prévisions écrites du National Hurricane Center pendant l'ouragan Melissa.
Les prévisionnistes fédéraux s'appuient de plus en plus sur cet outil, qui a joué un rôle déterminant dans la prédiction précoce de l'intensification rapide de l'ouragan Melissa. M. McNoldy a souligné que Google DeepMind a développé un "curriculum vitae impressionnant" au cours de la saison.
Une évaluation récente des erreurs de prévision sur plus de dix modèles d'ouragans a montré que DeepMind figurait parmi les meilleurs. "C'était un modèle rendu public en juin, et il a surpassé les autres modèles conventionnels pour la trajectoire et l'intensité, ce qui est inédit pour un outil si récent", a déclaré M. McNoldy. "Il est difficile de ne pas être optimiste à ce sujet."
- L'outil Google DeepMind a été lancé en juin.
- Il a surpassé les modèles conventionnels pour la précision de la trajectoire et l'intensité.
- Cela représente un progrès significatif dans la prévision des phénomènes météorologiques extrêmes.





