Un changement majeur se prépare dans l'océan Pacifique. Le phénomène climatique La Niña, qui a influencé la météo mondiale ces derniers mois, est sur le point de disparaître. Les scientifiques anticipent une transition vers des conditions neutres, suivie par une forte probabilité de l'arrivée de son homologue chaud, El Niño, plus tard cette année.
Ce basculement pourrait redéfinir les schémas météorologiques à l'échelle planétaire, avec des conséquences potentielles sur les températures, les précipitations et l'intensité de la saison des ouragans à venir.
Points Clés
- Le phénomène La Niña, caractérisé par des eaux froides dans le Pacifique, est en phase finale.
- Une période de transition dite « neutre » est attendue dans les prochains mois.
- Les prévisions indiquent une probabilité de 50 à 60 % pour la formation d'El Niño d'ici l'automne 2026.
- Ce changement pourrait limiter l'activité des ouragans dans l'Atlantique mais l'augmenter dans le Pacifique.
La fin du règne de La Niña
Le Centre de Prévision Climatique (CPC) de l'Administration Nationale Océanique et Atmosphérique (NOAA) a confirmé que La Niña était toujours active en janvier 2026. Des températures de surface de la mer inférieures à la moyenne ont été observées dans la région équatoriale du Pacifique, une signature classique de ce phénomène.
Cependant, tous les indicateurs suggèrent que son influence s'affaiblit. Les experts s'attendent à ce que ses effets se poursuivent au début du printemps, notamment entre février et avril, avant de laisser place à une phase de transition.
L'impact sur l'hiver récent
Bien que l'analyse complète de la saison hivernale soit encore en cours, l'influence de La Niña a déjà été observée. Michelle L'Heureaux, scientifique au CPC de la NOAA, a noté une tendance cohérente avec les modèles attendus.
« Au cours des 90 derniers jours, nous avons constaté des conditions plus sèches dans le centre-sud et le sud-est des États-Unis, et des conditions légèrement plus humides dans les États du nord », a-t-elle expliqué. Cette répartition des précipitations correspond aux effets typiques de La Niña. Une exception notable a été le sud-ouest des États-Unis, qui a connu des conditions plus humides que prévu.
Comprendre le cycle ENSO
La Niña et El Niño sont les deux phases opposées d'un cycle climatique naturel appelé El Niño-Southern Oscillation (ENSO). Ce cycle est dicté par les variations de température de l'eau de surface dans l'océan Pacifique tropical.
- La Niña : La phase froide, avec des températures de l'eau inférieures à la normale.
- El Niño : La phase chaude, avec des températures de l'eau supérieures d'au moins 0,9 °C à la moyenne pendant trois mois.
- Phase Neutre : Une période intermédiaire où ni La Niña ni El Niño ne sont présents.
La transition vers El Niño se précise
Après la dissipation de La Niña, les modèles climatiques prévoient une brève période de conditions « ENSO-neutres ». Cette phase de calme ne devrait pas durer. Les prévisions à plus long terme indiquent une probabilité croissante de voir El Niño s'installer.
« Pour la fin de l'été et au-delà, il y a une chance de 50 à 60 % qu'El Niño se forme », a déclaré le Centre de Prévision Climatique. Cette probabilité concerne les périodes allant de juillet à septembre et de septembre à novembre 2026.
Prudence scientifique et prévisions internationales
Malgré la forte probabilité, les scientifiques américains restent prudents. La période actuelle, connue sous le nom de « barrière de prédiction du printemps », est une période où les modèles climatiques ont une précision plus faible. Pour cette raison, le CPC n'a pas encore émis de « Veille El Niño », qui n'est déclenchée que lorsque le phénomène est jugé favorable dans les six prochains mois.
D'autres agences météorologiques internationales se montrent plus confiantes. Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme anticipe l'arrivée d'El Niño dès l'été. De même, l'agence météorologique japonaise a annoncé une probabilité de 60 % pour que le phénomène se produise durant l'été.
Quelles conséquences pour 2026 ?
L'arrivée potentielle d'El Niño soulève des questions importantes concernant les conditions météorologiques mondiales pour le reste de l'année, en particulier pour la saison des ouragans.
Impact sur la saison des ouragans
L'ENSO est l'un des principaux facteurs influençant l'activité cyclonique. Historiquement, les deux phénomènes ont des effets opposés sur les différents bassins océaniques.
« El Niño a tendance à limiter l'activité des tempêtes tropicales et des ouragans dans l'ouest de l'Atlantique et les Caraïbes, tout en augmentant l'activité dans l'est et le centre du Pacifique », précise Matt Rosencrans, prévisionniste en chef de la saison des ouragans à la NOAA.
Si la transition se fait plus lentement et que des conditions neutres prévalent pendant la saison des ouragans, d'autres facteurs prendront le dessus. La force de la mousson ouest-africaine et le cisaillement du vent dans le bassin atlantique deviendraient alors les éléments déterminants.
Les agences spécialisées attendent que le phénomène El Niño soit clairement établi avant d'émettre des prévisions saisonnières détaillées. Pour l'heure, la communauté scientifique surveille attentivement l'évolution des températures dans le Pacifique, un indicateur clé pour les mois à venir.





