Le professeur Michael A. Mann, un scientifique du climat reconnu à l'Université de Pennsylvanie (UPenn), a démissionné de son poste de vice-prévôt adjoint. Il a cité un conflit entre son travail de défense de la science et les exigences de neutralité de son rôle administratif. Cette décision intervient après des critiques concernant ses publications sur les réseaux sociaux et dans un contexte de tensions entre l'université et l'administration fédérale.
Points Clés
- Le professeur Michael A. Mann a quitté son rôle de vice-prévôt à l'UPenn.
- Il évoque un conflit entre son militantisme scientifique et la politique de neutralité de l'université.
- La démission fait suite à des critiques concernant ses publications sur les réseaux sociaux.
- L'UPenn a adopté une politique de neutralité institutionnelle en septembre 2024.
- Mann continuera d'enseigner et de diriger le Penn Center for Science, Sustainability and the Media.
Démission et Raisons Invoquées
Le professeur Michael A. Mann a annoncé sa démission de son rôle de vice-prévôt adjoint à l'Université de Pennsylvanie. Cette décision a été rendue publique lundi 29 septembre 2025. Mann a expliqué que son travail de plaidoyer scientifique, notamment autour de son nouveau livre, entrait en conflit avec les attentes de non-partisanerie de sa fonction administrative.
Dans un billet de blog, il a déclaré :
« Je suis parvenu à la position, à contrecœur, que le travail de plaidoyer en matière de politique scientifique que je mène, en particulier autour de mon nouveau livre ‘Science Under Siege’ avec le scientifique en vaccins Peter Hotez, semble parfois en conflit avec le rôle non partisan exigé de moi en tant qu'administrateur d'une université ayant une politique établie de neutralité institutionnelle. »
Faits Importants
- Michael Mann est un climatologue de renommée mondiale.
- Son livre, Science Under Siege, explore l'opposition politiquement motivée à la science.
- Il est l'un des créateurs du « graphique en crosse de hockey », montrant une augmentation rapide des températures mondiales après 1900.
Contexte des Critiques et de la Politique de Neutralité
La démission de Mann survient dans un contexte de critiques. Le sénateur Dave McCormick (R-PA) l'avait notamment ciblé pour ses publications sur les médias sociaux. Ces publications étaient apparues à la suite du meurtre de Charlie Kirk. Bien que Mann n'ait pas mentionné ces publications dans son annonce, le timing et les discussions publiques suggèrent un lien.
L'Université de Pennsylvanie a adopté une politique de neutralité institutionnelle en septembre 2024. Cette politique concerne les questions sociales et politiques. Plusieurs universités américaines ont pris des mesures similaires ces dernières années. Des groupes comme la Foundation for Individual Rights and Expression (FIRE) encouragent l'adoption de telles politiques dans leurs classements universitaires.
L'Engagement de Mann pour la Science
Michael Mann est connu pour son engagement. Il a contribué à des recherches climatiques montrant la forte hausse des températures mondiales moyennes après 1900. Cette recherche a donné naissance au célèbre « graphique en crosse de hockey ». Ce graphique lui a valu la colère des sceptiques du changement climatique.
Mann a également critiqué publiquement certaines politiques. Il a dénoncé le programme anti-éolien de l'ancien président Donald Trump. Il l'a qualifié de « quid pro quo aux intérêts des combustibles fossiles, aux ploutocrates et aux acteurs des États pétroliers qui l'ont aidé à revenir au pouvoir. »
Informations Contextuelles
La politique de neutralité institutionnelle vise à ce que les universités ne prennent pas position sur des questions politiques ou sociales controversées. Cela permet de garantir un environnement de libre expression pour les professeurs et les étudiants, mais peut parfois entrer en conflit avec le militantisme personnel des universitaires.
L'Avenir de Michael Mann à l'UPenn
Malgré sa démission de son rôle administratif, Michael Mann restera professeur à l'université. Il continuera également de diriger le Penn Center for Science, Sustainability and the Media. Cette information a été confirmée par le Philadelphia Inquirer. Sa décision de quitter son poste de vice-prévôt était un choix personnel, selon ses dires au Philadelphia Inquirer.
Le prévôt de l'UPenn, John Jackson, a confirmé au Daily Pennsylvanian que Mann n'avait pas été « chassé » de son poste et n'avait pas été licencié. Mann n'a pas répondu aux demandes de commentaires sur une éventuelle pression de l'université pour sa démission.
Tensions entre l'UPenn et l'Administration Fédérale
La démission de Mann intervient dans une année mouvementée pour l'UPenn. L'université a connu des tensions avec l'administration de l'ancien président Donald Trump. En mars, l'administration a suspendu 175 millions de dollars de financement fédéral à l'université. La raison était ses politiques concernant les athlètes transgenres. Le ministère de l'Éducation a rétabli le financement en juillet, après que l'université se soit conformée aux directives de l'administration.
L'université a également fait l'objet d'une assignation à comparaître du Congrès en juillet. Cette assignation concernait une enquête sur la fixation des prix des frais de scolarité. En mai, le ministère de l'Éducation a ouvert une enquête sur le financement étranger de l'UPenn. Ces événements montrent un climat de surveillance accrue pour l'institution.
Collaboration sur le Livre et Critique de la Désinformation
Michael Mann a co-écrit son nouveau livre avec Peter Hotez. Hotez est un scientifique spécialisé dans les vaccins. Le livre aborde des sujets importants comme la santé publique et le changement climatique. Hotez est également connu pour ses critiques de la désinformation sur les vaccins.
Il a notamment critiqué publiquement le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr., pour sa rhétorique sur les vaccins. Cette collaboration souligne l'engagement des deux scientifiques à défendre la science face aux pressions politiques et idéologiques.
L'accent mis par Mann sur la « bourse d'études publique et le plaidoyer » est resté une priorité. Il a déclaré :
« Particulièrement en ce moment, je ne pense pas pouvoir renoncer à la bourse d'études publique et au plaidoyer que je mène et j'ai donc décidé de me retirer du rôle de VPC. »Ce choix confirme sa volonté de continuer à influencer le débat scientifique et public.





