Les États riverains du fleuve Colorado continuent de se heurter à des impasses dans leurs négociations pour un nouvel accord de partage des eaux. Quarante millions de personnes et une grande partie de l'approvisionnement alimentaire du pays dépendent de ce fleuve vital. Le gouvernement fédéral a fixé une date limite au 11 novembre pour des progrès significatifs, menaçant d'intervenir en l'absence d'accord.
Points clés à retenir
- Les sept États du bassin du Colorado peinent à s'accorder sur un nouveau plan de partage des eaux.
- Le fleuve est la source d'eau pour 40 millions de personnes et irrigue une grande partie de l'agriculture américaine.
- Le lac Powell, deuxième plus grand réservoir du pays, est à des niveaux historiquement bas.
- L'administration Trump menace d'intervenir si aucun progrès n'est fait d'ici le 11 novembre.
- Les lois du 19e siècle et les infrastructures du 20e siècle ne sont plus adaptées au climat du 21e siècle.
Un fleuve en crise et des réservoirs à sec
Le fleuve Colorado fait face à une sécheresse persistante, exacerbée par le changement climatique. Le lac Powell, un réservoir crucial pour la région, ne retrouve plus ses niveaux d'antan. Des experts comme Eric Balken du Glen Canyon Institute soulignent que le site, autrefois profond de 150 pieds, est aujourd'hui accessible à pied. Cette situation met en lumière l'urgence d'une solution durable pour la gestion de l'eau.
Depuis 2023, les États utilisateurs du fleuve tentent de s'entendre sur un nouveau mode de répartition. L'accord initial de 1922, basé sur des estimations de débit aujourd'hui obsolètes, ne correspond plus à la réalité climatique actuelle. Les populations et les agriculteurs ressentent déjà les effets de cette diminution des ressources.
Chiffre clé
Le lac Powell n'est plus rempli à sa capacité optimale, ce qui représente un défi majeur pour l'approvisionnement en eau et la production d'énergie hydroélectrique.
Des négociations complexes entre États
Les négociations sont bloquées entre les États en amont (Colorado, Wyoming, Utah, Nouveau-Mexique) et ceux en aval (Californie, Nevada, Arizona). Chaque groupe d'États a des intérêts divergents. Les États en amont estiment avoir déjà fait des efforts pour réduire leur consommation, tandis que les États en aval, avec leurs grandes villes et leurs vastes zones agricoles, craignent des coupes trop importantes.
« Nous avons ces lois du 19e siècle, des infrastructures du 20e siècle et un climat du 21e siècle, et ces éléments ne s'accordent pas très bien », a déclaré John Ensminger, négociateur en chef du Nevada.
Toutes les parties s'accordent sur un point : elles préfèrent trouver une solution par elles-mêmes plutôt que de laisser le gouvernement fédéral ou la Cour suprême des États-Unis intervenir. Une intervention extérieure pourrait entraîner des décisions moins adaptées aux spécificités régionales et des litiges coûteux.
Le rôle du gouvernement fédéral
L'administration Biden avait temporairement atténué la crise en versant des centaines de millions de dollars aux agriculteurs et aux villes pour qu'ils réduisent leur consommation d'eau, notamment via l'Inflation Reduction Act. Ces fonds ont permis de maintenir des niveaux d'eau suffisants pour la production hydroélectrique du lac Powell.
Cependant, l'administration Trump a freiné ces initiatives. Scott Cameron, haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur en charge du fleuve, exprime sa réticence à imposer des règles fédérales aux États. Il craint que de telles mesures ne conduisent à des procès coûteux et peu efficaces.
« Ce serait comme utiliser des outils rudimentaires pour résoudre un problème très complexe », a affirmé Scott Cameron. « Les litiges ne servent que les intérêts des avocats qui veulent envoyer leurs enfants à l'université. »
Contexte historique
L'accord original de 1922 pour le partage des eaux du Colorado a été établi à une époque où le débit du fleuve était surestimé. Les conditions climatiques actuelles, marquées par des sécheresses plus fréquentes et intenses, rendent cet accord obsolète et appellent à une révision urgente.
Des propositions et des blocages persistants
Jusqu'à présent, les États en aval ont proposé des réductions de leur consommation d'eau. En revanche, les États en amont n'ont pas encore formulé d'engagements fermes. Becky Mitchell, négociatrice en chef pour l'État du Colorado, explique que les États en amont réduisent déjà naturellement leur consommation lors des saisons sèches.
Elle insiste sur la nécessité de reconnaître les efforts déjà fournis par ces États. « Si nous voulons changer et mieux travailler au sein du système, il faut reconnaître ce que les gens font déjà. Et le bassin supérieur a subi le plus gros des coups », a déclaré Becky Mitchell.
L'ancien fonctionnaire fédéral de l'eau, Anne Castle, qui a co-écrit des articles appelant les États à trouver un accord, souligne la difficulté des négociations. Les villes et les fermes en croissance sont réticentes à l'idée de devoir utiliser moins d'eau. Pourtant, l'urgence est réelle.
- 40 millions de personnes dépendent du fleuve Colorado.
- Le fleuve irrigue une partie essentielle de l'approvisionnement alimentaire des États-Unis.
- Les négociations s'enlisent depuis 2023.
- La date limite fédérale est fixée au 11 novembre.
L'urgence d'un accord durable
L'absence de progrès d'ici le 11 novembre pourrait forcer le ministère de l'Intérieur à intervenir plus directement. Une telle intervention risque de déclencher des batailles juridiques prolongées et d'exacerber les tensions entre les États.
La situation du fleuve Colorado est un exemple frappant des défis posés par le changement climatique à la gestion des ressources naturelles. Les vieux cadres légaux et infrastructurels ne peuvent plus faire face aux réalités hydrologiques actuelles. Il est impératif que les États trouvent un terrain d'entente pour assurer un avenir durable à cette ressource vitale.
« Nous ne pouvons pas ne pas le faire. Nous devons trouver un schéma qui nous permette de vivre avec l'approvisionnement que la nature nous donne », a conclu Anne Castle.
Les enjeux sont considérables, non seulement pour l'approvisionnement en eau, mais aussi pour l'économie agricole et la production d'énergie de toute une région. L'avenir du bassin du Colorado repose sur la capacité des États à surmonter leurs désaccords et à adopter une approche collaborative face à la rareté croissante de l'eau.





