Le Canada connaît un changement notable dans l'opinion publique concernant l'énergie et le climat. Après des années de débat intense, le soutien aux grands projets d'infrastructures énergétiques, notamment les pipelines, a considérablement augmenté. Ce revirement offre au Premier ministre Mark Carney une marge de manœuvre politique accrue pour accélérer le développement de ces projets.
Points Clés
- Le soutien public aux nouveaux pipelines est passé de 37% à environ 60%.
- Ce changement d'opinion donne au Premier ministre Mark Carney plus de liberté politique.
- Trois conseillers fédéraux en climat ont démissionné suite à un nouvel accord sur les pipelines.
- Le projet Northern Gateway, autrefois contesté, illustre l'évolution des priorités.
Un changement radical dans l'opinion publique canadienne
Il y a une décennie, l'idée de construire de nouveaux pipelines divisait profondément le Canada. Le projet Northern Gateway, visant à relier l'Alberta à la Colombie-Britannique, avait rencontré une forte opposition. En 2014, le gouvernement conservateur de l'époque, sous Stephen Harper, avait tenté de faire avancer le projet. Il était cependant soumis à 209 conditions strictes imposées par l'Office national de l'énergie.
Ces conditions incluaient des plans détaillés en cas de déversement de pétrole et des consultations approfondies avec les groupes autochtones. Malgré cela, une série de poursuites judiciaires s'était accumulée. Un tribunal avait finalement jugé les consultations insuffisantes. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau avait alors annulé le projet en 2016.
Fait Marquant
En 2014, seulement 37% des Canadiens soutenaient le projet Northern Gateway. Aujourd'hui, environ 60% des citoyens se déclarent favorables à la construction de nouveaux pipelines. C'est un changement de près de 23 points de pourcentage.
Implications politiques pour le gouvernement
Ce basculement de l'opinion publique modifie considérablement le paysage politique. Le Premier ministre Mark Carney bénéficie désormais d'une flexibilité inédite. Il peut avancer plus rapidement sur des projets énergétiques et d'infrastructures majeurs. Cette situation est sans précédent depuis plus d'une décennie.
Cependant, cette nouvelle orientation n'est pas sans conséquences. Depuis fin novembre, trois conseillers fédéraux seniors en matière de climat ont démissionné. Ils estiment que le nouvel accord sur les pipelines compromet les ambitions climatiques du Canada. Pour eux, c'était la « dernière goutte » qui a fait déborder le vase, compte tenu du passé de M. Carney en tant que champion des émissions nettes zéro et envoyé spécial des Nations Unies pour le climat.
« Le Canada a clairement changé d'avis. Le soutien aux projets énergétiques est devenu une priorité nationale », a déclaré un observateur politique.
Les raisons d'un tel revirement
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce changement d'attitude. La quête d'une indépendance énergétique est devenue une préoccupation majeure. Les défis économiques mondiaux et la volatilité des marchés de l'énergie ont probablement influencé cette perception. Les Canadiens pourraient voir dans ces projets une source de stabilité économique et d'emplois.
La question de la sécurité énergétique est également centrale. La capacité du Canada à produire et à transporter sa propre énergie réduit sa dépendance vis-à-vis des sources étrangères. Cela renforce la souveraineté nationale dans un contexte géopolitique incertain.
Contexte Historique
Le débat sur les pipelines au Canada est ancien. Il oppose historiquement les impératifs économiques de l'Alberta, riche en pétrole, aux préoccupations environnementales de la Colombie-Britannique et d'autres provinces. Le projet Northern Gateway était emblématique de ces tensions.
Perspectives d'avenir pour l'énergie canadienne
Avec ce soutien renouvelé, le gouvernement canadien pourrait accélérer plusieurs initiatives. Cela inclut non seulement les pipelines, mais aussi d'autres grands projets d'infrastructure. Ces développements pourraient avoir un impact significatif sur l'économie du pays. Ils pourraient également redéfinir la position du Canada sur la scène énergétique mondiale.
La question demeure de savoir comment le gouvernement équilibrera ces nouvelles priorités énergétiques avec ses engagements climatiques. Les démissions des conseillers climatiques soulignent la tension entre ces deux objectifs. Trouver un terrain d'entente sera un défi crucial pour l'administration de Mark Carney.
Les défis de la transition énergétique
- Maintenir les objectifs de réduction des émissions malgré l'expansion des projets fossiles.
- Apaiser les préoccupations des groupes environnementaux et des communautés autochtones.
- Assurer une croissance économique durable tout en investissant dans les énergies renouvelables.
Le Canada est à un carrefour. La décision de privilégier l'indépendance énergétique marque un tournant. Cela pourrait redessiner le futur du pays en matière d'énergie et de politique environnementale.





