Le Groenland a récemment fait l'objet de discussions concernant des températures hivernales exceptionnellement élevées. Les rapports initiaux laissaient entendre des records de 30°C en plein hiver, mais les données du Service météorologique danois (DMI) clarifient la situation. Si des anomalies de chaleur ont bien été observées, le chiffre de 30°C fait référence à un événement estival historique et non à une mesure hivernale récente.
Points Clés
- Le record de 30°C au Groenland date de juin 1973 à Maniitsoq, lors d'un vent de foehn.
- Les températures hivernales récentes ont montré des anomalies positives de +8°C à +12°C par rapport aux moyennes.
- L'amplification arctique se produit quatre fois plus vite que la moyenne mondiale.
- Des hivers plus doux affectent la pêche, la navigation et l'exploration minière.
- Le gouvernement groenlandais mettra à jour son plan d'adaptation climatique en 2026.
Clarification sur le record de 30°C
Le chiffre de 30°C, largement relayé, n'est pas une mesure hivernale récente. Il correspond à une observation historique enregistrée en juin 1973 à Maniitsoq, une localité de l'ouest du Groenland. Cette température, l'une des plus élevées jamais documentées de manière fiable sur l'île, était due à un phénomène de vent de foehn. Ce vent chaud et sec descendant les pentes des montagnes peut provoquer des hausses de température locales spectaculaires sur une courte période.
Les rapports de février 2026 concernent plutôt des moyennes saisonnières anormalement élevées. Le bulletin du DMI a documenté des températures hivernales dépassant la moyenne de 1991 à 2020 de plus de 10°C dans certaines stations du sud lors d'épisodes d'air chaud. Il n'a pas confirmé de nouveau record absolu équivalent à une température estivale en hiver.
Le saviez-vous ?
Un vent de foehn peut faire grimper les températures de 15°C ou plus en quelques heures. Ces événements sont des phénomènes météorologiques de courte durée, distincts des tendances climatiques à long terme.
Anomalies hivernales récentes et leurs impacts
Le Groenland a bien connu des températures hivernales supérieures à la moyenne en janvier. Des stations côtières ont rapporté des anomalies de +8°C à +12°C par rapport aux normales climatiques. Ces hausses, bien que ne constituant pas un record absolu de 30°C en hiver, ont des conséquences notables sur l'environnement et l'économie locale.
Les scientifiques alertent sur l'impact de ces hivers plus doux sur la formation de la glace de mer et les saisons de pêche. Une couverture de glace réduite modifie les calculs économiques pour l'exploration des minéraux rares et l'accès maritime. La saison de la pêche à la morue et à la crevette est particulièrement touchée, tandis que les fenêtres de navigation s'allongent.
« Les hivers plus chauds raccourcissent les saisons de glace de mer, impactant directement les stocks de poissons et l'accessibilité aux zones de pêche. »
L'intérieur de l'île reste couvert de glace, et les moyennes hivernales dans la majeure partie du Groenland demeurent bien en dessous de zéro. Cependant, l'augmentation des advections d'air chaud en hiver, par rapport à la fin du 20ème siècle, est une tendance observée par le Service météorologique danois.
L'amplification arctique : un phénomène avéré
Les données climatiques à long terme de la NASA confirment que l'Arctique se réchauffe à un rythme environ quatre fois supérieur à la moyenne mondiale. Les observations satellitaires et les relevés de températures de surface documentent cette amplification arctique.
Les années 2023 et 2024 figurent parmi les plus chaudes jamais enregistrées. Les ensembles de données de la NASA, de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis et du Service Copernicus sur le changement climatique montrent une augmentation constante des températures moyennes de surface au Groenland depuis la fin du 20ème siècle. Ces données mesurent des tendances sur plusieurs décennies, et non des extrêmes météorologiques isolés.
Contexte climatique
Les études d'attribution climatique relient l'amplification arctique à l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre. Elles utilisent des modèles d'ensemble et des analyses observationnelles sur de longues périodes, plutôt que des relevés ponctuels.
La calotte glaciaire du Groenland contribue à l'élévation du niveau marin mondial depuis les années 1990. La fonte de surface et l'accélération du déchargement des glaciers sont les principaux facteurs. Des missions de gravimétrie par satellite ont documenté une perte de masse glaciaire continue sur plusieurs cycles de mesure. Ces données sont indépendantes des relevés des stations de surface et suivent le changement cumulatif à long terme.
Adaptation et perspectives futures
Face à ces changements, le gouvernement du Groenland a annoncé en janvier 2026 qu'il réviserait son plan national d'adaptation climatique. Cette mise à jour, prévue pour la mi-2026, intégrera de nouvelles projections de perte de glace et des données actualisées sur la gestion des pêches. Le sixième rapport d'évaluation du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et la modélisation régionale de la cryosphère serviront de références.
Le Service météorologique danois (DMI) publiera son évaluation climatique de l'Arctique pour 2025 en avril 2026. Ce rapport inclura des anomalies de température de surface actualisées pour le Groenland et des données sur le bilan de masse glaciaire jusqu'à la fin de 2025.
- Impact sur l'économie : La réduction de la glace de mer ouvre de nouvelles opportunités pour l'exploration de minéraux rares, mais pose des défis pour les pêcheries traditionnelles.
- Navigation : Des hivers plus doux prolongent les fenêtres de navigation, potentiellement bénéfiques pour le transport maritime, mais augmentent les risques liés à la fonte des glaces.
- Biodiversité : Les changements de température et de glace de mer affectent les écosystèmes marins, avec des répercussions sur la faune locale.
Ces développements soulignent l'urgence d'une adaptation et d'une compréhension approfondie des dynamiques climatiques complexes du Groenland. La distinction entre les événements météorologiques extrêmes et les tendances climatiques à long terme est essentielle pour une analyse précise et des actions efficaces.





