Les banlieues des grandes villes australiennes sont confrontées à un risque élevé d'incendies catastrophiques, un scénario comparable aux feux dévastateurs qui ont touché Los Angeles en janvier 2025. Un rapport récent met en lumière les vulnérabilités de millions de résidents et souligne l'urgence d'une meilleure préparation.
Points Clés
- 6,9 millions de résidents urbains australiens menacés par les incendies de brousse.
- Jusqu'à 90% des maisons à risque construites avant les normes modernes.
- Conditions climatiques australiennes similaires à celles ayant précédé les feux de Los Angeles.
- Appel à des investissements accrus dans la préparation et la modernisation des infrastructures.
Les banlieues australiennes face à une menace croissante
Les récentes analyses révèlent que de nombreuses villes australiennes partagent des caractéristiques dangereuses. Ces traits ont contribué à la destruction observée lors des incendies meurtriers de Los Angeles en 2025. Ces feux ont coûté la vie à 31 personnes et détruit 16 000 bâtiments. L'Australie pourrait connaître des événements similaires.
Un rapport conjoint du Climate Council et d'Emergency Leaders for Climate Action indique que 6,9 millions d'Australiens vivant en périphérie des capitales sont exposés. Cette estimation conteste l'idée que les feux de brousse ne concernent que les zones rurales.
Chiffres alarmants
- 31 vies perdues et 16 000 bâtiments détruits lors des feux de Los Angeles en janvier 2025.
- 6,9 millions de résidents des capitales australiennes exposés au risque.
- Jusqu'à 90% des maisons dans les zones à risque ont été construites avant les normes anti-incendie actuelles.
Des villes comme Sydney et Melbourne particulièrement vulnérables
Les résidents des périphéries de Sydney, Melbourne, Canberra, Adélaïde, Perth et Hobart sont particulièrement menacés. Ceci est surtout vrai pour les quartiers bordés par la brousse ou les prairies. Ces zones présentent des risques spécifiques en raison de la proximité de la végétation.
Le rapport souligne que jusqu'à 90% des maisons dans ces régions ont été bâties avant l'application des normes modernes de protection contre les incendies. Cela rend la propagation des flammes de maison en maison plus probable. L'attaque par les braises est également un facteur de risque majeur.
Le "coup de fouet climatique" et ses conséquences
L'ancien commissaire aux incendies de Nouvelle-Galles du Sud, Greg Mullins, co-auteur du rapport, qualifie ces découvertes de « sonnette d'alarme ». Il insiste sur le fait que les incendies de brousse ne sont pas seulement une préoccupation rurale.
« Si vous vivez en banlieue et pensez que les feux de brousse ne vous concernent pas, détrompez-vous. »
Ces avertissements surviennent alors que des prévisions annoncent un danger d'incendie extrême en Australie-Méridionale et dans certaines parties de Victoria. Les États du sud font face à la vague de chaleur la plus importante depuis le « Black Summer ».
Qu'est-ce que le "coup de fouet climatique" ?
Ce terme décrit une alternance rapide entre des périodes très humides et des périodes de sécheresse extrême. Les années humides favorisent une croissance explosive de la végétation. La sécheresse qui suit transforme cette végétation en combustible idéal pour les incendies. Ce phénomène a été observé à Los Angeles avant les incendies de 2025.
Des similitudes frappantes avec les feux de Los Angeles
Mullins explique que les incendies de Los Angeles, qui ont eu lieu en hiver et ont été attisés par des vents de force ouragan, ont soulevé des questions en Australie. Beaucoup se demandent si un tel désastre pourrait se produire là-bas.
Avant l'événement de Los Angeles, la ville a connu ce que Mullins appelle un « coup de fouet climatique ». Des années humides ont favorisé une croissance massive de la végétation, suivies d'une période extrêmement sèche. Ces conditions, combinées aux vents Santa Ana extrêmes, ont poussé les feux de la brousse vers les zones urbaines.
Selon Mullins, presque toutes les capitales australiennes présentent un mélange similaire de préconditions dangereuses. Cela inclut des périodes sèches, des forêts et des brousses desséchées, des conditions météorologiques propices aux incendies, des rafales de vent fortes, des pentes raides et de vastes étendues de brousse adjacentes aux habitations.
Des zones spécifiques sous haute surveillance
Certaines parties de Sydney, comme les Northern Beaches, Penrith et les Blue Mountains, sont considérées comme des « bombes à retardement ». Elles ont accumulé d'énormes quantités de combustible après des années de pluie. À Melbourne, de nombreuses banlieues bordent des prairies où les feux peuvent se propager rapidement et sont difficiles à maîtriser.
Nelli Stevenson, qui vit à la périphérie ouest de Melbourne, près de 230 kilomètres carrés de « prairies et terres agricoles très sèches », exprime ses inquiétudes. Elle craint particulièrement la fumée, son fils de quatre ans étant sujet aux infections respiratoires.
« C'est quelque chose qui me préoccupe depuis que j'ai des enfants. On pense généralement aux personnes à risque d'incendies de brousse comme étant dans la brousse. Je vis techniquement à Melbourne, et nous sommes toujours à risque. »
Perspective estivale et actions nécessaires
Les perspectives pour l'été actuel identifient un risque élevé dans l'ouest et le sud de l'Australie-Occidentale, le centre-nord de la Nouvelle-Galles du Sud et le sud de Victoria. Ces régions souffrent de déficits pluviométriques à long terme.
Un événement rare de réchauffement stratosphérique soudain a également conduit à des conditions plus chaudes et plus sèches que prévu. Mullins souligne qu'il est crucial de « faire baisser la température » par des actions plus fortes pour réduire les émissions de combustibles fossiles.
Mesures recommandées
- Investir davantage dans la préparation aux catastrophes.
- Augmenter les capacités des services d'urgence et des gestionnaires fonciers.
- Moderniser les maisons et les infrastructures pour les rendre conformes aux normes anti-incendie actuelles.
Le rapport appelle à des investissements accrus dans la préparation aux catastrophes. Il demande aussi une capacité renforcée pour les services d'urgence et les gestionnaires fonciers en périphérie urbaine. Mullins ajoute qu'un investissement plus important est nécessaire pour moderniser les maisons et les infrastructures. L'objectif est de les rendre conformes aux normes modernes de protection contre les incendies.
« Je sais que cela va effrayer les gens », dit-il. « Mais j'espère qu'ils dépasseront cela et diront : nous devons agir. » La prise de conscience est la première étape pour protéger les communautés.





