Une nouvelle étude de l'Université de Columbia met en garde contre les dangers du refroidissement artificiel de la Terre. Cette technique, qui consiste à pulvériser des particules dans l'atmosphère pour réfléchir la lumière du soleil, pourrait causer plus de problèmes qu'elle n'en résoudrait, selon les chercheurs.
Points clés
- Les modèles informatiques ne reflètent pas la complexité du monde réel.
- La coordination mondiale nécessaire est quasi impossible.
- Le manque de matériaux appropriés pose un défi logistique.
- Les risques pour l'atmosphère et l'effet de rebond sont majeurs.
Qu'est-ce que le refroidissement artificiel?
Le concept de refroidissement artificiel, ou géo-ingénierie solaire, repose sur l'idée de réduire la quantité de lumière solaire atteignant la surface de la Terre. L'objectif est de diminuer la température globale de la planète. Cette technique s'inspire des phénomènes naturels, comme les éruptions volcaniques.
Lorsqu'un grand volcan entre en éruption, il libère des tonnes de cendres et de poussière dans l'atmosphère. Ces particules restent en suspension et réfléchissent une partie de la lumière du soleil vers l'espace. Cela provoque un léger refroidissement temporaire de la Terre. Les scientifiques ont exploré l'idée de reproduire cet effet de manière contrôlée pour contrer le réchauffement climatique.
Un fait intéressant
L'éruption du mont Pinatubo en 1991 a entraîné une baisse moyenne de la température mondiale d'environ 0,5 °C pendant près de deux ans, démontrant l'effet des aérosols volcaniques sur le climat.
Les limites des modèles théoriques
Les simulations informatiques suggèrent que le refroidissement artificiel pourrait fonctionner. Les chercheurs peuvent y utiliser des particules de taille idéale et les placer précisément où elles sont censées être. Cependant, la réalité est bien plus complexe que ces modèles simplifiés.
Dans le monde réel, les particules pourraient ne pas se comporter comme prévu. Elles pourraient s'agglomérer ou retomber prématurément. Ces imprévus réduiraient considérablement l'efficacité du refroidissement. Les conditions atmosphériques dynamiques rendent la prédiction des effets à long terme extrêmement difficile.
« Les modèles ne reflètent pas précisément ce qui se passerait dans la vie réelle », explique Miranda Hack, scientifique à l'Université de Columbia, co-auteure de l'étude.
Un défi de coordination mondiale
Pour qu'une stratégie de refroidissement artificiel soit efficace, une coordination mondiale sans précédent serait nécessaire. Les scientifiques estiment qu'un gouvernement mondial unique serait idéal pour contrôler le lieu, le moment et la manière dont les particules seraient libérées. Une telle entité est actuellement utopique.
Chaque nation a des intérêts divergents, rendant la coopération difficile. Si chaque pays décidait de mener ses propres opérations, le résultat pourrait être un refroidissement déséquilibré. Certaines régions deviendraient plus froides, d'autres plus chaudes, entraînant des changements climatiques imprévisibles et potentiellement dévastateurs.
Contexte historique
L'idée de modifier le climat pour le bien de l'humanité n'est pas nouvelle. Des propositions de géo-ingénierie ont émergé dès les années 1960, mais les préoccupations concernant les effets secondaires et la gouvernance ont toujours été des obstacles majeurs.
Problèmes de matériaux et risques atmosphériques
Le choix des matériaux est un autre obstacle majeur. Certains des plus efficaces, comme la poussière de diamant ou de zircon, sont trop coûteux ou trop rares pour être utilisés à grande échelle. Même des matériaux plus courants, comme la chaux ou le soufre, nécessiteraient des quantités massives chaque année.
Ces besoins pourraient exercer une pression énorme sur les chaînes d'approvisionnement mondiales. De plus, les particules très fines nécessaires à cette méthode ont tendance à s'agglomérer, réduisant leur capacité de refroidissement une fois en suspension dans l'atmosphère.
Impacts potentiels sur l'environnement
La pulvérisation de particules dans l'air pourrait altérer les régimes climatiques mondiaux. Cela pourrait affecter des régions éloignées comme les pôles. Il existe également un risque de dommages à la couche d'ozone, essentielle pour nous protéger des rayons ultraviolets nocifs.
Un autre danger est l'« effet de rebond ». Si le processus de refroidissement artificiel devait s'arrêter brusquement, la Terre pourrait se réchauffer très rapidement, potentiellement plus vite qu'avant. Cela créerait une situation climatique encore plus dangereuse et instable.
- Changements imprévisibles: Les effets sur les précipitations et les saisons pourraient être déstabilisants.
- Coût économique: La mise en œuvre et le maintien d'un tel système seraient extraordinairement coûteux.
- Conséquences inconnues: Nous ne comprenons pas pleinement toutes les interactions complexes du système climatique.
La prudence est de mise
La géo-ingénierie solaire, malgré son attrait théorique, présente des défis technologiques, organisationnels et éthiques colossaux. L'étude de l'Université de Columbia conclut que nous ne disposons pas encore de la technologie, de l'organisation ou de la certitude nécessaires pour entreprendre une telle entreprise sans conséquences graves.
La stratégie de refroidissement artificiel est jugée peu pratique et très risquée. Il serait donc préférable de se concentrer sur des alternatives plus réalistes et moins incertaines pour lutter contre le réchauffement climatique. La réduction des émissions de gaz à effet de serre reste la priorité.





