Les profondeurs de l'océan Arctique se réchauffent à un rythme inattendu, une découverte qui remet en question les théories antérieures sur la stabilité thermique des abysses. Des chercheurs ont identifié que le bassin du Groenland, autrefois une source d'eau froide essentielle, est désormais un contributeur majeur à cette hausse des températures.
Points Clés
- Les profondeurs du bassin eurasien de l'Arctique se réchauffent de 0,020 degré Celsius par décennie.
- Ce réchauffement est trop rapide pour être uniquement d'origine géothermique.
- Le bassin du Groenland, réchauffé, est la principale source de cette chaleur additionnelle.
- La dorsale de Lomonosov protège le bassin amérasien d'un réchauffement similaire.
- Le changement climatique impacte désormais les régions océaniques les plus profondes.
Un réchauffement profond inattendu
Pendant longtemps, la communauté scientifique pensait que les profondeurs océaniques étaient à l'abri des effets du changement climatique. On estimait que tout réchauffement observé dans ces zones glaciales provenait principalement de la chaleur géothermique émanant lentement du noyau terrestre.
Cependant, des observations récentes ont révélé des taux de réchauffement dans certaines zones profondes qui excédaient ce que le chauffage géothermique seul pouvait expliquer. Cette anomalie a poussé des chercheurs de l'Université océanique de Chine et du laboratoire de Laoshan à approfondir leurs investigations.
Fait Marquant
Le taux de réchauffement dans le bassin eurasien est de 0,020 degré Celsius par décennie, un chiffre significatif pour les profondeurs océaniques.
L'influence du bassin du Groenland
L'équipe de recherche a analysé des décennies de données de température. Ils ont également utilisé des modèles informatiques sophistiqués pour identifier la source de cette chaleur supplémentaire. Leurs conclusions indiquent que le bassin du Groenland est un facteur déterminant.
Le bassin du Groenland, situé dans l'Atlantique Nord, était traditionnellement la principale source d'eau froide pour l'Arctique. Il se réchauffe maintenant si rapidement qu'il ne joue plus ce rôle. Au lieu de cela, il fournit au bassin eurasien un flux d'eau moins froide, ce qui entraîne une augmentation des températures.
« Nos découvertes montrent que le réchauffement profond du bassin du Groenland a déjà des impacts évidents sur l'océan Arctique profond », ont écrit les chercheurs dans leur étude.
Méthodologie de l'étude
Les chercheurs ont simulé les caractéristiques physiques clés de l'océan Arctique profond dans leurs modèles informatiques. Cela incluait le bassin eurasien (EB), le bassin amérasien (AB), la dorsale de Lomonosov (LR) qui les sépare, et le détroit de Fram (FS).
Ce détroit est la porte d'entrée du bassin du Groenland (GB), une section profonde de la mer du Groenland dans l'océan Atlantique Nord, située entre le Groenland et la Norvège. Divers scénarios ont été exécutés pour déterminer si le bassin du Groenland était la cause du réchauffement.
Contexte Géographique
L'océan Arctique est divisé en deux bassins principaux : le bassin eurasien et le bassin amérasien, séparés par la dorsale de Lomonosov. Le détroit de Fram relie l'océan Arctique à la mer du Groenland.
La dorsale de Lomonosov, un bouclier thermique
L'étude a également mis en évidence le rôle de la dorsale de Lomonosov. Cette dorsale sous-marine agit comme un bouclier. Elle empêche l'eau moins froide provenant du bassin du Groenland d'atteindre le bassin amérasien. C'est pourquoi le bassin amérasien se réchauffe plus lentement.
Cette découverte souligne la complexité des courants océaniques et leur influence sur la distribution de la chaleur à travers les profondeurs. La géographie sous-marine joue un rôle crucial dans la manière dont le réchauffement se propage.
- Bassin Eurasien : Réchauffement rapide dû à l'advection de chaleur du bassin du Groenland.
- Bassin Amérasien : Réchauffement plus lent grâce à la protection de la dorsale de Lomonosov.
Impact global du changement climatique
Ces résultats démontrent que le changement climatique a un effet bien plus important sur les océans qu'on ne le pensait auparavant. Il impacte désormais même leurs régions les plus profondes. Cela a des implications significatives pour la compréhension des écosystèmes marins profonds et de la circulation océanique globale.
Le réchauffement des profondeurs océaniques peut altérer les habitats des espèces marines. Il peut également affecter les cycles biogéochimiques essentiels. La surveillance continue de ces phénomènes est cruciale pour anticiper les futurs impacts sur notre planète.
Les océans absorbent une grande partie de la chaleur excédentaire générée par les émissions de gaz à effet de serre. Comprendre comment cette chaleur se distribue, même dans les zones les plus inaccessibles, est fondamental pour les modèles climatiques futurs.





