Des scientifiques tirent la sonnette d'alarme concernant le glacier Thwaites en Antarctique, surnommé le "Glacier de l'Apocalypse". Une nouvelle étude révèle que des fractures croissantes compromettent son intégrité structurelle, rapprochant ce géant de glace d'un effondrement potentiellement catastrophique pour le niveau des mers à l'échelle mondiale.
Ce glacier, l'un des plus larges et des plus rapides au monde, retient une quantité d'eau suffisante pour élever le niveau des océans de plus d'un demi-mètre. Sa stabilité est donc un enjeu crucial pour les zones côtières du monde entier.
Points Clés
- Le glacier Thwaites montre des signes de fracturation accélérée, menaçant sa stabilité.
- Son effondrement complet pourrait entraîner une hausse du niveau de la mer d'environ 65 centimètres.
- Les scientifiques observent un recul de la ligne de base du glacier de près d'un kilomètre par an.
- La surveillance par satellite, menée depuis près de 50 ans, est essentielle pour suivre ces changements.
Une structure fragilisée par des fissures profondes
Une étude publiée dans le Journal of Geophysical Research a analysé l'évolution des fissures sur la plateforme de glace orientale de Thwaites au cours des deux dernières décennies. Les chercheurs ont identifié un processus de fracturation en deux étapes qui affaiblit considérablement la glace.
Dans un premier temps, de longues fractures de cisaillement se propagent. Ensuite, une multitude de petites fractures apparaissent, créant un réseau de faiblesses qui fragilise l'ensemble de la structure. Cette dynamique indique que la plateforme de glace, qui agit comme un bouchon retenant le glacier, pourrait se briser plus rapidement que prévu.
Le glacier Thwaites est l'un des systèmes glace-océan qui évolue le plus vite en Antarctique. Sa situation est suivie de très près par la communauté scientifique internationale.
L'impact d'un effondrement potentiel
Les conséquences d'un effondrement du glacier Thwaites seraient mondiales. Les estimations actuelles suggèrent que sa fonte totale provoquerait une hausse du niveau de la mer d'environ 65 centimètres, soit plus de deux pieds.
Une telle augmentation menacerait directement des millions de personnes vivant dans des villes et des régions côtières. Les projections indiquent que la ligne de base du glacier, là où la glace commence à flotter sur l'océan, devrait reculer de près d'un kilomètre chaque année au cours des quatre prochaines décennies.
Le réchauffement polaire en chiffres
Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), l'Arctique se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne mondiale. Depuis 1900, la banquise arctique a perdu 60 % de sa superficie, contribuant de manière significative à l'élévation du niveau des mers.
Des conséquences en cascade pour la planète
La fonte des glaces polaires n'affecte pas seulement le niveau des océans. Elle a des répercussions sur l'ensemble du système climatique et sur les écosystèmes mondiaux. L'une des conséquences directes est l'augmentation de la fréquence des inondations côtières.
Aux États-Unis, par exemple, certaines régions pourraient connaître une élévation du niveau de la mer de 30 à 60 centimètres d'ici 2050. Cela se traduirait par une augmentation spectaculaire des jours d'inondations à marée haute, passant à 45 ou 85 jours par an dans les zones les plus vulnérables.
Sécurité alimentaire et santé en jeu
Au-delà des côtes, la fonte des glaces a un impact sur la sécurité alimentaire. Les changements climatiques qu'elle engendre perturbent les cycles agricoles, menaçant les récoltes et pouvant entraîner une augmentation des prix des denrées alimentaires à l'échelle mondiale.
Des chercheurs ont également souligné que la fonte du pergélisol (sol gelé en permanence) pourrait libérer d'anciens virus et bactéries, ouvrant la porte à la propagation de nouvelles maladies.
Une surveillance continue depuis l'espace
Depuis près de 50 ans, des agences gouvernementales comme la NASA utilisent des satellites pour surveiller l'évolution des glaces polaires. Cette surveillance ininterrompue fournit des données cruciales pour comprendre la vitesse des changements en cours.
La surveillance, un outil indispensable
Face à cette menace, la surveillance constante est notre meilleur atout. Les données satellitaires permettent de suivre l'évolution de la situation jour après jour et d'affiner les modèles prédictifs.
"Cet enregistrement de données est l'un des plus longs et des plus cohérents qui existent, où chaque jour nous observons la glace de mer dans l'Arctique et l'Antarctique", explique Angela Bliss, chef adjointe du Laboratoire des sciences cryosphériques de la NASA.
Cette observation quotidienne permet aux scientifiques de détecter les changements, même subtils, et de donner l'alerte lorsque des points de bascule, comme celui qui menace le glacier Thwaites, sont sur le point d'être atteints.
L'année dernière, la NASA a rapporté que la couverture minimale annuelle de la glace de mer arctique était la 10e plus faible jamais enregistrée, confirmant une tendance à la baisse alarmante et continue.
La solution à long terme réside dans une action climatique collective. La réduction des émissions de gaz à effet de serre est essentielle pour ralentir le réchauffement de la planète et, espérons-le, pour empêcher l'effondrement de géants de glace comme le Thwaites.





