Un nouveau satellite de recherche environnementale a été lancé pour surveiller les changements à long terme du niveau de la mer. Ce projet, fruit d'une collaboration internationale, vise à recueillir des données essentielles pour comprendre l'évolution de notre planète. Le satellite, nommé Sentinel-6B, est le second de ce programme d'une valeur d'un milliard de dollars.
Points clés
- Le satellite Sentinel-6B a été lancé le 17 novembre 2025.
- Il est le deuxième satellite d'une mission de surveillance du niveau de la mer.
- Le projet est une collaboration entre la NASA et des agences spatiales européennes.
- Les données sont cruciales pour la planification côtière et la sécurité publique.
Une mission cruciale pour l'océanographie
Le satellite Sentinel-6B a décollé à bord d'une fusée Falcon 9 depuis la base spatiale de Vandenberg, en Californie. Son jumeau, Sentinel-6A, nommé en l'honneur du chercheur de la NASA Michael Freilich, avait été lancé en novembre 2020. Ensemble, ces satellites poursuivent une série de missions débutées au début des années 1990, fournissant un flux ininterrompu de données sur le niveau de la mer.
Ces deux satellites sont équipés d'un radar sophistiqué capable de pénétrer les nuages. Ils mesurent le temps que les faisceaux mettent pour rebondir depuis l'océan, situé à environ 1 335 kilomètres en dessous. Cette technologie permet de suivre le niveau de la mer avec une précision d'environ 2,5 centimètres. Ils peuvent également mesurer la hauteur des vagues et la vitesse du vent à la surface de l'océan.
Fait intéressant
Le satellite Sentinel-6B pèse environ 1 180 kilogrammes (2 600 livres) et orbite à une altitude de 1 335 kilomètres, inclinée de 66 degrés par rapport à l'équateur.
Des données vitales pour les communautés côtières
Les informations recueillies par Sentinel-6B ne se limitent pas à la science pure. Karen St. Germain, directrice de la division des sciences de la Terre de la NASA, a souligné l'importance pratique de cette surveillance. Elle a expliqué que ces données « soutiennent la navigation, la recherche et le sauvetage, ainsi que des industries comme la pêche commerciale et le transport maritime. »
Ces mesures sont également à la base des prévisions d'inondations pour les infrastructures côtières aux États-Unis. Elles aident à protéger l'immobilier, les sites de stockage d'énergie et d'autres actifs le long des littoraux. Comprendre ces changements est essentiel pour la sécurité publique et la planification urbaine.
« Sentinel-6B est le dernier d'une série de missions qui, depuis plus de trois décennies, surveillent sans interruption la hauteur de la surface de nos océans, identifiant des schémas et faisant progresser notre compréhension de la Terre », a déclaré Karen St. Germain.
Impact sur la gestion de l'eau douce
Les données aideront aussi les scientifiques à « comprendre et prédire l'érosion côtière et l'intrusion d'eau salée dans les réserves d'eau intérieures. » Ces réserves sont utilisées pour l'agriculture, l'irrigation et l'approvisionnement en eau potable des municipalités. La salinisation des nappes phréatiques est une préoccupation majeure dans de nombreuses régions côtières.
Contexte historique
Les missions de surveillance du niveau de la mer ont débuté au début des années 1990. Elles ont fourni des données continues, montrant que les niveaux de la mer augmentent progressivement et de manière constante. Ces observations sont largement interprétées comme une preuve du réchauffement climatique.
Un effort de collaboration internationale
La mission Sentinel-6 est le fruit d'une collaboration entre plusieurs agences spatiales et météorologiques. Parmi elles, on compte la NASA, l'Agence spatiale européenne (ESA), l'Organisation européenne pour l'exploitation des satellites météorologiques (EUMETSAT) et la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).
La part de la NASA dans le coût des deux satellites Sentinel-6 s'élève à environ 500 millions de dollars. Les partenaires européens ont contribué à un montant similaire, ce qui porte le coût total du projet à un milliard de dollars. Cet investissement souligne l'importance mondiale de la surveillance océanographique.
Technologies embarquées supplémentaires
Outre la mesure du niveau de la mer, le nouveau satellite surveillera également la température et l'humidité dans la basse atmosphère, ainsi que dans la stratosphère. Il utilise pour cela un instrument qui mesure les effets atmosphériques sur les signaux diffusés par les satellites de navigation. Ces informations complémentaires enrichissent la compréhension des systèmes climatiques de la Terre.
- Mesure précise du niveau de la mer.
- Surveillance de la hauteur des vagues et de la vitesse du vent.
- Collecte de données sur la température et l'humidité atmosphériques.
- Contribution à un ensemble de données multi-décennal.
L'importance des données pour l'avenir
Craig Donlon, scientifique de projet à l'Agence spatiale européenne, a souligné avant le lancement du premier Sentinel-6 en 2020 que « l'équilibre dynamique qui existait avant la révolution industrielle a été perturbé par la combustion quasi instantanée d'énormes réserves de carbone. » Il a ajouté : « Nous voyons des preuves de ce changement dramatique dans de nombreuses mesures différentes... mais elles pointent toutes dans la même direction : la Terre se réchauffe. »
L'indicateur le plus significatif de ce déséquilibre du système terrestre est l'élévation du niveau de la mer. Les données de Sentinel-6B continueront de fournir des preuves cruciales pour les chercheurs et les décideurs du monde entier. Elles permettront d'anticiper les défis futurs et de mettre en œuvre des stratégies d'adaptation efficaces.
Le succès du lancement de Sentinel-6B représente une étape importante. Après avoir propulsé le véhicule hors de la basse atmosphère dense, le premier étage de la fusée Falcon 9 est revenu se poser sur une plate-forme d'atterrissage. L'étage supérieur a ensuite effectué deux allumages avant de libérer le satellite sur son orbite. Le satellite, alimenté par l'énergie solaire, met 112 minutes pour accomplir une orbite, couvrant 90% des océans du monde.





