La Conférence des Parties (COP30) à Belém, au Brésil, connaît un déroulement inhabituel. Les négociations climatiques mondiales sont marquées par des désaccords profonds sur des sujets clés. Le Brésil, en tant qu'hôte, a adopté une approche qui diverge des formats habituels des COP, cherchant à conclure les questions les plus difficiles plus tôt dans la semaine.
Points Clés
- Le Brésil a modifié le format habituel des négociations de la COP.
- Quatre enjeux majeurs dominent les discussions : le financement climatique, la transparence, le commerce et l'ambition des plans nationaux.
- Les jeunes et les communautés vulnérables réclament une plus grande considération de leurs droits.
- La question de la transition hors des énergies fossiles reste très controversée.
Des Négociations Climatiques Sous Tension à Belém
Les discussions à la COP30 se concentrent sur quatre piliers principaux. Ces sujets incluent le financement climatique, la transparence des actions nationales, les enjeux commerciaux liés au climat, et l'évaluation des plans climatiques nationaux (NDC).
Le Brésil a exprimé son souhait de conclure les points les plus épineux lors d'une réunion ministérielle. Il s'agit d'une approche inverse à celle traditionnellement observée lors des COP, où les questions les plus complexes sont souvent débattues jusqu'aux dernières heures.
Faits Importants
- Lors de la COP précédente, les pays développés n'ont promis que 300 milliards de dollars sur les 1 300 milliards annuels prévus d'ici 2035 pour le financement climatique.
- Les plans climatiques nationaux actuels (NDC) conduiraient à un réchauffement d'environ 2,5°C, bien au-delà de l'objectif de 1,5°C de l'Accord de Paris.
Le Financement Climatique, un Débat Récurrent
Le financement est une problématique constante. Les pays en développement se disent frustrés par le manque de concrétisation des promesses financières. Ils souhaitent que l'Article 9.1 de l'Accord de Paris, qui engage les pays développés à fournir des fonds, soit activelement discuté.
Les pays riches, quant à eux, estiment que la division « pays développés/en développement » de 1992 n'est plus pertinente. Des nations comme l'Arabie Saoudite ou Singapour ont vu leur richesse augmenter significativement, modifiant le paysage économique mondial.
Transparence et Enjeux Commerciaux
La transparence est essentielle pour évaluer les progrès mondiaux. Les pays doivent soumettre des rapports biennaux détaillant leurs efforts de réduction des émissions et l'utilisation des fonds climatiques. Certains pays perçoivent cette exigence comme une atteinte à leur souveraineté.
Le commerce est également source de frictions. Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) de l'Union Européenne, qui taxe les importations de biens à forte intensité carbone, irrite la Chine et plusieurs pays en développement. Ces derniers craignent d'être pénalisés injustement.
« Si nous voulons une COP de l'inclusion, nous ne pouvons pas laisser un tiers de la population mondiale de côté. » – João Paulo Amaral, Institut Alana.
Contexte de la COP
Les Conférences des Parties (COP) sont des réunions annuelles où les pays signataires de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) évaluent les progrès et négocient des accords pour lutter contre le changement climatique.
L'Inadéquation des Plans Nationaux et les Voix des Jeunes
Le point le plus critique reste la faiblesse des plans climatiques nationaux (NDC). Les NDC actuels ne sont pas suffisants pour atteindre l'objectif de 1,5°C de l'Accord de Paris. Les propositions actuelles conduiraient à un réchauffement de 2,5°C, un scénario alarmant.
Des jeunes du monde entier ont interpellé les dirigeants à Belém. Ils demandent une « COP pour les enfants », soulignant que cette génération est la plus vulnérable aux impacts climatiques. Trois quarts des enfants affectés vivent dans les pays du Sud, confrontés aux sécheresses et aux inondations.
Selon l'Institut Alana, basé à São Paulo, au moins 5,9 millions d'enfants pourraient basculer dans la pauvreté d'ici 2030 à cause de la crise climatique. De plus, 242 millions d'élèves ont déjà vu leurs cours interrompus par des événements climatiques extrêmes.
La Transition Énergétique au Cœur des Débats
La question de la sortie des énergies fossiles, initialement absente de l'agenda, a été ajoutée sous la pression de plus de 80 pays. Un projet de décision, incluant plusieurs options de formulation, a été publié. La résistance des États pétroliers et d'autres grandes économies est forte.
Le président brésilien Lula da Silva est revenu à Belém. Sa présence vise à dynamiser les discussions et à obtenir le soutien de la Chine et de l'Union Européenne pour une feuille de route claire. Une telle feuille de route, avec des objectifs mesurables, serait un progrès significatif.
La Société Civile et les Défis de la Sécurité
L'activiste climatique mexicaine Maria Reyes a exprimé sa déception face à la militarisation de l'espace autour de la COP30. Elle a qualifié la situation de « déroutante et décevante », soulignant que les droits de manifester et de s'exprimer étaient entravés.
Malgré les tensions, Reyes espère une issue positive. Elle voit cette confrontation comme nécessaire, reflétant les divergences au sein de la conférence. Elle appelle les autorités brésiliennes et l'ONU à assouplir les mesures de sécurité.
Chiffres Clés
- Plus de 300 lobbyistes de l'agro-industrie ont participé à la COP30.
- Une analyse montre que le réchauffement climatique pourrait être réduit d'un tiers si les gouvernements respectaient leurs engagements actuels en matière d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique.
Les Voix des Communautés Vulnérables
Des militants de WaterAid, comme Samia Anwar Rafa du Bangladesh et Barkat Bin Saïda Matazaky de Madagascar, ont insisté sur l'importance de l'accès à l'eau. Ils demandent un financement climatique accru pour les communautés les plus vulnérables, confrontées aux cyclones, sécheresses et salinisation de l'eau potable.
Les dirigeants indigènes et les scientifiques présents à la conférence ont également alerté sur la dégradation rapide de l'Amazonie. Ils ont souligné les sécheresses dévastatrices, les invasions de terres et l'exploitation minière illégale qui menacent leurs territoires.
La « Terre Mère », représentée par Nazaré Oliveira, une femme indigène de Belém, observe les décisions. Son message est clair : une pensée positive peut influencer l'environnement, et l'humanité et la nature ne font qu'un.
Perspectives pour les Derniers Jours de la COP30
La présidence brésilienne souhaite clore la COP30 comme prévu. Cependant, avec de nombreux sujets encore en suspens, des avancées majeures sont nécessaires. Les observateurs restent optimistes quant à la clarté du texte de négociation principal, qui présente moins de points de désaccord que les années précédentes.
La volonté du Brésil de faire de cette COP un « sommet de l'action » sera mise à l'épreuve dans les jours à venir. La capacité des nations à transcender leurs intérêts nationaux à court terme pour le bien commun déterminera le succès de cette conférence cruciale.





