Le gouverneur de la Californie, Gavin Newsom, a profité de sa présence à la Conférence sur la sécurité de Munich pour critiquer vivement les politiques environnementales du président Donald Trump. S'adressant à un public international, M. Newsom a présenté son État comme un partenaire fiable en matière de climat, tout en qualifiant l'administration actuelle de « temporaire ».
Ce discours intervient alors que l'administration Trump a récemment pris des mesures pour démanteler des réglementations clés sur les émissions de gaz à effet de serre, creusant davantage le fossé entre la politique fédérale et les ambitions écologiques de la Californie.
Points Clés
- Le gouverneur Gavin Newsom a qualifié la présidence de Donald Trump de « temporaire » lors de la Conférence sur la sécurité de Munich.
- Il a dénoncé le recul de l'administration américaine sur la réglementation des émissions de carbone.
- Newsom a positionné la Californie comme un leader mondial et un partenaire stable dans la lutte contre le changement climatique.
- L'administration Trump a récemment annulé la « conclusion de mise en danger » de 2009, une base juridique pour la régulation des gaz à effet de serre.
Une confrontation sur la scène mondiale
Vendredi, lors de la Conférence annuelle sur la sécurité de Munich, un forum rassemblant des dirigeants de plus de 70 pays, Gavin Newsom a clairement affiché sa divergence avec la Maison-Blanche. Le sujet officiel de la session était la politique climatique et les stratégies pour contrer le réchauffement de la planète.
Le gouverneur a saisi cette opportunité pour rassurer les partenaires internationaux sur l'engagement à long terme d'une partie des États-Unis. Il a accusé le président de faire reculer le pays en matière de politique climatique, contrastant cette approche avec les efforts de la Californie.
« J'espère, si je ne peux communiquer qu'une seule chose aujourd'hui : Donald Trump est temporaire. Il sera parti dans trois ans », a déclaré M. Newsom à son auditoire international. « La Californie est un partenaire stable et fiable dans ce domaine, et il est important que les gens comprennent la nature temporaire de cette administration actuelle en ce qui concerne la question du changement climatique et de la politique climatique. »
Cette déclaration souligne une stratégie claire : dissocier l'image de la Californie, et par extension d'autres États américains aux vues similaires, des décisions prises au niveau fédéral.
Le démantèlement d'une réglementation historique
Le conflit s'est intensifié la veille de l'intervention de M. Newsom. L'administration Trump a officiellement annulé une déclaration gouvernementale de 2009 connue sous le nom de « conclusion de mise en danger » (endangerment finding).
Qu'est-ce que la « Conclusion de Mise en Danger » ?
Adoptée en 2009, cette conclusion scientifique de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) a déterminé que le dioxyde de carbone et d'autres gaz à effet de serre menacent la santé publique et le bien-être des Américains. Elle a servi de fondement juridique à la plupart des réglementations fédérales visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre au cours de la dernière décennie.
Cette décision constitue une attaque directe contre la base juridique qui a permis de réglementer la pollution par le carbone aux États-Unis. Le président Trump a qualifié cette action de « la plus grande action de déréglementation de l'histoire américaine, de loin ».
Les experts juridiques s'attendent à ce que cette mesure fasse l'objet de nombreuses contestations judiciaires. Son impact pourrait être considérable, éliminant potentiellement les normes d'émissions pour les voitures et les camions et ouvrant la voie à l'annulation d'autres réglementations climatiques visant les centrales électriques et les installations pétrolières et gazières.
À Munich, M. Newsom a qualifié cette politique de « double mise sur la stupidité », critiquant ouvertement ce qu'il considère comme un déni des faits scientifiques.
La Californie comme contre-pouvoir
Face au retrait fédéral, la Californie se positionne de plus en plus comme un leader de l'action climatique. Le gouverneur a insisté sur le fait que son État redoublait d'efforts en matière d'énergie verte et visait la neutralité carbone au cours des deux prochaines décennies.
- 5e économie mondiale : L'économie de la Californie est plus importante que celle de la plupart des pays.
- Objectif 100% renouvelable : L'État s'est engagé à atteindre 100% d'électricité sans carbone d'ici 2045.
- Normes d'émissions : La Californie a le pouvoir, en vertu du Clean Air Act, de fixer ses propres normes d'émissions de véhicules, plus strictes que les normes fédérales, bien que ce pouvoir soit contesté par l'administration actuelle.
Cette approche proactive n'est pas nouvelle. La Californie a longtemps été à l'avant-garde des politiques environnementales aux États-Unis, influençant souvent les normes nationales. Le discours de M. Newsom à Munich vise à solidifier cette réputation sur la scène internationale, offrant une alternative à la politique de Washington.
Un conflit politique de longue date
La confrontation à Munich n'est que le dernier épisode d'un conflit persistant entre Gavin Newsom et Donald Trump. Le mois dernier, lors du Forum économique mondial en Suisse, les deux hommes politiques s'étaient déjà affrontés. M. Newsom avait accusé l'administration Trump de l'avoir empêché de prendre la parole lors d'un événement, une accusation que le président avait balayée.
La réaction de la Maison-Blanche au voyage actuel du gouverneur a été tout aussi dédaigneuse. Un porte-parole a déclaré : « Gavin Newsom se rend à une autre conférence internationale pour se plaindre des politiques climatiques au lieu de faire son travail de gouverneur de la Californie ? Rien de nouveau à voir ici. »
Cette dynamique illustre la profonde polarisation de la politique américaine, où même des questions scientifiques comme le changement climatique sont devenues des champs de bataille partisans. La décision de M. Newsom de porter ce débat sur la scène internationale marque une nouvelle étape dans cette lutte d'influence, où un État défie ouvertement la direction diplomatique et politique de son propre gouvernement fédéral.





