Une avalanche meurtrière près du lac Tahoe a récemment soulevé des questions sur l'impact du changement climatique sur la fréquence et la gravité des avalanches dans la Sierra Nevada. Huit personnes ont perdu la vie et une personne est toujours portée disparue, marquant l'avalanche la plus meurtrière de l'histoire moderne de la Californie. Les experts tentent de comprendre si les conditions météorologiques changeantes augmentent le danger pour les skieurs et les randonneurs.
Points clés
- L'avalanche près du lac Tahoe est la plus meurtrière de l'histoire moderne de la Californie avec huit décès confirmés.
- Les experts reconnaissent la complexité de lier directement le changement climatique aux avalanches saisonnières de la Sierra Nevada.
- Les conditions météorologiques immédiates, comme les périodes de sécheresse suivies de fortes chutes de neige, sont des facteurs déclencheurs majeurs.
- L'augmentation de la popularité des sports de pleine nature, en particulier après la pandémie, expose plus de personnes aux risques.
- Des avertissements de danger élevé ont été émis avant la tragédie, soulignant l'importance de la prudence.
Comprendre les facteurs de risque des avalanches
Les avalanches sont un phénomène naturel et régulier durant l'hiver dans la Sierra Nevada. Cependant, les hivers évoluent à l'échelle mondiale en raison du changement climatique. Cette transformation soulève des interrogations sur son influence sur ces glissements de neige en montagne.
Richard Bothwell, directeur des avalanches pour l'Outdoor Adventure Club et skieur de l'arrière-pays depuis trois décennies, connaît bien la région de Tahoe. Il exprime sa tristesse face aux récents décès. Pour lui, l'événement n'est pas une surprise totale, compte tenu des conditions météorologiques récentes. Le mois de janvier a été presque sans neige, laissant une couche de neige affaiblie, presque granuleuse. Des pluies ont ensuite formé une croûte de glace. Puis, une importante chute de neige est venue s'y déposer, créant une situation propice au glissement.
« C'est un mauvais jour pour la communauté de l'arrière-pays. C'est un mauvais jour pour la communauté des guides », a déclaré Richard Bothwell, visiblement ému par la tragédie.
Fait marquant
L'avalanche de Tahoe a été classée D-2.5 par le Sierra Avalanche Center. Cela signifie qu'elle avait la taille d'un terrain de football et une force suffisante pour tuer ou ensevelir une personne.
La complexité du lien avec le changement climatique
David Reichel, directeur exécutif du Sierra Avalanche Center, explique que l'affaiblissement de la surface de la neige est courant après des périodes de répit hivernal. Son organisation n'a pas de système de capteurs pour détecter toutes les avalanches annuelles. Les données proviennent des rapports d'observateurs. Le centre utilise une échelle de cinq points pour prévoir les conditions dangereuses, allant de faible à extrême. Le jour de l'avalanche, le niveau de danger était élevé.
Le lien entre le changement climatique d'origine humaine et l'augmentation de la taille ou de la fréquence des avalanches dans la Sierra Nevada est complexe. Benjamin Hatchett, scientifique des systèmes terrestres à l'Université d'État du Colorado, qui a grandi en skiant autour de Tahoe, décrit la situation comme « super compliquée ».
Conditions météorologiques versus climatologiques
Hatchett observe que les « empreintes du changement climatique sont partout ». Cependant, il souligne que les conditions ayant mené à l'avalanche de Tahoe étaient principalement météorologiques et non climatologiques. Le changement rapide vers un temps humide et froid, apporté par des tempêtes hivernales venues du golfe d'Alaska, a joué un rôle déterminant.
« Je ne vois aucune preuve que le changement climatique ait joué un rôle direct, certainement pas au premier ou au second ordre », affirme Hatchett, en faisant référence à la configuration spécifique de la tempête. Pour les régions avec un enneigement permanent, comme les Alpes, l'Himalaya et les Andes, le réchauffement climatique pourrait en effet accroître le danger d'avalanche en déstabilisant la neige et la glace.
Contexte
Le Sierra Avalanche Center émet des prévisions de danger basées sur une échelle de cinq points. Le jour de l'avalanche de Tahoe, le danger était qualifié de « élevé », ce qui indique des conditions très dangereuses pour les activités en montagne.
L'impact du réchauffement global sur les chutes de neige
Pour les zones avec un enneigement saisonnier, comme la Sierra Nevada, la réponse est moins claire. Hatchett précise qu'il n'y a pas de preuves solides d'une augmentation actuelle du danger. « C'est quelque chose que nous nous attendons à voir davantage à l'avenir, mais nous n'avons pas de preuves solides que cela se produise maintenant », a-t-il déclaré.
Il reconnaît toutefois que le réchauffement global modifiera statistiquement les choses. Le début de l'hiver, marqué par beaucoup de pluie au lieu de neige, est un signal d'un monde qui se réchauffe. Cette modification des précipitations est une préoccupation majeure pour la stabilité du manteau neigeux.
- Les hivers plus doux peuvent entraîner des périodes de pluie sur la neige, créant des couches de glace instables.
- Les fortes chutes de neige sur ces couches fragiles augmentent considérablement le risque d'avalanche.
- La fonte des neiges précoce peut également affaiblir la structure du manteau neigeux.
L'engouement pour l'arrière-pays et la prise de risque
Benjamin Hatchett met en lumière un autre problème : lorsque la neige hivernale arrive plus tard, comme cette année, les gens peuvent devenir impatients de skier en extérieur. Cela les pousse parfois à ignorer les avertissements de danger d'avalanche. Il insiste sur l'importance d'une extrême prudence.
« Y penser plus sérieusement pourrait sauver des vies à l'avenir », a-t-il ajouté. Il est conscient que reporter une sortie est une décision difficile. Cependant, la récente tragédie démontre que cela vaut la peine de ne pas s'aventurer en cas de tempête ou de conditions dangereuses.
Le ski de l'arrière-pays a gagné en popularité, surtout après la pandémie. Brenda Giese, responsable de voyages de ski de l'arrière-pays pour le Sierra Club San Francisco Bay Chapter, observe que de plus en plus de personnes cherchent une alternative aux stations de ski bondées. Elles sont prêtes à prendre des risques accrus.
Statistique clé
La popularité des sports de plein air a connu un bond significatif après la pandémie, augmentant le nombre de personnes en montagne et potentiellement exposées aux dangers des avalanches.
Giese s'inquiète de l'afflux de skieurs dans l'arrière-pays. Elle craint aussi le potentiel atmosphérique croissant de tempêtes plus importantes et plus intenses. Ces facteurs combinés pourraient mettre davantage de skieurs en danger à long terme. « Il y a eu des tempêtes sévères par le passé, mais elles n'étaient pas aussi fréquentes », a-t-elle expliqué. « Et il y a juste plus de monde là-bas. »
La multiplication des avertissements et la sensibilisation aux risques deviennent cruciales. Les amateurs de sports de neige doivent évaluer attentivement les conditions et les prévisions avant de s'engager dans des zones à risque. La sécurité en montagne repose sur une combinaison de prudence individuelle et d'informations fiables.





