L'Australie, par l'intermédiaire de son ministre du Changement climatique et de l'Énergie, Chris Bowen, s'apprête à jouer un rôle central lors de la Conférence des Parties (COP31) en 2026. Nommé « président des négociations », M. Bowen compte intensifier le dialogue avec les pays producteurs de pétrole, notamment l'Arabie saoudite, afin de surmonter les obstacles à la sortie des combustibles fossiles.
Cette approche met l'accent sur « l'engagement, l'engagement, l'engagement » pour bâtir des ponts entre les nations et faire avancer les objectifs climatiques mondiaux, particulièrement après les difficultés rencontrées lors des sommets précédents pour obtenir des engagements fermes sur l'élimination progressive des énergies fossiles.
Points Clés
- Chris Bowen mènera les négociations de la COP31 pour l'Australie.
- L'objectif est d'engager les pays producteurs de pétrole sur la sortie des combustibles fossiles.
- L'Australie mettra l'accent sur le dialogue et la collaboration, même avec les nations aux positions divergentes.
- Un événement pré-COP31 se tiendra dans le Pacifique pour attirer l'attention sur les petites îles.
- Le gouvernement australien doit également gérer sa transition énergétique nationale et ses objectifs d'émissions.
Un rôle de négociateur clé pour l'Australie
Chris Bowen a été désigné « président des négociations » pour la COP31, un rôle crucial qui découle de l'accord attribuant à la Turquie les droits d'organisation de la conférence. Cette nomination place l'Australie au cœur des efforts diplomatiques mondiaux pour lutter contre le changement climatique.
Le ministre australien a clairement indiqué sa stratégie pour le sommet à venir : il s'agira de dialoguer activement avec les pays « avec lesquels nous ne sommes pas traditionnellement d'accord ». Cette approche vise à briser l'impasse observée lors des précédentes conférences.
« Nous n'arriverons à rien si nous nous contentons d'un rassemblement des volontaires », a déclaré Chris Bowen. « Nous devons avoir une COP qui essaie vraiment de franchir certains de ces ponts qui ont été très difficiles à traverser lors des dernières COP. »
Cibler les pays producteurs de pétrole
L'Arabie saoudite est spécifiquement mentionnée par M. Bowen comme un pays clé à engager. Ce pays, riche en pétrole, a souvent été accusé d'entraver les efforts des sommets de l'ONU pour accélérer l'élimination progressive des combustibles fossiles. L'Australie espère utiliser sa propre position en tant qu'exportateur majeur de combustibles fossiles pour établir une « crédibilité » dans ces négociations difficiles.
Fait Intéressant
Lors de la COP30 au Brésil, un accord a été conclu sans mention directe des combustibles fossiles, en raison de l'opposition de l'Arabie saoudite et de ses alliés. Cependant, plus de 80 pays, dont l'Australie, ont signé la « déclaration de Belém » qui s'engageait à une élimination « juste, ordonnée et équitable » des combustibles fossiles.
Les enjeux de la COP31 et l'héritage de Dubai
M. Bowen souhaite obtenir un résultat plus significatif à la COP31, en s'appuyant sur les avancées du sommet de 2023 à Dubaï. C'est à Dubaï que les nations ont convenu pour la première fois de commencer à éliminer progressivement les combustibles fossiles. L'Australie vise un « pas en avant significatif » par rapport à cette décision historique.
Un événement pré-conférence sera organisé dans le Pacifique, conformément à l'accord entre l'Australie et la Turquie. Ce rassemblement a pour but d'attirer l'attention mondiale sur les petites nations insulaires, qui sont particulièrement menacées par la crise climatique. M. Bowen a demandé au Forum des îles du Pacifique de choisir l'hôte de cet événement. Il servira, entre autres, à encourager les pays à contribuer au fonds de résilience climatique de la région.
Contexte International
L'ancien secrétaire d'État américain John Kerry a directement appelé l'Australie à pousser activement les grands émetteurs mondiaux, y compris la Chine, la Russie, les États-Unis et l'Inde, à élaborer une feuille de route pour mettre fin à l'ère des combustibles fossiles. Cependant, l'administration Trump s'est retirée de l'accord international fondamental sur le climat, limitant la capacité de M. Bowen à influencer les États-Unis via les négociations de la COP.
Défis domestiques et objectifs climatiques australiens
En parallèle de ses responsabilités internationales, Chris Bowen doit gérer la transition énergétique de l'Australie. Le ministre a décrit les progrès en matière de réduction de la pollution comme « bons, beaucoup de choses faites, mais beaucoup plus à faire ».
Les dernières projections du gouvernement australien montrent que le pays est en bonne voie pour atteindre son objectif de 2030. Cependant, il devra intensifier considérablement ses politiques pour atteindre son nouvel objectif de 2035, qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 62% à 70% par rapport aux niveaux de 2005.
Mécanismes de sauvegarde et normes d'efficacité des véhicules
Deux opportunités majeures se présentent pour accélérer cette transition : les prochaines révisions du mécanisme de sauvegarde et de la norme nationale d'efficacité des véhicules. Le mécanisme de sauvegarde est conçu pour réduire la pollution des grandes installations industrielles.
La commission de la productivité a récemment recommandé d'étendre ce mécanisme pour inclure davantage de pollueurs, s'appuyant sur les modifications apportées par le gouvernement en 2023. Actuellement, le programme couvre 219 sites qui émettent plus de 100 000 tonnes d'équivalent CO2 chaque année. M. Bowen a toutefois tempéré l'idée d'une expansion systématique, soulignant la nécessité d'un équilibre.
« Lorsque nous examinons le seuil, il y aura un équilibre à trouver », a-t-il expliqué. « Vous ne voulez pas l'étendre tellement que vous intégrez un tas de nouvelles entreprises sans beaucoup de retombées en termes d'émissions. »
La norme nationale d'efficacité des véhicules, quant à elle, a été introduite pour favoriser l'adoption des voitures électriques. Ces deux instruments sont considérés comme des leviers essentiels pour l'Australie afin d'atteindre ses objectifs climatiques ambitieux et de démontrer son leadership lors des négociations de la COP31.





