Les majestueux glaciers des Alpes européennes sont menacés de disparition. Selon une nouvelle étude, la quasi-totalité, soit 97%, pourrait fondre d'ici la fin du siècle si les politiques climatiques actuelles ne sont pas renforcées. Cette perte massive modifierait radicalement le paysage alpin et aurait des conséquences profondes sur les écosystèmes et les économies locales.
Points Clés
- 97% des glaciers alpins pourraient disparaître d'ici 2100 avec les politiques actuelles.
- La majorité des glaciers d'Europe centrale devrait fondre dans les deux prochaines décennies.
- Des politiques climatiques plus strictes pourraient sauver des dizaines de milliers de glaciers.
- L'économie locale, notamment le tourisme, sera fortement impactée.
Un avenir sombre pour les géants de glace
Les glaciers d'Europe centrale disparaissent plus vite que partout ailleurs sur Terre. Une recherche menée par l'ETH Zurich en Suisse révèle que seulement 3% des glaciers alpins pourraient survivre au 21e siècle sous les plans actuels de lutte contre le réchauffement climatique. Cela signifie que la plupart d'entre eux auront disparu d'ici les vingt prochaines années.
L'étude, publiée dans la revue Nature Climate Change, est la première à calculer le nombre exact de glaciers restants d'ici 2100 selon différents scénarios de réchauffement. Les recherches précédentes se concentraient davantage sur la taille ou la masse de glace, des facteurs liés à l'élévation du niveau de la mer et à la pénurie d'eau douce, puisque les glaciers contiennent 70% de l'eau douce mondiale.
Fait Marquant
À l'échelle mondiale, 79% des glaciers pourraient ne pas survivre ce siècle si les efforts pour freiner le changement climatique ne s'intensifient pas.
Impacts économiques et écologiques inévitables
Lander Van Tricht, auteur principal de l'étude, souligne que «les Alpes telles que nous les connaissons aujourd'hui vont complètement changer d'ici la fin du siècle». Le paysage sera méconnaissable. De nombreuses stations de ski n'auront plus accès aux glaciers. Les quelques-uns qui subsisteront seront situés si haut et si escarpés qu'ils deviendront inaccessibles.
L'économie locale, fortement dépendante du tourisme glaciaire, fera face à ces changements. Même les petits glaciers, bien que n'ayant pas un impact majeur sur le niveau de la mer, jouent un rôle crucial en fournissant de l'eau en aval pour la végétation et les villages. Cette fonction essentielle sera également altérée.
«Chaque glacier individuel peut avoir son importance, même le plus petit dans une vallée reculée des Alpes, s'il est important pour le tourisme, par exemple», a déclaré Lander Van Tricht.
Des chiffres alarmants pour l'Europe
Si le réchauffement climatique atteint 2,7 degrés Celsius au-dessus des niveaux préindustriels, ce qui est attendu avec les politiques actuelles, 97% des glaciers d'Europe centrale disparaîtront. Cela signifie que seulement 110 des quelque 3 200 glaciers de la région survivront au-delà de 2100. Les Pyrénées, l'autre chaîne de montagnes de la région, perdront leurs 15 glaciers restants d'ici le milieu des années 2030.
La majorité des glaciers d'Europe centrale devraient fondre dans les deux prochaines décennies. Les scientifiques estiment que le «pic d'extinction» pour cette région, l'année où la plupart des glaciers devraient disparaître, devrait se produire peu après 2025.
Contexte de l'Accord de Paris
L'Accord de Paris vise à limiter le réchauffement mondial à 1,5°C ou 2°C. Si ces objectifs sont atteints, les Alpes perdraient respectivement 87% ou 92% de leurs glaciers. En revanche, un réchauffement de 4°C, la trajectoire avant l'accord de 2015, entraînerait la disparition de 99% des glaciers alpins, avec seulement 20 survivants.
Des régions particulièrement vulnérables
Les glaciers alpins sont généralement petits et très sensibles aux changements climatiques, notamment aux printemps plus chauds. Les plus grands champs de glace, comme le glacier du Rhône, pourraient survivre à un réchauffement de 2,7°C, mais pas à 4°C. Les glaciers situés à des latitudes élevées, comme en Islande et dans l'Arctique russe, ou ceux contenant de vastes quantités de glace, ont les meilleures chances de survie.
La deuxième région la plus touchée est l'ouest du Canada et les États-Unis, qui abritent les montagnes Rocheuses. Là-bas, 96% des près de 18 000 glaciers devraient disparaître ce siècle avec un réchauffement de 2,7°C.
Un déclin mondial alarmant
L'étude projette une disparition spectaculaire des glaciers à l'échelle mondiale. Avec 2,7°C de réchauffement, 79% des glaciers du monde entier s'éteindraient d'ici la fin du siècle. Ce chiffre grimperait à 91% si le réchauffement atteignait 4°C. Cette fonte devrait se poursuivre au-delà de 2100.
Cependant, des réductions drastiques des émissions de gaz à effet de serre pourraient sauver des dizaines de milliers de glaciers. Le taux d'extinction ralentirait à 55% avec 1,5°C de réchauffement et à 63% avec 2°C. Le rythme de cette disparition a même choqué les scientifiques eux-mêmes.
- À la mi-siècle, la perte de glaciers atteindra son apogée.
- Nous pourrions perdre entre 2 000 et 4 000 glaciers par an à l'échelle mondiale.
- Cela représente l'équivalent de tous les glaciers des Alpes disparaissant en une seule année.
Ces découvertes, incluant une base de données détaillant le taux de survie projeté pour chacun des 211 000 glaciers mondiaux, visent à aider à évaluer les impacts climatiques sur les économies et les écosystèmes locaux. La nécessité d'agir vite est plus que jamais d'actualité pour préserver ces trésors naturels.





