Téhéran, la capitale iranienne, est confrontée à une crise environnementale sans précédent, la forçant à envisager un déménagement historique. Le président iranien Masoud Pezeshkian a annoncé que le pays n'avait plus le choix face à l'épuisement des ressources en eau et à l'affaissement des sols. Cette décision marque une première dans l'histoire moderne de l'Iran, où la survie écologique prime désormais sur les considérations politiques.
Points Clés
- Téhéran fait face à un grave manque d'eau et à un affaissement des sols.
- Le président iranien a annoncé le déménagement de la capitale vers la côte du Makran.
- Le coût estimé de ce transfert est entre 77 et 100 milliards de dollars.
- La consommation excessive d'eau par l'agriculture et l'industrie aggrave la situation.
Une capitale à bout de souffle
Téhéran, avec ses près de dix millions d'habitants, consomme environ un quart de l'eau totale de l'Iran. Cependant, les réserves s'épuisent rapidement. L'année dernière, les précipitations n'ont atteint que 140 millimètres, bien en dessous de la moyenne de 260 millimètres. Cette année, la situation est tout aussi critique, selon les déclarations du président Pezeshkian.
Pour mieux comprendre, des villes comme Washington DC ou Shanghai reçoivent six à sept fois plus de pluie par an. Les barrages, qui fournissaient autrefois 70 % de l'eau de la ville, donnent aujourd'hui beaucoup moins. En conséquence, la ville a dû recourir au pompage profond des eaux souterraines, une pratique aux conséquences désastreuses.
Chiffres Clés
- 10 millions : Nombre d'habitants à Téhéran.
- 140 mm : Précipitations annuelles de l'année dernière.
- 260 mm : Précipitations annuelles moyennes nécessaires.
- 8 % : Part de la consommation d'eau nationale par les ménages.
L'affaissement des terres : une conséquence directe
Le pompage excessif des aquifères provoque leur effondrement, ce qui entraîne l'affaissement des sols en surface. Ce phénomène a été prédit il y a longtemps. Des années de pompage intensif, de mauvaise planification et de corruption ont accéléré ce déclin.
« Nous savions que cela allait arriver », a déclaré Darío Solano, géoscientifique à l'Université nationale autonome du Mexique. « C'est une tempête parfaite de changement climatique et de corruption. »
Michael Rubin, analyste politique, partage ce point de vue, soulignant la gravité de la situation.
Le déménagement vers la côte du Makran
L'Iran n'est pas étranger aux changements de capitale. Des villes comme Tabriz, Isfahan et Shiraz ont toutes été capitales par le passé. Cependant, c'est la première fois qu'un tel déplacement est motivé par une catastrophe environnementale, et non par des facteurs politiques ou militaires.
Historique des Capitales Iraniennes
L'Iran a eu plusieurs capitales au cours de son histoire. Cette mobilité reflétait souvent des changements dynastiques ou des stratégies militaires. Aujourd'hui, la raison est purement écologique, marquant un tournant.
Le gouvernement espère trouver une solution sur la côte du Makran, près du golfe d'Oman. Le président Pezeshkian décrit cette région comme « très prospère et avancée », prête pour le développement. Les défis logistiques sont cependant immenses.
Un coût colossal et des défis majeurs
Les premières estimations gouvernementales chiffrent le coût de ce déménagement entre 77 et 100 milliards de dollars. Deux conseils nationaux étudient actuellement la faisabilité de créer de nouvelles villes côtières pour accueillir le gouvernement et une partie de la population de Téhéran.
La côte du Makran offre un accès au commerce et à la mer, mais elle manque cruellement d'eau douce et est soumise à une chaleur intense. Même si la relocalisation réussit, elle prendra des années, et le déclin de Téhéran se poursuivra pendant ce temps.
« Un développement sans considération de l'impact sur les ressources et les dépenses ne mènera qu'à la destruction », a averti le président Pezeshkian.
Qui paie le prix de cette crise ?
Le fardeau de cette crise pèse déjà le plus lourdement sur les populations les plus pauvres d'Iran. Les autorités ont exhorté les citoyens à réduire leur consommation d'eau de 20 %. Pourtant, la consommation des ménages ne représente que 8 % de l'utilisation nationale.
La véritable cause de l'épuisement des réserves réside dans l'agriculture et l'industrie, qui continuent de siphonner la majeure partie de l'eau restante du pays. Cette disparité met en lumière une gestion inégale des ressources.
- Agriculture : Principal consommateur d'eau.
- Industrie : Deuxième plus grand consommateur.
- Ménages : Contribution minimale à la consommation totale.
L'avenir incertain de Téhéran
Téhéran est la capitale de l'Iran depuis 1786. Ses palais et ses boulevards ont été construits comme des symboles de modernisation et de pouvoir. Aujourd'hui, ces mêmes rues révèlent une dure vérité : la ville a tout simplement dépassé les capacités du paysage qui la soutient.
Le président Pezeshkian a résumé la situation en déclarant : « Les problèmes auxquels le pays est actuellement confronté nous obligent à orienter la voie du développement vers le golfe Persique. Téhéran, Karaj et Qazvin sont actuellement confrontées à une crise de l'eau, et cette crise ne peut pas être facilement résolue. »
Alors que le sol s'affaisse et que les robinets se tarissent, des millions de résidents se demandent si la solution arrivera à temps pour les sauver, ou s'ils seront abandonnés dans une ville qui s'assèche.





